Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !
Etonnants et peu connus, les concombres de mer n’en sont pas moins des espèces essentielles à la préservation des écosystèmes marins. Selon des chercheurs australiens, ils contribueraient à la sauvegarde des coraux.
D’après des scientifiques de One Tree Island, l’Université de Sydney qui gère la station de recherche sur la Grande Barrière de corail, les excréments de concombres de mer protégeraient les récifs coralliens, ces refuges pour la biodiversité sous-marine, de l’acidification des océans provoquée par le réchauffement climatique. En se nourrissant de planctons et d’autres matières organiques présentes sur le plancher océanique, les holothuries avalent puis digèrent en effet une grosse quantité de sable qui viendrait compenser la baisse du pH de l’eau associée à l’acidification des océans une fois les excréments rejetés en mer. « Quand ils ingèrent du sable, les processus digestifs naturels effectués par les intestins des concombres de mer augmentent le niveau de pH de l’eau au niveau du récif où ils défèquent », a résumé Maria Byrne, une professeure qui a participé à l’étude.
Le système digestif du concombre de mer est d’autant plus surprenant qu’il créé du carbonate de calcium (CaCO3), un nutriment déterminant pour la reconstitution du corail, lorsqu’il est en activité. Le carbonate de calcium est ensuite libéré vers les récifs via les fèces des holothuries. « Pour survivre, les récifs coralliens doivent accumuler du carbonate de calcium à un taux supérieur ou égal au carbonate de calcium perdu par l’érosion du récif », décrypte Mme Byrne. « La recherche de One Tree Island a montré que pour un récif en bonne santé, la dissolution de sédiments de carbonate de calcium par les concombres de mer […] apparaît comme une composante importante du renouvellement naturel (du récif) en carbone de calcium », a t-elle ajouté.

Eu égard aux dangers auxquels sont actuellement confrontés les récifs coralliens, et plus particulièrement la Grande Barrière de corail, au large du Queensland (Australie), cette découverte est cruciale. Menacée par le réchauffement climatique, les émissions de CO2 absorbées par l’eau entraînant l’acidification des océans, la Grande Barrière de corail est aussi, rappelons-le, fragilisée par la surpêche, la pollution et l’activité touristique. Une trentaine d’espèces marines qui participent à la biodiversité des coraux sont aujourd’hui exploitées par l’industrie de la pêche. Même si les concombres de mer contribuent à la préservation de ce site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, ils sont du reste eux aussi exposés aux activités halieutiques.
La consommation d’holothuries, notamment dans la soupe d’ailerons de requins, est en augmentation en Asie, d’où une intensification de la pression de la pêche autour des écosystèmes coralliens et la mise en place d’un cercle vicieux. « Nous avons besoin de comprendre rapidement l’impact du retrait des concombres de mer et d’autres invertébrés sur la santé du corail face à un futur incertain », a conclu Mme Byrne. Qui est bien placée pour savoir qu’une éventuelle disparition de cette espèce compliquerait davantage encore le quotidien déjà peu reluisant des récifs coralliens.

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !