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C’était attendu, cela s’imposait et le gouvernement s’y est officiellement engagé samedi à La Rochelle (Charente-Maritime) par la voix du ministre de l’Économie Pierre Moscovici, conformément à ce qu’avait indiqué François Hollande durant la campagne présidentielle.
Ouf ! Frôlant actuellement les records de mars et avril dernier, les prix du carburant (près d’un euro et quarante-six centimes le litre de gazole, près d’un euro et soixante-sept centimes le prix du super sans plomb 95) vont redescendre !
Conduisant à une diminution du pouvoir d’achat qui ne peut bien entendu que nuire aux décideurs, la hausse des prix à la pompe témoigne d’une autre érosion, plus grave encore et dont il ne fait pas le moindre doute que celle-ci aura des répercussions à (très) long terme : celle du capital mondial d’hydrocarbures. Il reste que la fin de la suprématie des véhicules thermiques dans les différents parcs automobiles nationaux n’est pas pour tout de suite, ce même s’il deviendra bientôt plus avantageux pour le particulier d’investir dans une voiture électrique.
L’augmentation du coût du carburant finira donc aussi par amener une réduction substantielle des émissions de gaz à effet de serre, à tout le moins celles générées sur la route, et servira par extension la lutte contre le réchauffement climatique. Paris n’entend pas non plus rester à la traîne sur ce dossier cher aux écologistes, ayant revu à la hausse le bonus-malus écologique créé par l’ancienne majorité dans le cadre du plan de restructuration de la filière automobile dévoilé au début de l’été.
Avec son collègue de la Consommation Benoît Hamon, le locataire de Bercy, lui, va devoir mettre en place une mesure qui ne fait évidemment pas les affaires de tous. Le duo recevra tout à l’heure les représentants des principales associations de défense des consommateurs, qui attendent les pouvoirs publics de pied ferme. « Il faut autre chose que des mesures de surface », a ainsi commenté Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir Alain Bazot, interrogé par l’AFP. Également cité par l’Agence, le délégué général de la CLCV (Consommation Logement Cadre de Vie) Thierry Saniez a pour sa part prôné « la baisse la plus significative possible et un système pérenne ».
Encourager l’éco-mobilité
Les industriels ont cependant aussi leur mot à dire. Reçus dès demain, ces derniers pourraient tout de même baisser leurs tarifs de quelques centimes, « en attendant que la baisse de taxe envisagée par le gouvernement, de même ampleur, soit appliquée », rapporte l’AFP. Quoique complexe à mettre en oeuvre, surtout dans un contexte de divergences entre les principaux distributeurs [NDLR : Les enseignes de grande distribution (60 % des ventes en France) et les entreprises pétrolières (30 %) ] quant à l’intensité de l’effort à fournir, cette option a été préférée au blocage des prix promis par le chef de l’État pendant la campagne, jugé en bout de course trop difficile à instaurer.
L’UFIP (Union Française des Industries Pétrolières) est disposée à « accompagner l’effort du gouvernement de façon à ce que cette baisse ou atténuation soit sensible pour l’automobiliste ». De son côté, le groupe Leclerc, qui compte plus de cinq cents stations-service dans tout l’Hexagone, a fait savoir qu’il vendrait le carburant à prix coûtant, ce qui devrait amener une baisse des prix à ses pompes oscillant entre deux et trois centimes d’euros.
À l’inverse, l’UIP (Union des importateurs pétroliers) a jugé les déclarations de l’UFIP et de l’enseigne « prématurées ». Défendant les intérêts des groupes rivaux Auchan, Carrefour, Casino et Cora, elle s’est montrée jusqu’ici réfractaire à une réduction des tarifs, assurant ne dégager qu’un centime de marge par litre de gazole. Cité par l’AFP, son délégué général a par ailleurs appelé les groupes pétroliers membres de l’UFIP auxquels l’UIP achète le carburant à revoir leurs prix à la baisse, « de façon à ce que nous puissions répercuter cette baisse dans nos stations-service ».
Dans cette « affaire » aussi, certains défendront sans doute leur pré carré bec et ongles. Bercy devrait toutefois obtenir un effort collectif. Reste à savoir si celui-ci s’inscrira dans la durée, étant entendu que des dispositions étatiques de fond d’imposeront tôt ou tard. D’abord parce que les distributeurs ont des intérêts à protéger, ensuite parce que l’éco-mobilité est la seule solution pour à la fois ménager l’environnement et son portefeuille. Deux excellentes raisons de la promouvoir davantage.

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