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Imaginant mal un Clasico se disputer sur une pelouse artificielle, la plupart des puristes devraient crier au scandale. L’idée de généraliser les terrains synthétiques, sources d’économies d’eau et de pesticides, fait pourtant doucement son chemin. En tout cas outre-Manche et dans les arcanes de la FIFA qui, depuis 2004, ne s’oppose plus à l’utilisation de gazon artificiel dans le cadre de matchs officiels internationaux.
Partant de là , la perspective de voir se disputer une finale de Ligue des Champions ou même de Coupe du Monde – la FIFA ayant choisi le Qatar pour organiser l’édition 2022, plus rien ou presque ne semble impossible – sur une pelouse synthétique dans les années à venir apparaît plausible. D’aucuns, un tantinet mauvaise langue, diront même que les terrains artificiels deviendront la norme avant que les instances dirigeantes aient la bonne idée d’autoriser le recours à la vidéo pour les arbitres.
Sur le plan environnemental, pareille évolution serait appréciable. De plus en plus fréquents, réchauffement climatique oblige, les épisodes de sécheresse induisent en effet l’utilisation de quantités d’eau considérables pour irriguer les pelouses et ainsi faire en sorte qu’elles demeurent praticables. Le déficit pluviométrique peut de surcroît amener certains élus locaux ou régionaux à interdire le recours aux tuyaux d’arrosage pour une durée indéterminée, ce qui complique singulièrement la donne.
Avec les gazons synthétiques, ce problème majeur est résolu. De même, la question de l’utilisation des pesticides, dont on sait qu’ils peuvent altérer gravement la qualité des nappes phréatiques, ne se pose plus. Il subsiste néanmoins plusieurs inconnues.
D’abord l’accueil que réserveraient les grands clubs européens à un passage obligé du naturel à l’artificiel qui, certes, n’est de toute façon pas à l’ordre du jour. Ensuite, l’empreinte énergétique des pelouses synthétiques, qui doivent notamment être chauffées l’hiver lorsque le thermomètre descend en-dessous de zéro degré celsius. Enfin, le coût du remplacement des pelouses, qui peut bien entendu varier, mais est susceptible de grever les budgets de certains clubs qui n’auraient déjà pas les coudées franches.

Moins de matchs différés
Outre ses bienfaits écologiques, la réduction de l’entretien découlant de l’utilisation de terrains artificiels n’irait pas sans attrait financier si l’on se base sur le cas du modeste club écossais de Stenhousemuir, évoqué sur le site Internet de la FIFA, selon laquelle la diminution de la consommation d’eau a permis une économie annuelle nette d’environ mille livres sterling (environ mille deux cent-vingt euros). « Avec (l’installation du gazon artificiel), le club n’est plus tenu de réensemencer et de fertiliser le terrain chaque année », souligne la Fédération, qui insiste par ailleurs, et c’est un autre argument de poids, sur la « baisse significative du nombre de matchs reportés à cause de conditions météorologiques défavorables ».
D’une façon générale, on manque tout de même d’informations pour savoir avec certitude quelle serait la meilleure solution (ou la moins pire) pour l’environnement. Leader mondial du secteur et auteur d’une étude citée par nos confrères du Guardian, le groupe Fieldturf n’en met pas moins en avant « le recyclage des vieux pneus ainsi que l’élimination de l’équivalent de plus de huit milliards de livres sterling (neuf milliards sept cent-vingt milliards d’euros) de pesticides (!), de produits chimiques, d’engrais et de milliards de litres d’eau potable utilisés pour maintenir l’herbe naturelle des terrains de jeux ».
Des avantages tout sauf négligeables, à une époque où la planète commence vraiment à tirer la langue.
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