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Les crimes environnementaux dans la ligne de mire d’Interpol

Les crimes environnementaux dans la ligne de mire d'Interpol
Le commerce illégal d’animaux sauvages est en plein essor et menace d’extinction de nombreuses espèces rares

L’entreprise du commerce d’animaux sauvages ne connaît pas la crise. Elle est même le terrain privilégié des réseaux criminels internationaux. Consciente de ce fléau, Interpol encourage les polices du monde entier à se mobiliser massivement.

« Les forces de polices doivent lutter contre les atteintes à l’environnement ». C’est le message qu’a lancé l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol) le 8 novembre dernier, jour de l’ouverture de sa 79e assemblée générale à Doha (Qatar). Inquiète du trafic environnemental et de ses conséquences sur les écosystèmes, l’économie et la sécurité internationale, l’organisation a adopté une résolution historique. Elle  exhorte désormais les 188 membres d’Interpol et les partenaires de l’Organisation à soutenir la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction (CITES), en « apportant une contribution financière volontaire ou en mettant à disposition du personnel spécialisé ».

Un mal endémique pour la planète

Qu’ils braconnent, polluent, pêchent, escroquent, commercent les espèces rares ou ravagent les forets, peu importe la gravité du délit tant que les malfaiteurs étanchent leur soif du gain. En échange de ces revenus au goût de sang, ils laissent aux Etats le loisir d’endiguer l’extinction des espèces menacées, la pollution sauvage de l’air, de l’eau et de la terre et les changements climatiques. Depuis 1992, date où le Comité du crime environnemental d’Interpol a été créé, les choses ont bien changé. Aujourd’hui, grâce à l’avènement d’Internet, le trafic environnemental est un business en plein essor.

Etant donné l’absence de réglementation, le Web est devenu une interface redoutable pour les cybercriminels en tous genres. Caché derrière de fausses identités, il est relativement facile de créer des réseaux internationaux de vente illégale de pièces animales. John Sellar, ex-policier écossais, chef de la lutte contre la criminalité verte à la CITES, attendait depuis 15 ans que soient jetées les bases de la collaboration entre celle-ci et Interpol. « Les gens imaginent mal les sommes en jeu. Ils croient trop souvent que ce sont des braconniers locaux qui vont en forêt et tirent sur ce qu’ils trouvent, alors qu’il s’agit de réseaux de criminels professionnels, qui tuent ou capturent des animaux à grande échelle », décrypte-t-il.

Les clefs du succès

Le commerce illégal d’animaux sauvages est pour le moins lucratif. Il figure même en troisième position sur le podium du marché noir le plus rentable, juste derrière la drogue et les armes. Quelque cinq tonnes de viande de brousse transitent chaque semaine par l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, et 120 millions d’animaux vivants seraient exportés chaque année en toute illégalité. Interpol et la CITES doivent donc impérativement coopérer pour mettre les gangsters « verts » hors d’état de nuire. Car si les affaires marchent si bien, c’est parce que la législation est encore trop légère. Selon Samuel Wasser, directeur du centre de préservation des espèces de l’Université de Washington, à Seattle (Etats-Unis), « les criminels s’intéressent à l’environnement parce qu’ils savent que ce n’est pas très surveillé ».

Bien placée pour en parler, la CITES estime de son côté que la corruption est un obstacle majeur dans la lutte contre le commerce illégal. Selon elle, les peines maximales encourues – encore jamais prononcées – ne sont en outre que de six mois de prison avec sursis et 9 000 euros d’amende. Pas de quoi dissuader les braconniers… D’après Noël Pons, conseiller au Service central de prévention de la corruption (SCPC), les mafias, cartels et autres syndicats de trafiquants ont créé un véritable « business-modèle criminel neuf grâce à leur grande capacité d’adaptation ». « Ils noyautent ainsi un système encore quasiment sans défense et organisent de gigantesques détournements de fonds, de subventions ou de taxes », ajoute-t-il. Encore largement ignoré par les autorités, sujet à un manque d’effectifs policiers, le trafic d’animaux se porte bien. La résolution que vient d’adopter Interpol pourrait cependant faire se resserrer l’étau autour des contrebandiers.

Crédit photo : Wikipédia commons - Thomas Breuer / Dirk
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  • alain b

    Une coopération attendue de longue date et qui peut – et doit – porter ses fruits. On parle depuis toujours du trafic animal et il a aujourd’hui, étant donné l’accélération du rythme de la disparition des espèces, une dimension d’autant plus préoccupante…