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Le réveil « écolo » de Mexico

Le réveil « écolo » de Mexico
La municipalité de Mexico vient d'instaurer un système de vélos en libre circulation. Une mesure qui permettra peut-être de réduire la circulation dans l'agglomération la plus polluée du monde

Deuxième aire urbaine la plus peuplée du monde derrière Tokyo, aujourd’hui forte de vingt millions d’habitants, Mexico traîne une solide réputation de géante irrespirable, et le fait est qu’elle est tout sauf usurpée.

Un rapport publié en décembre 2008 par la commission des droits de l’homme du District Fédéral (CDHDF) a en effet évalué à quatre mille le nombre de décès annuels imputables à la pollution de l’air dans la mégapole. Celle-ci a en outre émis à elle seule 1,5 % des gaz à effet de serre (GES) de la planète en 2008. Un pourcentage hallucinant qui donne une idée de ce qu’endurent quotidiennement des habitants du District Fédéral (NDLR : autre dénomination de Mexico).

L’antre des gaz d’échappement

Plusieurs milliers de Mexicains sillonnent d’ailleurs les grands axes en perpétuelle saturation flanqués d’un masque à gaz. Il faut dire qu’avec plus de quatre millions d’automobiles, près de trente mille microbus et cent mille taxis qui consomment chaque jour plus de quatorze millions de litres d’essence, Mexico serait plébiscitée si le titre peu ragoûtant de leader mondial des gaz d’échappement venait à être officiellement décerné.

Les soixante mille entreprises industrielles installées dans l’agglomération, le développement nécessaire des infrastructures routières et sa situation géographique (NDLR : Juchée sur un plateau d’une altitude de 2 250 mètres, Mexico est une véritable « cuvette » puisqu’elle est aussi encerclée par des montagnes qui, pour certaines, culminent à 5 000 mètres) n’arrangent évidemment rien à la situation de la ville hôte des Jeux Olympiques d’été de 1968.

La circulation alternée a cependant été instaurée pour ramener les chiffres de la pollution à des proportions (un peu) plus acceptables.

L’ « Ecobici », pendant mexicain du Vélib’ parisien

La mise en service le 16 février dernier d’un système de vélos en libre service semblable au Velib’ parisien (la mairie s’en est d’ailleurs inspirée) va également dans le sens d’une limitation du trafic.

Baptisé « Ecobici », il entérine les velléités écologiques de l’équipe municipale en place. Mille cent quatorze bicyclettes réparties dans quatre-vingt cinq « cicloestaciones » sont pour l’heure à la disposition des Mexicains, qui pour pouvoir circuler doivent être majeurs et disposer d’une carte bancaire. Le dispositif fonctionne par ailleurs sept jours sur sept de sept heures du matin à minuit trente.

Une fois inscrit, l’usager – qui a le droit à trente minutes d’utilisation gratuites – se voit attribuer une carte électronique. Pour l’obtenir, il doit s’acquitter d’un abonnement mensuel de trois cents pesos (environ quinze euros) par an. Une majoration de dix pesos (cinquante centimes d’euros) est facturée si la balade se prolonge d’une demi-heure, et au-delà d’une heure de resquillage, il faut débourser trente cinq pesos supplémentaires, soit l’équivalent d’un euro et soixante-quinze cents. Plus contestable en revanche est la décision des autorités – qui tablent sur une hausse comprise entre 1 et 5 % de l’usage du vélo avant 2012 – de sanctionner l’usager en cas de perte ou de vol du deux roues.

La « ligne verte » du maire de Mexico

Il n’en demeure pas moins que l’Ecobici se situe dans la lignée des politiques de réduction de la consommation d’eau et de gestion des déchets urbains avec tri sélectif progressivement mises en place par le maire Marcelo Ebrard. Dans l’unité d’habitation de La Valenciana, au coeur de la delegacion (arrondissement) d’Itzapalapa, dix panneaux photovoltaïques ont aussi été installés.

Un article d’El Pais publié en janvier 2009 précise que « sept cents mètres carrés de murs seront (parallèlement) transformés en jardins verticaux ». Ils complèteront les huit cents mètres carrés de gazon et de plantes qui ornent déjà La Valenciana.

Aux dires de Marco Antonio Hernandez, responsable de l’entreprise chargée de la mise en oeuvre du projet municipal, il est question d’une extension des panneaux solaires à une trentaine de quartiers de la ville. Au total, ce sont quelque cinq cent mille immeubles mexicains qui pourraient en être pourvus.

À condition d’être mené à bien, cet ambitieux programme améliorerait singulièrement les conditions de vie des populations concernées. En plus de faire taire certaines critiques selon lesquelles rien de vraiment significatif n’a jamais été entrepris pour « défossiliser » Mexico.

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