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Les ambitions agricoles du ministère de l’Ecologie suscitent de forts clivages

Les ambitions agricoles du ministère de l’Ecologie suscitent de forts clivages

Le ministère de l’Ecologie a présenté le mois dernier son projet de réforme de la Politique Agricole Commune (PAC),  ”Pour une politique agricole durable en 2013″. Un projet loin de contenter tout le monde.

Jean-Louis Borloo propose notamment le déblocage de 4 milliards d’euros par an pour rémunérer les services environnementaux, 3 milliards d’euros pour garantir des revenus stables aux agriculteurs et 2 milliards pour une agro-écologie durable. A priori séduisante, cette feuille de route est cependant très loin de faire l’unanimité. Au sein du monde agricole ils sont même nombreux à réclamer l’abandon pur et simple de sa proposition.

Le clan des « contre »

La communauté rurale craint en fait que le nouveau projet fasse l’impasse sur les paiements directs aux agriculteurs et nuise au développement rural.

La puissante FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) dénonce un « écart de conduite institutionnel ». La Coop de France, elle, craint « une véritable décroissance de l’agriculture » et fustige une « vision économique irréaliste ». « L’agriculture ne fait pas partie du portefeuille du ministère », a-t-elle aussi souligné. Une réalité que les opposants au projet dans leur ensemble ne se sont pas privés de rappeler. L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture évoque pour sa part « un document sans concertation ». La riposte du ministère de l’Ecologie a pris la forme d’une lettre co-écrite par M. Borloo et la secrétaire d’Etat Chantal Jouanno, selon lesquels “le développement durable de la France et de l’Europe est intimement lié à l’avenir de notre agriculture”, ce qui n’est pas non plus inexact…

Reste que seuls 10,5 % des agriculteurs disaient en mai dernier avoir compris le sens que le gouvernement donnait au projet de loi de Bruno Le Maire.

Le clan des « pour »

Il n’y a toutefois pas que des mécontents. Bien qu’ayant pris position contre le document, le collectif PAC 2013 nuance ses propos en le décrivant comme « novateur et audacieux ». De son côté, Europe Ecologie dénonce sans surprise « l’ingérence grossière du ministère de l’agriculture » et a donné son aval à un projet de verdissement de la PAC qui va beaucoup plus loin que celui de la Commission européenne. Quant à la Confédération paysanne, elle parle d’ « une avancée formidable pour lier les soutiens publics à l’actif et à l’emploi » et déplore les « pressions professionnelles ». Autre soutien : celui de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB), laquelle salue une proposition  « plus équitable, encourageante et courageuse ». Enfin, le Réseau action climat (RAC) France, France nature environnement et le WWF ont salué de concert « une position garante des engagements français ».

Au sujet de l’épineuse question de la légitimité du ministère de l’Ecologie, le WWF recommande une gouvernance élargie et estime que dans la mesure où l’agriculture concerne 60 % du territoire français, « c’est le silence de ce ministère qui aurait été surprenant ». « Avec 40% du budget européen, la PAC est la première concernée dans l’intégration de l’environnement », ajoute l’ONG.

La toute-puissance du secteur agricole et de possibles frictions avec le ministère de l’Agriculture pourraient cependant amener M. Borloo à revoir sa copie. On en saura plus sur l’avenir de l’agriculture continentale mercredi prochain, jour la présentation du projet de la Commission européenne. Les tensions entre agriculteurs et écologistes étant une constante, on voit mal celui-ci, quel que soit son contenu, ne pas lui aussi faire de vagues.

Crédit photo : flickR - alpha du centaure / tipiro
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