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Les écosystèmes d’eau douce européens en péril

Les écosystèmes d'eau douce européens en péril
Sept des huit espèces d'esturgeons établies dans les eaux territoriales européennes sont aujourd'hui menacées d'extinction

Les écosystèmes terrestres et océaniques concentrent l’essentiel des inquiétudes des pouvoirs publics et des spécialistes mais ils ne sont malheureusement pas les seuls à être en difficulté. En témoignent les chiffres publiés hier par la Commission européenne, dont des experts ont examiné quelque six mille espèces de faune et de flore indigènes continentales à la loupe, toutes figurant sur la liste rouge européenne de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Il ressort de leurs travaux que « 44 % de tous les mollusques d’eau douce, 37 % des poissons d’eau douce, 23 % des amphibiens, 20 % d’une sélection de mollusques terrestres, 19 % des reptiles, 15 % des mammifères et des libellules, 13 % des oiseaux, 11 % d’une sélection de scarabées saproxyliques, 9 % des papillons et quatre cent soixante-sept espèces de plantes vasculaires sont à présent menacés ».

Des pourcentages qui attestent de la nécessité d’adopter de nouvelles mesures à l’échelle européenne, qu’il s’agisse de plans d’action, de programmes de conservation ou d’une augmentation du nombre de zones protégées Natura 2000, étant entendu qu’une stratégie continentale a déjà été mise en place en mai dernier dans l’optique de contenir la perte de biodiversité et des services écosystémiques à l’horizon 2020. La pollution, la surpêche, la dégradation des habitats mais aussi l’introduction d’espèces exotiques particulièrement voraces expliqueraient ce déclin qu’il est néanmoins encore possible d’enrayer moyennant une volonté et une ambition politiques indéfectibles.

Si le cas des mollusques d’eau douce est le plus préoccupant, les autres espèces ne sauraient être négligées, comme le préconise Annabelle Cuttelod, coordinatrice de la liste rouge, selon laquelle « les écosystèmes d’eau douce européens (dans leur ensemble) sont véritablement soumis à des menaces graves ». Concernant les poissons d’eau douce, les esturgeons courraient un risque particulier puisque sept des huit espèces européennes sont désormais en danger critique d’extinction. Au niveau floral, si de nombreuses espèces sauvages apparentées à celles d’élevages seraient aujourd’hui « souvent négligées en termes de conservation », il ne s’agirait pas non plus de cas isolés, d’autres plantes cultivées comme l’avoine, le blé, la canne à sucre et la laitue étant elles aussi, indépendamment de leur poids économique, « menacées de manière inquiétante ».

Dans ces conditions, le Commissaire européen à l’Environnement Janez Potocnik a bien raison de rappeler l’évidence, à savoir que « le bien-être des Européens et des hommes du monde entier dépend des biens et des services que fournit la nature ». « Si nous ne traitons pas les causes qui provoquent ce déclin  et que nous n’agissons pas d’urgence pour y mettre fin, nous pourrions payer le prix fort », a-t-il ajouté. Puisse sa lucidité devenir contagieuse.

Crédits photos : flickr – Daniel Paquet / Thomas Bresson
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