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Les dangers du climato-scepticisme

Les dangers du climato-scepticisme
Le dérèglement climatique pourrait notamment provoquer une multiplication des catastrophes naturelles. D'origine anthropique de l'avis de la majorité des experts, il est le fait d'insaisissables facteurs aux yeux des climato-sceptiques, lesquels encouragent ainsi l'Homme à ne pas modifier ses habitudes environnementales

Le rapport publié la semaine dernière par l’Académie des Sciences a confirmé la thèse du GIEC (Groupe intergouvernementale d’experts sur l’évolution du climat) selon laquelle le dérèglement climatique est largement d’origine anthropique. Une douche froide pour Claude Allègre et ceux que la presse a appelé les « négateurs » dans leur ensemble et qui, si on y réfléchit bien, n’est très certainement pas une mauvaise chose. Explications.

Parfois goguenards, souvent acerbes, les médias n’ont pas caché leur satisfaction devant ce désaveu scientifique, quand bien même l’ex ministre de l’Éducation nationale, décidément à l’aise dans son rôle de trublion climatique, s’est dit « pleinement satisfait » de cet « arbitrage ». Le débat n’est il est vrai pas totalement clos, la vénérable institution ayant concédé de nombreuses incertitudes sur des points essentiels. C’est que les connaissances manquent toujours, notamment au sujet des « mécanismes de transmission et d’amplification du forçage solaire », des « modèles de prévision des nuages », de « l’évolution des glaces marines et calottes glaciaires » et du « couplage océan-atmosphère ».

Pour résumer le microcosme scientifique est convaincu à une écrasante majorité que la hausse du thermomètre mondial est intrinsèquement liée aux activités humaines, ce même si l’histoire de l’humanité recèle d’augmentation de températures qui s’expliquent par d’autres raisons, et balaie la notion de cycle chère aux climato-sceptiques, tout en reconnaissant son incapacité à établir un diagnostic plus précis.

Le CO2 est à l’heure actuelle le gaz à effet de serre qui concentre l’essentiel des attentions des climatologues et des décideurs. Isolées ou globales, les initiatives se multiplient pour réduire leurs rejets. Les États se sont eux aussi engagés dans cette voie, avec plus ou moins de bonne volonté, étant entendu qu’il est encore impossible de chiffrer exactement la responsabilité du dioxyde de carbone dans le réchauffement climatique et que, mis bout à bout, ces efforts représentent des milliards d’euros annuels.

Le méthane, pour l’heure fort heureusement séquestré dans le permafrost mais qui menace de se libérer en quantités astronomiques dans l’Arctique si le phénomène continue de prendre de l’ampleur, l’ozone (O3) troposphérique et la suie participent également au bouleversement de l’ordre climatique.. Reste là aussi à connaître leur contribution précise, potentiellement supérieure à celle du CO2 et qui, auquel cas, devra elle aussi faire l’objet d’investissements colossaux.

Sus au « populisme climatique »

Nous n’en sommes pas là, mais au train où vont les choses l’accroissement des températures est bien parti pour revêtir une dimension très inquiétante pour l’espèce humaine et l’ensemble des écosystèmes. En situation d’achoppement permanent, les tractations climatiques passées et à venir n’incitent pas non plus à l’optimisme, d’où la nécessité de voir la vérité en face, aussi effrayante soit-elle, de sensibiliser l’ensemble de la population mondiale aux affres actuels et futurs et de « dénoyauter » ce que notre confrère du Monde Stéphane Foucart a appelé le « populisme climatique ».

Rappelons que celui-ci s’est développé à la suite de la polémique suscitée par l’interception, quelques semaines avant l’ouverture du très attendu sommet de Copenhague (Danemark), de courriels suspicieux échangés par des membres du Climate Research Institute (CRU) de l’Université britannique d’East Anglia. Accusés de falsifier des données pour ne pas aller au devant des conclusions du GIEC, ceux-ci ont depuis été définitivement disculpés et il y a tout lieu de croire que cette affaire qui au bout du compte n’en était pas vraiment une a été montée de toutes pièces par des climato-sceptiques désireux de donner plus de poids au doute dans les négociations.

Crédit photo : flickR – terren in Virginia / Eric Schmuttenmaer / Benoît Tessier (Reuters)

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  • hyper ecolo

    Très bon article de fond !

  • le grand loup

    Très mauvais article de fond :
    1. Oppose les partisans du GIEC et ceux qui nient le réchauffement anthropique : peut-être un peu simpliste ?
    2. Traite – indirectement, mais traite – les climato-sceptiques de “criminels contre l’humanité” : peut-être un peu honteux ?;
    3. Echoue à rendre compte des nuances du rapport de l’Académie et des infinies nuances de la galaxie “climato-sceptique” (Allègre est une cible si facile !) et, surtout, “GIECo-sceptique”.

    Pour s’informer de manière plus équilibrée, on lira p. ex. :

    http://www.contrepoints.org/2010/11/01/5888-rechauffement-ce-que-dit-vraiment-le-rapport-de-lacademie

    http://www.amazon.fr/GIEC-est-mort-vive-science/dp/2960047370/

  • daniel d

    Très bon article de fond.
    En prenant plus ou moins partie ouvertement contre les climatosceptiques, vous démontrez qu’il est plus que temps de dépasser le stade où l’on discute à l’infini du sexe des anges en se curant le fondement et en ne faisant rien d’autre…
    J’ignore si les climatosceptiques sont des criminels contre l’humanité ou pas, le fait est qu’il est temps de se bouger un peu et le GIEC, pour imparfait qu’il soit et vous l’avez suffisamment écrit, a au moins le simple mérite d’exister…
    Maintenant, que le rapport de l’Académie soit nuancé, c’est quand même le moins que l’on puisse attendre d’un rapport scientifique et nul n’attendait qu’il y fût question d’affirmations à l’emporte-pièce surtout pour un sujet aussi difficile.
    Ras le bol de ceux qui se contemplent le nombril en ergotant sur le moindre mot qui ne leur convient pas et seront les premiers à venir pleurer quand leurs gosses seront en train de crever !