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Les algues vertes, une pollution qui coûte cher

Les algues vertes, une pollution qui coûte cher
Près de 3 700 tonnes d’algues vertes ont de nouveau été ramassées dans la baie de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d’Armor) le mois dernier

Avec le retour des beaux jours, les ulves (NDLR : l’autre nom des algues vertes) prolifèrent de nouveaux sur le littoral breton. Des vagues successives de pollution obligent les municipalités à dépenser toujours plus pour nettoyer leurs plages.

Les algues vertes ne sont pas « que » nocives pour l’environnement, elles sont aussi à l’origine de frais colossaux. Ramasser cette « salade » qui souille les côtes de Bretagne depuis les années 1970 coûte en effet de plus en plus cher aux communes. Selon une note de la Cour régionale des comptes de Bretagne, les dépenses consécutives au nettoyage des zones infectées par les algues vertes ont même été multipliées par deux au cours des trois dernières années. Entre 2007 et 2009, les coûts de ramassage et de traitement sont ainsi passés de 345 000 à plus de 809 000 euros dans les huit communes les plus touchées (représentant 80% des volumes collectés en Bretagne), augmentant plus rapidement que la quantité d’algues vertes récoltées sur la même période (27 150m3 à 60 640m3).

Cette année, la facture s’annonce encore plus salée et les municipalités de la baie de Saint-Michel-en-Grève pourraient consacrer jusqu’à 1,1 million d’euros pour réhabiliter leurs plages. Des dépenses supplémentaires qui leur permettront d’être en conformité avec les préconisations de la mission ministérielle et les normes européennes. Divers investissements obligatoires prévus par le plan national anti-algues vertes risquent également de plomber les comptes. Les élus locaux doivent désormais mettre en œuvre de multiples exigences, comme la récolte systématique des algues et leur traitement par des stations contrôlées. « Les frais supplémentaires de ramassage et l’établissement de sites spécifiques pourraient avoir des conséquences sensibles sur les coûts », confirment les magistrats de la Cour des comptes de Bretagne.

Les élus locaux en quête d’un coup de pouce financier

Si les municipalités acceptent de débourser des milliers d’euros pour mettre fin à cette pollution récurrente, elles refusent toutefois d’être les seules à payer pour remédier à une situation dont elles ne sont en rien responsables. Elles ont donc sollicité une aide financière auprès de l’Etat, laquelle aurait couvert une partie des dépenses consenties pour lutter contre la pollution. Face au refus du gouvernement, elles envisagent maintenant de saisir le tribunal administratif de Rennes.

Leur colère a néanmoins été en partie entendue puisque le préfet des Côtes-d’Armor a annoncé que les autorités allaient débloquer une enveloppe de 700 000 euros pour la collecte et le transport des ulves dans le département. « Une goutte d’eau. Forcément, on n’est pas d’accord », a rétorqué le maire de Hillion, l’un des sites les plus touchés.

Le plan gouvernemental de 134 millions d’euros annoncé en février pour faire face à une situation devenue intenable, s’il témoigne d’une prise de conscience au plus haut niveau, n’a pas pour autant atténué la colère des élus, dont certains pointent d’abord la responsabilité du secteur primaire.

Des accusations relayées dans un rapport publié l’an passé par la Cour des comptes, laquelle a épinglé «  le manque de volonté de l’Etat à remettre en cause les pratiques agricoles à l’origine de la pollution par les ulves ». Il est désormais avéré que les pesticides utilisés dans l’agriculture intensive et drainés par les cours d’eau jusqu’à la mer favorisent la propagation des algues vertes sur les plages bretonnes.

Le gouvernement ferait donc bien d’appliquer le célèbre adage, « mieux vaut prévenir que guérir » en s’attaquant également aux causes de cette marée verte.

Crédit photo : Flickr – Benjamin Féron
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