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Le virage nucléaire américain

Le virage nucléaire américain
L'administration Obama va investir des dizaines de milliards de dollars pour renforcer le parc nucléaire américain

L’information a été dévoilée par Barack Obama en personne : une nouvelle centrale nucléaire, la première depuis trente ans, sera bientôt construite aux Etats-Unis. C’est la Georgie, dans le sud-est du pays, qui accueillera cette unité.

Traumatisée par la catastrophe de Three Mile Island (NDLR : 50 % du coeur d’un des réacteurs de cette centrale pensylvanienne avait fondu le 28 mars 1979, provoquant in fine un accident qui a été classé au niveau 5 de l’Échelle internationale des événements nucléaires (INES) ), la première puissance économique a, trois décennies durant, refusé d’entreprendre le moindre chantier de cette nature. À l’heure actuelle, cent quatre centrales nucléaires sont certes en fonctionnement, mais la plus récente, celle de Seebrook (New Hampshire), a été commandée en… 1977 et est entrée en service treize ans plus tard. Surtout, l’énergie nucléaire ne fournit plus « que » 20 % des besoins en électricité du pays, et les professionnels du secteur ont évalué à trente-cinq le nombre de nouvelles turbines nécessaires pour maintenir cette proportion.

Cinquante-quatre milliards de dollars de fonds de garantie pour la construction de centrales nucléaires

En marge d’une visite dans le Maryland, le locataire de la Maison Blanche a précisé que huit milliards de dollars seront investis sous forme de garanties de prêts pour la construction de deux réacteurs. Ce choix qui, de prime abord, n’apparaît pas des plus écologiques vise cependant à réduire la dépendance énergétique de l’Oncle Sam, les importations et, de fait, les émissions de gaz à effet de serre (GES). Favorable à une « transition vers une économie alimentée par une énergie sans émission de carbone », pour reprendre l’expression de nos confrères des Échos, le chef de l’exécutif américain a estimé, citant les énergies éolienne, nucléaire et solaire, que « si (les Etats-Unis n’investissaient) pas dans ces technologies aujourd’hui, (ils) les (importeraient) demain ».

La construction de la centrale georgienne devrait en précéder d’autres dans la mesure où le projet de loi budgétaire pour 2011 – présenté début février au Congrès par le successeur de George W. Bush – prévoit de porter à quelque cinquante-quatre milliards de dollars le fonds de garantie destiné au nucléaire, soit une somme trois fois supérieure à celle allouée l’an passé. Un investissement considérable qui pourrait être dénoncé par les lobbies verts mais que les estimations précitées des experts légitiment.

L’EPR pourrait être commercialisé aux Etats-Unis

L’officialisation du « tournant nucléaire » de Barack Obama, lequel a évoqué les exemples français et japonais, deux pays qui « ont depuis longtemps fortement investi dans ce secteur », coïncide avec le feu vert accordé par l’autorité de sûreté nucléaire américaine à la commercialisation de l’EPR (European Pressurized Reactor) d’Areva outre-Atlantique.

Il intervient aussi quelques jours après l’annonce par le gouvernement de la création d’une agence fédérale consacrée au climat qui pourrait voir le jour courant 2011. Parallèlement, l’administration démocrate a renforcé le soutien financier accordé aux énergies renouvelables.

Une autre preuve que les problématiques énergétiques et environnementales l’intéressent bien davantage que la précédente.

Crédit photo : Flickr - Topato
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