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La menace d’une catastrophe écologique se fait de plus en plus sérieuse en dépit des importantes dispositions préventives prises par les autorités – pas moins de huit kilomètres de bouées absorbantes ont été installées autour de l’épave en vue de contenir une éventuelle propagation d’hydrocarbures tandis qu’à terre, cent trente volontaires ont été formés spécifiquement pour faire face à une marée noire.
L’agence de protection de l’environnement de Toscane a en effet relevé une concentration de deux à trois milligrammes par litre de tensio-actifs dans l’eau de mer, contre zéro habituellement. Semblable à celles ordinairement constatées dans certains ports industriels, elle signifie que des produits détergents se sont échappés de l’épave du Costa Concordia.
Comme le craignait le ministère italien de l’Environnement, un sanctuaire marin est donc aujourd’hui exposé a minima à un panache de substances toxiques potentiellement meurtrier pour la biodiversité locale. « La situation est encore gérable mais périlleuse, dans une zone qui vit du tourisme et de la pêche », a rappelé Gaetano Benedetto, porte-parole du WWF Italie, interrogé par nos confrères de l’AFP et selon lequel il s’agit d’une « pollution concentrée et ponctuelle ».

Elle pourrait toutefois s’aggraver dans les jours qui viennent dans la mesure où le renflouement du paquebot pour pouvoir l’acheminer dans un port où il serait ensuite démantelé, bien s’il s’agisse de l’opération la plus propre, est une tâche particulièrement complexe. Aussi l’hypothèse la plus probable aujourd’hui est celle d’un découpage sur place, au risque de libérer de nouveaux polluants au coeur de cet écosystème marin et terrestre « unique », comme l’a souligné M. Benedetto…
Plus que jamais dans le collimateur des pouvoirs publics, la société propriétaire du navire Costa Croisières n’a par ailleurs proposé aucun plan de récupération des rebuts jusqu’ici, malgré la requête en ce sens de Franco Gabrielli, commissaire en charge de la catastrophe. Son PDG Pier Luigi Foschi a quant à lui estimé que le retrait de l’encombrante épave serait « une entreprise cyclopéenne ».
Il s’agira d’ici là de vider les réservoirs du Costa Concordia, lesquels renferment près de deux mille quatre cents tonnes d’un fioul d’une telle densité qu’il doit être chauffé avant de pouvoir être pompé. Sachant qu’en cas d’échec de la société néerlandaise Smit Salvage, qui s’est vue confier les rênes de cette mission, les conséquences pourraient se faire sentir « dans tout l’archipel toscan et sur toute la côte », a averti Angelo Gentili, membre de Legambiente, l’une des principales ONG italiennes de protection de l’environnement… Et d’évoquer une éventuelle détérioration des conditions météorologiques qui pourrait « empêcher de récupérer la totalité du carburant ».
Même si de son côté M. Benedetto assure que la technique utilisée a fait ses preuves et que des mesures de sécurité sont prévues, les prochains jours s’annoncent éprouvants.

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