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Les biocarburants sont ils LA solution pour l’Afrique?

Les biocarburants sont ils LA solution pour l'Afrique?

D’abord célébrés, les biocarburants sont aujourd’hui souvent critiqués, non seulement pour leur contribution avérée aux émissions de gaz à effet de serre (GES), mais aussi puisque leur production empiète sur les productions agricoles. Dans un article publié la semaine dernière dans le magazine Nature, deux scientifiques viennent toutefois apporter leur grain de sel à un débat déjà houleux.

Lee R. Lynd, de l’Université de Dartmouth (Etats-Unis) et Jeremy Woods, de l’Imperial College à Londres (Angleterre) considèrent en effet que la production de biocarburants pourrait sauver l’Afrique subsaharienne de la famine et de la pauvreté. Une vision qui va à l’encontre du consensus selon lequel les biocarburants contribuent à la faim dans le monde à travers l ‘envolée des cours des matières premières agricoles.

Selon leur théorie, le développement de l’industrie bioénergétique en Afrique ne serait pas une menace envers les ressources agricoles, bien au contraire : cela permettrait de renforcer la sécurité alimentaire sur le continent.

Etant donné les vastes étendues de terres disponibles en Afrique – soit 12 fois celles de l’Inde avec en outre une population inférieure de 30% à cette dernière – les experts expliquent qu’il n’y aurait pas nécessairement de compétition entre les espaces dédiés à l’agriculture et ceux consacrés à la production de biocarburants.

A condition que ceux-ci proviennent de cultures non comestibles qui poussent aisément sur des terres inadaptées aux cultures alimentaires, comme les vastes étendues marginales d’Afrique. Sont ainsi exclu tous biocarburants de première génération. Les scientifiques proposent deux exemples : l’herbe, qui possède de surcroît « un potentiel notable de régénération des sols dégradés », et l’Agave capable de pousser sur des terres arides.

Là où Mrs. Lynd et Woods voient la possibilité d’une véritable révolution, c’est dans les bénéfices économiques que l’industrie bioénergétique pourrait apporter au continent. L’Afrique pourrait devenir selon eux un exportateur compétitif de biocarburants, redressant ainsi son économie.

les biocarburants à la rescousse de l afrique ?

Les biocarburants, oui, mais pas n’importe lesquels et pas n’importe où

Cette théorie est cependant contestée. Timothy Searchinger, chercheur à l’Université de Princeton (Etats-Unis), dénonce en effet ce qu’il voit comme une belle utopie. Selon lui, « à moins de vivre dans un monde où tout se passerait comme prévu », l’industrie bioénergétique n’est pas une solution viable au développement économique du continent noir, bien au contraire.

Il explique en effet que l’engouement actuel envers les biocarburants contribue justement à la crise alimentaire en Afrique puisque, contrairement à la vision de Mrs. Lynd et Woods, elle sacrifie des terres agricoles. Le développement de cette industrie, ne se limiterait pas selon lui aux terres marginales, mais ne ferait qu’accroître l’empiètement sur les cultures alimentaires. Et ce pour une simple raison : la convoitise de profits toujours plus conséquents prime sur toutes autres considérations. En d’autres termes, il prétend que la théorie présentée dans l’étude serait en pratique incontrôlable, surtout à l’échelle continentale.

Jeremy Woods pour sa part se défend, notant « qu’il est toujours plus simple de pointer du doigt les problèmes plutôt que de chercher des solutions ». L’étude qu’il a rédigé avec Lee R. Lynd conçoit  que « certaines productions bioénergétiques rendent la sécurité alimentaire encore plus vulnérable, mais d’autres peuvent la renforcer ». C’est pourquoi les deux scientifiques insistent sur la nécessité de développer des biocarburants à partir de cultures non comestibles, en se limitant aux terres inutilisées par l’agriculture à des fins alimentaires.

Ce qui permettrait qui plus est de régénérer les sols dégradés par la sécheresse, laquelle a atteint un niveau record cette année touchant actuellement près de dix millions de personnes dans plusieurs régions. La théorie des deux scientifiques, aussi “utopique” qu’elle soit, ne mériterait-elle donc pas considération face à l’urgence de la situation ?

Crédits photos : flickr - Matt and Kim Rudge / ruurmo
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  • melissa

    Selon moi, c’est une très bonne idée !

  • polo

    Par contre, je ne sais pas si c’est LA solution, mais s’en est une surement.