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Le rhum, une boisson vraiment pas éco-friendly

Le rhum, une boisson vraiment pas éco-friendly
Alcool apprécié dans le monde entier, le rhum jouit cependant d'une mauvaise réputation environnementale. Le fait est qu'elle est tout sauf infondée

Sur la plage, allongé sur un transat, un chapeau de paille sur la tête, dégusté en cocktail – dédicace aux inconditionnels du daïquiri et du mojito -, en soirée, en digestif, agricole, industriel, dans un baba, flambé sur une crêpe : le rhum est omniprésent et jouit d’une notoriété certaine. Originaire d’Asie mais fierté des Antillais et des Cubains, il est produit à partir de la canne à sucre ou de sous-produits de l’industrie sucrière. Mis à part sa production lointaine, les éco-citoyens n’auraient a priori pas grand-chose à lui reprocher, sauf que les étapes de sa fabrication et de sa production suscitent toutes une empreinte écologique considérable.

C’est l’inconvénient majeur et largement méconnu de la production d’alcool à partir d’une base sucrière, une pratique qui existe certes depuis plusieurs siècles mais qui n’a eu de cesse de se développer industriellement. Passons sur les importations, bien qu’elles génèrent d’importantes émissions carbone dues au transport dans la mesure où le rhum est le plus souvent produit très loin hors de nos frontières métropolitaines.

Concentrons-nous plutôt sur sa production de plus en plus intense au Brésil et en Inde et qui, là-bas sans doute encore plus qu’ailleurs, va de pair avec la dégradation et l’érosion des sols, sans parler de l’utilisation abondante de pesticides et d’engrais qu’elle implique. À l’échelle locale, le brûlage de champs de canne a par ailleurs été associé à une hausse significative de la pollution atmosphérique.

Le WWF insiste également sur la destruction des habitats que provoque l’exploitation de la canne à sucre, qui engendrerait même une perte de biodiversité plus importante que n’importe quelle autre culture ! « Quinze pays dans le monde consacrent entre 10 et 50 % de leur superficie à la culture de la canne à sucre. Dans sept autres États, celle-ci dépasse les 50 % », souligne l’association.

Des pollutions en amont et en aval

Coupée sur place, la canne à sucre est ensuite transportée vers des moulins d’où est extrait le sucre brut, lequel est ensuite transporté vers des raffineries qui sont généralement implantées dans des pays dont la législation en matière de respect de l’environnement se caractérise surtout par sa souplesse… S’ensuit la purification puis la transformation du sucre brut en un sirop traité avec des produits chimiques pour éliminer les particules avant d’être bouilli, ce qui permet l’extraction de saccharose pure.

Le résidu n’est autre que la mélasse, qui peut à son tour être traitée chimiquement à plusieurs reprises, d’autant qu’elle entre aussi dans la composition de nombreux desserts et autres friandises (en plus de donner au sucre brun sa couleur caractéristique). Au total, la fabrication du rhum implique donc un processus à la fois complexe et polluant.

Il en est de même en ce qui concerne sa distillation. L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a en effet mis en avant l’utilisation de nombreuses substances à la teneur toxique plus ou moins élevée, du plomb aux acides organiques en passant par le zinc. Appelé « mosto » en espagnol, le flux de décantation, lui, est à la finale une boue très concentrée d’impuretés provenant d’une chaîne d’approvisionnement à la propreté globalement sujette à caution et qui doit être éliminée par les producteurs eux-mêmes.

Il est rare que ces derniers s’encombrent de précautions environnementales puisqu’ils préfèrent le plus souvent les évacuer vers les océans, ce qui n’a pas été sans dommages pour les écosystèmes marins et a même directement participé à la création de certaines « zones mortes ». Interdite outre-Atlantique depuis 1975 et l’adoption du Clean Air and Water Act, cette pratique perdure toutefois dans de nombreux pays. Les producteurs américains ont en outre trouvé la « parade » en déversant « leur » mosto dans des contrées moins surveillées, les champs par exemple, d’où au bout du compte, malgré tout, le drainage du flux vers les rivières et les océans…

S’il existe depuis peu une norme de certification – la bien nommée Bonsucro, qui d’après le WWF couvrait déjà plus de cent trente-mille tonnes de sucre et soixante-trois mille mètres cube d’éthanol en juin dernier – et que le célèbre producteur Bacardi a installé deux éoliennes sur le site de sa distillerie de San Juan (Porto Rico), sans doute faudrait-il, ainsi que le suggère l’association, établir des standards mondiaux pour certifier une production mondiale durable. Ce serait un premier pas encourageant et on doute fort que les amateurs de Pina colada s’en offusquent.

Crédits photos : flickr – sybarite48 / Ondrej Lipar
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  • woque

    j’arrête le mouton et je continue le rhum, ça compte ?

  • http://www.pearltrees.com/perringwendal/27-septembre/id3592534 27 Septembre by perringwendal – Pearltrees

    [...] Le rhum, une boisson vraiment pas éco-friendly | zegreenweb Il est rare que ces derniers s’encombrent de précautions environnementales puisqu’ils préfèrent le plus souvent les évacuer vers les océans, ce qui n’a pas été sans dommages pour les écosystèmes marins et a même directement participé à la création de certaines « zones mortes ». Interdite outre-Atlantique depuis 1975 et l’adoption du Clean Air and Water Act, cette pratique perdure toutefois dans de nombreux pays. Les producteurs américains ont en outre trouvé la « parade » en déversant « leur » mosto dans des contrées moins surveillées, les champs par exemple, d’où au bout du compte, malgré tout, le drainage du flux vers les rivières et les océans… [...]