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Les coraux sont plus à l’aise avec une baisse des températures

Les coraux sont plus à l'aise avec une baisse des températures
Les récifs coralliens au large de la côte ouest de l'Australie se portent mieux que la Grande Barrière de corail, à l'est du pays, davantage menacée par les activités humaines.

Si les coraux peuvent s’épanouir dans des eaux un peu plus chaudes, les chercheurs affirment qu’ils ne peuvent survivre au-delà de 30 degrés celsius.

L’assombrissement de l’avenir des récifs coralliens dans le monde fait craindre le pire quant à l’avenir de la biodiversité marine. Habitats et sources de nourriture pour de multiples espèces, les coraux sont, on le sait, de plus en plus menacés par le réchauffement climatique et son corollaire, l’acidification des océans. Sans parler des catastrophes naturelles et de la pollution engendrée par les activités humaines. Longue de quelque 2 600 kilomètres, la célèbre Grande Barrière de corail, à l’est de l’Australie, n’est pas moins exposée, au contraire.

Toutefois, de l’autre côté de l’Etat insulaire, les récifs coralliens semblent quant à eux prospérer. Selon une étude de l’Institut australien des Sciences Marines publiée dans la revue Science, la croissance des coraux aurait en effet été plus soutenue au cours du XXe siècle, nonobstant la hausse du thermomètre mondial. « C’est très surprenant », admet Timothy Cooper, qui a mené l’équipe sur le terrain et selon lequel ce contraste avec la Grande Barrière de corail s’expliquerait par un impact moindre des activités humaines à l’ouest du pays, région beaucoup moins peuplée. Ce qui ne l’empêche cependant pas de suggérer aussi que les coraux peuvent s’épanouir, jusqu’à un certain point en tout cas, sous des températures plus chaudes…

Une autre équipe de scientifiques, de l’Université de Californie à Berkeley (Etats-Unis) celle-ci, s’est davantage penchée sur les réactions des coraux aux changements de températures. Selon son étude, publiée dans la revue Scientific Reports, le seuil critique des températures au-delà duquel les coraux ne peuvent survivre est de 30 degrés celsius. Les chercheurs américains ont obtenu ce résultat en analysant sous quelles conditions d’extrêmes climatiques les récifs coralliens étaient les plus menacés. « Le changement climatique se traduisant par une augmentation en fréquence et en intensité d’évènements à la fois chauds et froids, il était important de comparer ces effets », estime Melissa Roth, auteur principale de l’étude.

Elle et ses troupes ont séparé des branches de corail en trois groupes, préservant l’un à des températures normales et soumettant les deux autres à des extrêmes de froid et de chaud pendant vingt jours. Durant les cinq premiers jours, les coraux soumis à des températures plus froides ont plus souffert que ceux soumis à des températures plus chaudes, lesquels n’ont réellement été affectés que plus tard. En revanche, sur le long terme, ce sont eux qui ont subi le plus de dégâts, les autres ayant au bout du compte su s’acclimater aux nouvelles conditions.

Melissa Roth affirme en conséquence (encore une fois) que « le meilleur moyen d’éviter les dégâts serait de réduire le potentiel du changement climatique ». Pragmatique, elle préconise également de commencer par protéger les coraux de la pollution, soulignant que moins il y aura de pression sur les récifs, plus ils auront de chance de survivre aux divers scénarios. Sage recommandation…

Crédits photos : flickr - USFWS Pacific / SarahDepper
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