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Depuis quelques années, les biocarburants sont devenus les nouveaux chevaux de bataille des gouvernements désireux de trouver une alternative au pétrole dont le prix augmente régulièrement et dont les réserves s’épuisent. Les agro-carburants à base de jatropha, de canne à sucre, de cameline ou encore d’agave se sont donc considérablement développés et remplissent aujourd’hui les réservoirs de certains avions mais aussi de beaucoup de voitures. En Malaisie, le biocarburant B5, conçu à base d’huile de palme va d’ailleurs être vendu dans la plupart des stations-services du pays.
Il aura fallu plusieurs mois de tests pour permettre au ministre malais des Industries et des matières premières, Datuk Hamzah Zainudin, d’affirmer que l’utilisation du biofuel B5 était adaptée pour tous les véhicules diesels. « Dès aujourd’hui, cent-cinquante-six stations vont donc distribuer ce biocarburant dans l’Etat de Negeri Sembilan. Dès le 1er septembre, ce seront deux-cent-quarante-sept stations qui le proposeront à Kuala Lumpur, puis six-cent-trente-quatre autres supplémentaires dans l’Etat de Selangor » a-t-il annoncé.
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L’utilisation du B5, un biocarburant constitué pour 5% d’huile de palme et 95% de diesel classique, aurait, selon M. Zainudin, un avantage incontestable : il permettrait de réduire de près de 50% les émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par un carburant traditionnel (NDLR : un chiffre qui paraît élevé, même en prenant en compte la faculté d’absorption du CO2 de la plante au cours de sa croissance) . D’ailleurs, depuis près de cinq ans en Indonésie, le B5 est utilisé dans de nombreuses villes et provinces. En Thaïlande et aux Philippines, depuis quatre ans, l’utilisation des biocarburants B2 et B1 – d’autres biofuels d’une moindre qualité que le B5 – est aussi chose commune.
Mais cette initiative a priori « verte » a de quoi être en réalité largement critiquée. D’après l’Institut néerlandais de télédétection Sarvision, la Malaisie, qui est le deuxième producteur mondial d’huile de palme, détruirait plus vite que jamais de vastes étendues de forêt pour y cultiver ces plantations. En cinq ans, près de 353 000 hectares auraient ainsi été détruits principalement pour la culture de l’huile de palme. « A moins que cette tendance ne soit stoppée, aucune de ces forêts ne subsistera à la fin de cette décennie » ont indiqué les chercheurs de l’Institut. En effet, la culture de l’huile de palme, à l’instar de la canne à sucre au Brésil, contribue largement à la déforestation, favorisant aussi le réchauffement climatique et la fragilisation de la biodiversité.
Malgré les accusations portées par bon nombre d’ONG – dont notamment Greenpeace – le phénomène continue pourtant de progresser et aujourd’hui les forêts de l’Asie du sud-est sont largement menacées. En commercialisant ce biocarburant à base d’huile de palme, la Malaise prouve une nouvelle fois que l’économie prime sur l’environnement, qui en paye les lourdes conséquences.

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