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Marée noire au Brésil : Chevron devient persona non grata

Marée noire au Brésil : Chevron devient persona non grata
Le groupe pétrolier américain Chevron est plus que jamais dans le collimateur des autorités brésiliennes

Aux grands maux les grands remèdes. Ulcérées par la marée noire qui touche la baie de Campos (Brésil) dans des proportions encore indéterminées – ainsi qu’évoqué hier dans ces colonnes, l’écart est immense entre l’estimation du pétrolier américain et celle de l’ONG Skytruth, réalisée à partir d’images satellites, d’où l’impossibilité d’évaluer les dommages sur l’écosystème – et bien que celle-ci ait été réduite de douze à deux kilomètres carrés selon leurs informations, les autorités brésiliennes ont décidé d’employer la manière forte.

Exit donc Chevron [NDLR : qui doit déjà s'acquitter d'une amende de vingt millions d'euros infligée par l'Institut brésilien de l'environnement (IBAMA)] des eaux territoriales du pays, ce « jusqu’à ce que les causes de la fuite de brut et les responsabilités aient été identifiées et que les conditions de sécurité dans la zone aient été rétablies ».

La décision a été prise par l’Agence brésilienne du pétrole (ANP), laquelle a estimé (avant même les conclusions de l’enquête de la Police fédérale de l’État de Rio) qu’il y a eu « négligence » du groupe dans l’étude des données fondamentales pour le forage du puits, situé dans le champ pétrolifère du Frade, à trois cent soixante-dix kilomètres au  nord-est des côtes. Quant à la requête de forer un nouveau puits dans ce même champ afin d’atteindre les gigantesques gisements de pétrole dits « pré-sal », en eaux très profondes et qui ont été découverts il y a peu, elle s’est vue opposer une fin de non-recevoir. Un agrément aurait impliqué « des risques de nature identique à ceux survenus dans le puits qui a provoqué la fuite, mais plus importants et aggravés en raison de la plus grande profondeur », a développé l’ANP, qui en l’occurrence a fait montre d’une sagesse dont les organismes américains habilités à statuer devraient s’inspirer.

« Cet accident aurait pu être évité »

Bien qu’il ait assuré que la fuite est à présent colmatée, le gouvernement et les autorités fédérales ne semblent pas disposés à desserrer l’étreinte. Le secrétaire à l’Environnement de l’État de Rio Carlos Minc, pour qui Chevron n’a pas « opéré dans les conditions de confiance qui lui avaient été données », a ainsi fait savoir lors d’une conférence de presse donnée en début de semaine qu’il allait réclamer des indemnités supplémentaires devant la justice, tant et si bien que celles-ci pourraient totaliser cent millions de reis (quarante millions d’euros). « (Chevron a) sous-estimé la pression excessive (du liquide) à côté d’une fissure […] Cet accident aurait pu être évité », a-t-il ajouté. Et de certifier que « Rio ne sera pas le théâtre de l’impunité » en matière d’exactions environnementales, déclaration que les écologistes ont dû apprécier. M. Minc a enfin brandi la menace d’une interdiction de participer à des appels d’offre s’étendant sur cinq ans, ce qui serait un coup financier très dur pour l’entreprise américaine, très présente dans l’Atlantique sud.

« Je présente mes sincères excuses à la population et au gouvernement brésilien. Nous allons soigneusement enquêter sur l’accident et présenter les résultats au peuple brésilien » afin que « cela ne se reproduise ni ici ni ailleurs », a pour sa part déclaré le PDG de Chevron Brésil George Buck devant la Commission de l’Environnement de la Chambre des députés. Un mea culpa qui n’empêchera cependant pas l’entreprise de payer un lourd tribut à cette (énième) catastrophe.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Mila Zinkova / Cipiota
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  • Laurent

    Tous les accidents auraient pu être évités !