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L’État pourrait couper le robinet à France Nature Environnement

L'État pourrait couper le robinet à France Nature Environnement
Les services de la ministre de l'Ecologie étudient la possibilité de suspendre les subventions accordées à France Nature Environnement, qui représentent près de 40 % de son budget annuel

Près d’un mois après la fermeture du Salon de l’Agriculture, la campagne réalisée par France Nature Environnement (FNE) continue de faire parler d’elle. Rappelons que les affiches sans équivoque de la fédération avaient suscité fin février l’ire conjointe de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) , du président socialiste de la Région Bretagne Jean-Yves Le Drian, de l’agence de développement touristique Atout France mais aussi du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, de l’inénarrable secrétaire d’État au Tourisme Frédéric Lefebvre et de… Nicolas Sarkozy, lequel s’était dit « choqué par cette campagne de communication très déplacée ».

Un an presque jour pour jour après son désormais célèbre « l’environnement, ça commence à bien faire », le chef de l’État semble avoir définitivement choisi son camp. La ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, elle, était jusque là dans son rôle en n’accablant pas l’initiative de FNE. Elle a toutefois pris tout le monde de court vendredi en demandant à ses services « d’étudier » l’éventualité d’une suspension des subventions de la fédération, accédant ainsi à la requête du député UMP des Côtes-d’Armor Marc Le Fur, qui avait déjà fait parler de lui l’an passé en proposant un amendement particulièrement controversé dans le cadre de la loi sur la modernisation agricole.

Une volte-face qui tranche avec l’attachement au « droit d’expression » manifesté par « NKM » au plus fort de la polémique. Celle-ci risque fort de rebondir avec cette décision, d’autant plus incompréhensible que la responsabilité du secteur primaire dans la résurgence régulière des algues vertes sur une partie du littoral breton ne souffre plus aucune contestation.

Certes réaliste, l’Association pour le maintien de l’élevage en Bretagne s’est félicitée dans un communiqué que « le soutien public à cette organisation (soit) remis en cause ». Un soutien qui selon les chiffres de la fédération pèse 38,8 % de son budget annuel, c’est-à-dire un peu plus d’un million d’euros. Interrogé par l’AFP, le porte-parole de FNE Benoît Hartmann a pour sa part déclaré ne pas avoir eu de « signaux négatifs » sur le financement public, tout en rappelant que la fédération, qui rassemble environ trois mille associations, est reconnue d’utilité publique depuis près de quarante ans.

Même s’il peut encore se raviser, le ministère, arbitre du match entre agriculteurs et écologistes, a de nouveau tranché en faveur des premiers. C’est un autre coup de canif au Grenelle de l’environnement. Parce que les nécessaires préservations de l’image, du secteur agricole et du tourisme (donc de l’économie) sont des paravents commodes, c’est aussi un inquiétant message adressé aux associations. Appeler un chat un chat peut leur coûter très cher.

Crédit photo : flickr – Luc Legay
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  • fredred

    Belle politique…

  • greenauto

    Une action bien courageuse !