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L’Inde s’oppose à son tour à la taxe carbone européenne dans le secteur aérien

L'Inde s'oppose à son tour à la taxe carbone européenne dans le secteur aérien
Après la Chine, c'est au tour de l'Inde d'interdire à ses compagnies aériennes de s'acquitter de la nouvelle taxe carbone européenne

La Chine a riposté, interdisant le mois dernier aux compagnies aériennes nationales de s’acquitter de cette nouvelle contribution. Les États-Unis et la Russie voient eux aussi d’un très mauvaise oeil la taxe carbone européenne sur l’aviation, et tandis que plusieurs compagnies continentales (dont Air France), Airbus et deux équipementiers européens ont fait savoir par courrier leur mécontentement aux chefs des gouvernements français, allemand, britannique et espagnol, redoutant notamment des « conséquences économiques » désastreuses, l’Inde vient à son tour de sonner la charge.

Effectif depuis le 1er janvier dernier, l’élargissement du Système d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre (SDEQE) au secteur aérien n’en finit plus de courroucer. New Delhi vient en effet à son tour d’interdire aux compagnies aériennes indiennes de payer la fameuse taxe. Officialisée jeudi dernier devant le Parlement par le ministre de l’Aviation Civile Ajit Singh, cette décision est un nouveau coup dur pour Bruxelles, qui a toutefois refusé de rompre jusqu’ici.

On peut néanmoins se demander si la Commission européenne, qui semble de plus en plus isolée, sera en mesure de résister durablement pour finalement faire triompher ses vues. Car sur les trente-six pays membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) – laquelle a pourtant signé en octobre 2010 un accord historique visant à « maintenir les émissions nettes mondiales de carbone provenant de l’aviation internationale au même niveau à partir de 2020 » -, vingt-six sont opposés à cette disposition destinée à lutter contre le réchauffement climatique. De quoi s’interroger sur ses ambitions environnementales « réelles » et émettre les plus vives réserves quant à ses véritables priorités.

La Russie pourrait être la prochaine sur la liste. « On prévoit de légiférer pour interdire aux compagnies aériennes russes de payer ces quotas », a en effet déclaré le vice-ministre des Transports Valeri Oloukov, cité par l’agence Itar-Tass, il y a quinze jours. Moscou avait par ailleurs menacé le mois dernier de limiter le survol de la Sibérie par les compagnies aériennes de l’Union Européenne (UE), ce qui serait un autre coup dur pour le Vieux Continent, rapportent nos confrères de La Tribune.

Le patron d’EADS Louis Gallois a quant à lui indiqué que l’Empire du Milieu, manifestement plus motivé que jamais, a bloqué les commandes de dix Airbus A380 et trente-cinq A330, dont vingt-cinq sont déjà en fabrication. Le manque à gagner pourrait atteindre quelque douze milliards de dollars (environ neuf milliards d’euros) et menacer deux mille emplois – dont mille chez les sous-traitants -, a fait savoir Airbus, dont la direction commence légitimement à s’inquiéter. Si l’hypothèse d’une action internationale s’est éloignée depuis  l’échec de la conférence de Moscou fin février, d’autres pays préparent néanmoins des taxes spéciales et même des droits de trafic, a-t-elle averti.

La guerre commerciale ne souffre plus aucune discussion. Reste maintenant à connaître son vainqueur. L’environnement ou les espèces sonnantes et trébuchantes ? Bruxelles est aujourd’hui face à un choix difficile. D’aucuns diraient cornélien…

Crédits photos : flickr / contri - cliff
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