NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Le salut alimentaire passe-t-il par le développement de l’agro-écologie ?

Le salut alimentaire passe-t-il par le développement de l’agro-écologie ?

Fondée en 1994 par Pierre Rabhi, l’Association Terre & Humanisme œuvre à la transmission de l’agro-écologie comme pratique et éthique pour l’amélioration de la condition de l’Homme et de son environnement naturel. Celle-ci est susceptible de jouer un rôle prépondérant dans les années à venir.

L’agro-écologie peut-elle couvrir tous les besoins alimentaires de la planète ? Elle obtient en tout cas des résultats probants. Terre & Humanisme expérimente actuellement la culture des céréales sur de plus grandes surfaces.  La Fondation soutient aussi de grands projets agricoles en Europe, en Afrique et en Amérique du Sud, avec l’ambition d’accompagner des populations vers l’autonomie et la sécurité alimentaire. Ses membres transmettent ainsi un savoir-faire aux populations, qu’ils veulent rendre les plus autonomes possible pour qu’elles puissent vivre de leurs récoltes.

Quid de l’agriculture bio ? Le directeur de Terre & Humanisme Pierre-François Prêt la juge compétitive et s’en réfère à une étude réalisée par la FIBL (Institut de recherche de l’agriculture biologique) selon laquelle elle donne au bout du compte de meilleurs résultats que l’agriculture conventionnelle.

Plus d’agriculteurs dans les campagnes

Baptisée DOC (Bio-dynamique, Organo-biologique, Conventionnel), elle s’est étirée sur une période de vingt-et-un ans et révèle que les rendements de l’agriculture biologique sont plus faibles de 20% par rapport au secteur conventionnel. Les modes de production employés sont cependant moins coûteux et meilleurs pour la biodiversité et la préservation des ressources (eau etc…). Une situation qui s’explique par le fait que l’agriculture bio utilise beaucoup moins d’intrants (NDLR : les différents produits apportés aux terres et aux cultures comme les engrais, les amendements, les produits phytosanitaires, les activateurs ou retardateurs de croissance), favorise la vie des sols et renforce la biodiversité.

Directeur adjoint de l’ANR (Agence nationale de la recherche), Michel Griffon défend le concept d’une agriculture « bio-industrielle » qui serait plus compétitive. Un avis que ne partage pas M. Prêt, qui de son côté insiste sur le fait que « son » agriculture s’occupe en priorité des sols, qui sont selon lui « l’estomac des plantes », leur apportant du compost, des engrais verts et des légumineuses qui seront par la suite fauchés. Selon lui, la différence avec l’agriculture conventionnelle et même avec l’agriculture « bio industrielle se trouve là » : le sol est considéré comme un simple substrat et l’équilibre de l’écosystème est à ses yeux négligé. Reste que l’agriculture bio telle qu’elle est aujourd’hui mérite un soutien financier conséquent, ce qui aux dires de M. Prêt, qui dénonce par ailleurs une implantation insuffisante des agriculteurs dans les campagnes, n’est actuellement pas le cas. Les avancées observées en France pour inciter les agriculteurs à développer les cultures agricoles biologiques sont il est vrai encore insatisfaisantes au regard de leur développement dans d’autres pays d’Europe.

L’agriculture bio continue toutefois de progresser dans nos frontières, sûrement mais lentement, et son avenir dépend bien sûr de la bonne volonté politique. Le tout-puissant ministère de l’Agriculture détient assurément l’essentiel des clefs. Son homologue de l’Ecologie, qui a vu ses prérogatives rognées à la suite du remaniement ministériel, devra tout de même lui aussi peser de tout son poids pour encourager son développement. Un développement qui, répétons-le, est dans l’intérêt des producteurs et de l’environnement.

Crédit photo : wikimedia commons - david silver/ mercedesfromtheeighties
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !