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Les ours polaires peuvent-ils survivre ?

Les ours polaires peuvent-ils survivre ?
Martyrs du réchauffement climatique, les ours polaires seraient toutefois plus résistants aux évolutions de température que ce que croyait la communauté scientifique jusqu'ici

La diminution constante de la banquise compromet sérieusement leur avenir, mais des chercheurs américains viennent de publier une étude qui contraste avec le pessimisme ambiant.

Connus de tous, les ours polaires sont les martyrs par excellence du réchauffement climatique, particulièrement manifeste dans le Grand Nord. La fonte des glaces les contraint en effet à parcourir d’importantes distances pour trouver de quoi se nourrir.

Victimes emblématiques de l’érosion de la biodiversité arctique, corollaire incontestable de la hausse du thermomètre mondial, les plantigrades voient leurs effectifs se réduire dans d’inquiétantes proportions. Disparaîtront-ils d’ici la fin du siècle ? Au train où vont les choses, il n’est pas scandaleux d’envisager le pire. De nombreux experts redoutent en tout cas une issue tragique. Reste à savoir quand les ours polaires rejoindraient la trop longue liste des espèces éteintes…

Auteure d’une étude parue sur le site Internet Newscientist.com, une équipe de scientifiques internationaux vient toutefois de procéder à une analyse approfondie du génome du plantigrade et d’examiner l’ADN de vingt-trois individus. Ils sont parvenus à la conclusion que l’espèce est en réalité beaucoup plus âgée que ce que croyait la communauté scientifique jusqu’ici : de quatre à cinq millions d’années, contre six cent mille ans « seulement » d’après des investigations antérieures. Surtout, il semblerait que les ours blancs se soient toujours adaptés aux mutations climatiques et soient plus résistants qu’il n’y paraît.

Victimes majeures du réchauffement climatique, les ours polaires pourraient toutefois lui survivre.

« Nous voyons des indices selon lesquels, dans les périodes chaudes, les ours polaires ont changé leur mode de vie et se sont reproduits avec  des ours bruns »

Également menacés par la destruction de leur habitat, les maladies et la pollution (qui pourrait s’aggraver avec l’exploitation des hydrocarbures arctiques, à moins de forages particulièrement encadrés, ce qui n’est pas la tendance), les plantigrades trouveraient leur salut dans le métissage, phénomène par ailleurs observé pour la première fois à l’époque contemporaine en 2006 avec la découverte d’un spécimen « bâtard » issu de l’accouplement d’un ours polaire et d’un grizzly. Est-elle un cas exceptionnel ou au contraire le point de départ d’un vaste processus d’hybridation ?

L’affaiblissement constant de la banquise tend quoi qu’il en soit à réduire les obstacles qui « protégeaient » les espèces marines des convoitises de leurs homologues terrestres et des spécimens de marsouins « mixtes » et de narvals-bélugas ont aussi été mis au jour. Concernant les ours blancs, il paraîtrait en outre que, « lorsque le climat se réchauffe, ils se rapprochent des régions plus méridionales et donnent naissance à des oursons mieux adaptés aux nouvelles conditions climatiques », résument nos confrères de 20 Minutes.

Et Stephan Schuster, professeur de biochimie et de biologie moléculaire cité par le quotidien, d’ajouter : « Nous voyons des indices selon lesquels, dans les périodes chaudes, les ours polaires ont changé leur mode de vie et sont entrés en contact, donc se sont reproduits avec des ours bruns ». De même, si la population d’ours polaires a systématiquement baissé durant lesdites périodes chaudes, elle se serait toujours reconstituée lorsque le froid a refait son apparition.

Il reste qu’un métissage soutenu ferait immanquablement baisser les stocks d’ours blancs et bruns et que, « même si les ours polaires ont connu des périodes de réchauffement dans le passé, il n’y a aucune garantie qu’ils vont survivre à cette période », affirme Charlotte Lindqvist, membre de l’Université de Buffalo (New York) et co-auteure de l’étude internationale précitée. Leur situation n’est donc peut-être pas si désespérée. Elle n’en demeure pas moins (très) préoccupante.

Crédits photos : flickr / David – Michael Maher
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  • Traore Djibril

    Qui est à la base du rechauffement climatique? Si nous ne faisons pas d’effort, c’est tant pis pour toute l’humanité et dans quelques années, comme le disait le Pr Michel MALDAGUE de l’Université Laval (DRI)