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Le spectre d’un Copenhague bis ressurgit

Le spectre d'un Copenhague bis ressurgit
Les îles Salomon sont menacées au premier chef par la montée des océans, conséquence du réchauffement climatique. Son représentant lors de la conférence de Bonn Collin Beck a appelé la communauté internationale à conclure un accord fort sur la limitation de la hausse des températures dès cette année, une perspective que la majorité des pays industrialisés jugent irréaliste

La conférence de Bonn sur le climat, qui a débuté le 31 mai , s’achève aujourd’hui dans la plus grande incertitude.

À l’optimisme prudent du futur ex Secrétaire exécutif de la convention des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC) Yvo de Boer, qui transmettra le flambeau – d’aucuns diraient refilera la patate chaude – à la diplomate costaricienne Christiana Figueres dans trois semaines, ont au bout du compte succédé ces doutes et ces tensions qui semblent désespérément indissociables de ces tractations-ci. De nombreux experts le pensent et les faits leur donnent raison : celles relatives aux moyens à déployer pour limiter la hausse des températures sont effectivement plus difficiles à mener que les autres.

Le « Monsieur climat » de l’ONU le répète depuis des semaines : il ne croit pas à la conclusion d’un accord global à Cancun (Mexique), ville hôte du prochain sommet international sur le climat. M. De Boer suggère même de ne pas l’ambitionner et prône plutôt, compte tenu de la conjoncture actuelle, une concorde mondiale sur quelques-unes des nombreuses tentacules de la pieuvre climatique – la lutte contre la déforestation, le transfert des technologies « propres » et le soutien budgétaire alloué aux pays pauvres pour citer les principales.

« Il s’agit de notre survie »

Un point de vue partagé par la plupart des pays industrialisés mais qui n’est pas celui de certains pays pauvres, lesquels sont particulièrement exposés à la montée des eaux, le corollaire du réchauffement climatique le plus étudié, et plaident pour l’adoption d’un traité dès la conférence mexicaine.

« Il s’agit de notre survie », a justifié Collin Beck, représentant des Îles Salomon et vice-président d’une Alliance des petits États insulaires qui malgré son nanisme économique et diplomatique a tenté de se faire entendre dans l’ancienne capitale fédérale. C’est que Fidji, les Maldives, Vanuatu et consorts ne veulent pas être les laissés pour compte de discussions qui les concernent au premier chef. La délégation du Bangladesh a affiché la même ambition mais n’est pas davantage parvenue à infléchir la position de la majorité des pays industrialisés, du Brésil, de la Chine et de l’Inde, qui tous estiment que la signature d’un texte fort ne sera pas envisageable avant le sommet du Cap (Afrique du Sud) l’an prochain.

Mme Figueres ne pense pas autre chose, elle qui juge l’approche chronologique des pays pauvres précités « trop simpliste » et a déclaré que son objectif principal à Cancun serait de s’assurer du versement effectif des trente milliards de dollars (environ vingt quatre milliards sept cents millions d’euros) d’aide promis par les pays développés pour financer la lutte contre le déboisement entre 2010 et 2012. Il est donc hautement probable que les revendications des États sud-américains rassemblés en avril à Cochabamba (Bolivie) restent elles aussi lettre morte, tout du moins cette année.

L’idée d’un fonds d’aide aux pays en développement (PED) maintenue

La communauté internationale réunie sur la côte caribéenne du 29 novembre au 10 décembre prochains devra quoi qu’il en soit s’employer à faire mieux qu’à Copenhague, où les négociations n’ont jamais cessé de patiner pour in fine aboutir au résultat waterlesque que l’on sait.

Comme si rien ne s’était passé, comme s’il fallait à tout prix oublier cette issue objectivement très décevante, comme s’il fallait aussi consoler les pays pauvres qui pour nombre d’entre eux n’ont pas voulu signer cette déclaration finale, la conférence de Bonn accouchera aujourd’hui d’une nouvelle feuille de route de vingt-deux pages délestée de toute référence au sommet danois.

Certaines propositions formulées à Copenhague sont toutefois maintenues, en particulier celle d’un fonds d’aide aux pays en développement (PED) doté de dix milliards de dollars (huit milliards deux cents millions d’euros) par an pour la période 2010-2012 et de cent milliards de dollars annuels à compter de 2020.

Quant au dessein final, il reste ambitieux, une réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) d’« au moins 50 % et jusqu’à 85 % en 2050 par rapport à 1990 » étant encore envisagée (NDLR : En ce qui concerne les pays industrialisés en particulier, l’objectif de diminution a été fixé à 80 % minimum). Il y a en effet urgence à ce que le protocole de Kyoto, qui expirera dans deux ans, soit concrètement dépassé. Reste qu’avec les divergences de fond que l’opinion publique a pu constater ces six derniers mois, c’est hélas loin d’être fait.

Crédit photo : Wikimedia commons – micaelalah
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