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Les petits Etats veulent se faire entendre à Cancun

Les petits Etats veulent se faire entendre à Cancun
Les Etats Fédérés de Micronésie, pays dont les décors de rêve sont mis en danger par la montée des eaux due au changement climatique, sont à la tête d’une action pour appeler à lutter contre d’autres gaz à effet de serre que le dioxyde de carbone

Alors que s’est ouverte ce lundi la conférence sur le climat de Cancun, un groupe de pays particulièrement vulnérables au changement climatique tente une nouvelle fois de faire entendre sa voix.

La publication d’un article dans le « New York Times » est certes moins marquante qu’un sommet improvisé sous l’eau. Peut-être faut-il voir dans cette comparaison, des attentes nettement moins élevées vis-à-vis de la réunion de Cancun par rapport à celle de Copenhague, il y a maintenant un an, suscitant moult espoirs qui ont été depuis largement déçus.

Veerabhadran Ramanathan, professeur de physique atmosphérique à la Scripps Institution of Oceanography en Californie, et David G. Victor, professeur de relations internationales et d’études pacifiques à l’Université de Californie à San Diego, les deux auteurs de cette tribune, le reconnaissent volontiers : « les attentes sont faibles quant à la possibilité d’un accord par les représentants sur un nouveau traité pour réduire les émissions qui contribuent au changement climatique ». Il n’empêche, devant l’importance de ce second sommet sur le climat, les dirigeants de la planète n’ont pas le droit de se rater.

C’est pour les informer – une nouvelle fois – de l’urgence de cet enjeu que MM. Ramanathan et Victor ont écrit cette piqûre de rappel. Ils distinguent ainsi deux types de pollution : celle due au dioxyde de carbone (CO2), sur laquelle les efforts de lutte contre le changement climatique se sont le plus souvent arrêtés, une position que comprennent les auteurs puisque « sans une réelle diminution des émissions de CO2, il ne peut pas y avoir de solution permanente contre le réchauffement ». Un acte à la fois fondateur et difficile à tenir, puisqu’issu en grande partie de l’utilisation des énergies fossiles, « si essentielle à la vie moderne et au commerce », et qui « prendra des décennies et des milliers de milliards de dollars » pour changer cet état de fait.

Au-delà du CO2

Mais il y a une seconde forme de pollution, nettement plus méconnue mais pas moins dangereuse en terme d’effet de serre. C’est sur celle-là que veulent déplacer les projecteurs tout un groupe de petits pays, en première ligne sur la question du réchauffement climatique comme les Maldives, les Tuvalu, les Fidji ou encore les Etats Fédérés de Micronésie, ces derniers étant à la tête de ce mouvement. Ces substances polluantes autres que le CO2 sont, notamment, les HydroFluoroCarbures (HFC), le méthane, la suie et l’ozone troposphérique.

Limiter ce second type de pollution, d’une importance équivalente au premier, nécessite moins de changements radicaux que la lutte contre les émissions de CO2. Exemple avec le méthane – 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone – émis en grande partie par les mines de charbon, les rizières et le bétail. Avec quelques « changements mineurs » comme le remplacement des vieux pipelines ou la meilleure utilisation de l’eau dans les champs de riz, ses rejets pourraient être diminués de 40%. Les HFC pourraient de leur côté être aisément remplacés par des produits de substitution, jusqu’à 100 fois moins polluants qu’eux.

La Micronésie, par la voix de son directeur du Bureau de l’Environnement et de la Gestion d’Urgence (sic) Andrew Yatilman, insiste sur le fait qu’une « action rapide sur les HFC et les autres agents du réchauffement climatique est essentiel pour la survie des pays à basse altitude et d’autres Etats vulnérables ». « C’est un enjeu crucial auquel toutes les parties à Cancun doivent être en prise avec » confirme Durwood Zaelke, président de l’Institut pour la Gouvernance et le Développement Durable. Quelque soit l’issue de Cancun, et encore plus qu’à Copenhague, autant les dirigeants que les citoyens ne pourront pas dire qu’ « ils ne savaient pas »…

Crédit photo : Flickr – tata_aka_T – Nick Bramhall
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