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Les trois cancres, selon Greenpeace

Greenpeace n'est pas tendre avec Barack Obama, dont l'association attend qu'il en finisse pour de bon avec la désinvolture bushienne
Greenpeace n'est pas tendre avec Barack Obama, dont l'association attend qu'il en finisse pour de bon avec la désinvolture bushienne

Les écologistes de Greenpeace sont des examinateurs sévères. En novembre 2009, un mois avant l’ouverture du sommet de Copenhague, dont on ne répètera jamais assez qu’il est d’une importance fondamentale, ils ont noté les dirigeants politiques en fonction de leur action pour l’environnement. Le moins que l’on puisse écrire est que Nicolas Sarkozy, Barack Obama et José Luis Zapatero ne sont pas dans leurs petits papiers.

Parangon du socialisme version corrida et flamenco, Premier ministre d’un pays qui souffre énormément de la crise économique, au point qu’on voit mal quand il verra le bout du tunnel, José Luis Zapatero se voit en plus reprocher son peu d’implication dans les questions écologiques. Ça fait beaucoup pour un seul homme, mais il faut dire que le successeur de José Maria Aznar n’a pas fait grand-chose pour montrer qu’il avait la fibre.

L’Espagne bonnet d’âne européen

Incapable de cesser de subventionner les industries charbonnières comme le souhaiterait Greenpeace, timide promoteur des énergies renouvelables (même si, rendons à José Luis ce qui appartient à José Luis, les Ibères font désormais partie des meilleurs élèves de l’Union Européenne en matière d’exploitation des rayons astraux), « JLZ » se voit en plus reprocher de ne pas avoir pris position sur la question de la déforestation. Manifestement, pour reprendre une expression chère à Jacques Chirac, le sort de l’Amazonie lui en touche une sans faire bouger l’autre.

Plus grave encore, le Premier ministre espagnol n’a pas rempli les critères imposés par le protocole de Kyoto. Son pays est tout simplement le signataire le plus pollueur. En 2006, déjà, il apparaissait que les émissions de gaz à effets de serre avaient augmenté de 52,8 % par rapport à 1990. Ça fait désordre, surtout quand on sait que la précédente administration s’était engagée à les réduire de 5,2 % d’ici 2012. De l’autre côté des Pyrénées, de nombreuses entreprises doivent encore se plier aux normes imposées par l’accord.

En attendant, l’association écologiste a attribué à José Luis Zapatero la note lapidaire de 2,8/10. Aucun de ses homologues européens n’a réussi à obtenir la moyenne, ce qui en dit long sur les exigences de l’ONG (lesquelles sont il est vrai sa raison d’être) mais ne l’exonère pas de faire un petit effort pour être mieux évalué la prochaine fois.

Sarkozy à la traîne

Plus surprenant peut-être, le 3,7/10 infligé à Nicolas Sarkozy. Il est néanmoins peu probable que ce désaveu ait une réelle incidence sur ses desseins environnementaux. Ce carton jaune orangé est justifié par la multiplication des « beaux discours » et des effets d’annonce, un reproche que des spécialistes d’autres domaines ne se sont du reste pas privés de lui faire depuis son accession à la présidence de la République.

Le successeur de Jacques Chirac a beau avoir été l’instigateur des Grenelles de l’Environnement, premiers états généraux en la matière dans l’histoire de l’Hexagone, il est trop timoré au goût de l’association, qui avant le grand rendez-vous dans la capitale danoise avait aussi dénoncé « son obstination à ne pas chiffrer le soutien financier aux pays en développement ». Les censeurs sauront bientôt si, malgré ce passif d’atermoiements, la France sera en mesure de tenir ses engagements. Par ailleurs, Greenpeace déplore le manque d’ambition de Nicolas Sarkozy en matière de lutte contre la déforestation. Son objectif de réduction de 50 % d’ici 2020 lui semble en effet trop raisonnable, l’ONG estimant possible et nécessaire son arrêt à l’aube de la prochaine décennie.

Last but not least, le locataire de l’Élysée est, comme son homologue espagnol, vilipendé pour sa politique énergétique. Il serait pris au piège des lobbies, prisonnier des carcans financiers et de fait incapable de prendre le virage des énergies renouvelables.

Obama dans l’oeil du cyclone

Attendu comme le messie, porteur de nombreux espoirs après les années « W », celles que les historiens perçoivent déjà comme celles du repli et de la décadence américaine, Barack Obama, une dizaine de mois après son arrivée en très grande pompe à la Maison Blanche, ne fait plus l’unanimité. Des millions d’Américains et une proportion croissante d’observateurs du reste du monde s’inquiètent désormais de sa capacité à mener à bien les (immenses) chantiers qu’il a entrepris.

En matière de politique écologique, Greenpeace lui a décerné le titre peu glorieux de « digne héritier de George W.Bush ». Le fait est que les Etats-Unis, supplantés par la Chine en 2007, restent le deuxième plus gros émetteur de GES de la planète et que, pour  l’heure, rien n’atteste que l’Oncle Sam ait troqué son haut de forme étoilé contre un chapeau plus vert.

À l’heure de l’implacable sentence greenpeacienne, à savoir un très vilain 0,8/10, Damon Moglen n’a pas mâché ses mots : « Le pire est sans doute le fait que le président Obama tente par tous les moyens d’affaiblir un accord international, en montrant du doigt  les pays émergents pour masquer ses propres insuffisances ». C’est aujourd’hui une réalité : il n’est pas si facile d’en finir avec deux mandats de dédain pour la pérennité du monde, à plus forte raison quand l’homme le plus puissant de la planète, qui tout compte fait ne peut pas tout, est dans l’obligation de tenir compte des impératifs économiques, étant entendu que son pays commence tout juste à relever la tête.

Barack Obama se sait attendu au tournant sur le réchauffement climatique, un combat auquel il devra s’associer dans la durée, et hélas une réalité dont plusieurs millions de ses compatriotes n’ont toujours pas conscience. Reste que les associations et ceux qui, dans un passé pas si lointain, l’ont glorifié ne le lâcheront pas d’une semelle. La crédibilité et la légitimité de ce Prix Nobel de la Paix si contesté sont en jeu. Notre avenir aussi.


Crédit photo : wikimedia - Desconocido
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