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De quoi légitimer la thèse selon laquelle crise économique et crise écologique sont intrinsèquement liées et doivent être combattues ensemble.
C’est un fait : la crise économique a relégué au deuxième voire au troisième plan les enjeux environnementaux. Oublié le réchauffement climatique, occultés la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le développement de l’énergie durable. Il faut défendre l’emploi, le pouvoir d’achat et se serrer la ceinture, même s’ils sont de plus en plus nombreux à pressentir un modèle en fin de vie et à prôner, au minimum, un capitalisme plus « vert ».
Suivie par notre rédaction, la Conférence environnementale de mi-septembre a eu le mérite de réintroduire l’écologie dans le débat public et il serait regrettable que celle-ci passe une nouvelle fois à la trappe pour de longs mois, à cause d’un tweet polémique ou d’une nouvelle hausse des prix à la pompe de trois centimes d’euros. Les nombreuses mesures annoncées, elles, vont dans le bon sens, mais demandent évidemment confirmation. En l’état actuel, une question se pose : le gouvernement a-t-il les moyens de ses ambitions écologiques ?
Il lui faudra en tout cas manier habilement la carotte et le bâton dans un contexte de net ralentissement de l’économie mondiale, phénomène auquel contribue aussi, à hauteur d’1,6 % si l’on en croit un rapport américain diffusé la semaine dernière, le… réchauffement climatique. Ironie du sort et cercle vicieux…
Rédigé par le DARA and Climate Vulnerable Forum, un partenariat de vingt pays établi en 2009, et relayé par nos confrères de l’AFP, il fait état d’un « mal sans précédent pour la société humaine et le développement économique actuel qui va de plus en plus freiner la croissance, d’après une mise à jour décisive et une révision des estimations antérieures des pertes liées au changement climatique ». Et les auteurs de l’étude de préconiser aux décideurs de s’attaquer non aux conséquences, mais aux causes du phénomène, ce qui génèrerait « des profits économiques majeurs pour la planète, qu’il s’agisse des grandes économies comme des nations pauvres ». Sachant qu’à ce stade, l’échec « des actions contre le réchauffement climatique coûte déjà à l’économie mondiale 1,6 % de son PIB, soit mille deux cents milliards de dollars (environ neuf cent trente millions d’euros) (!) par an de prospérité ».
De funestes perspectives
Une somme phénoménale et qui continuera d’augmenter tant que les négociations climatiques achopperont. D’après le rapport précité, selon lequel les pays occidentaux ne seront pas épargnés, « les températures qui grimpent rapidement et la pollution liée au carbone (contribueront même) à doubler les coûts mondiaux jusqu’à 3,2 % du PIB de la planète d’ici à 2030 ».
Principal émetteur de CO2 de la planète, même si des efforts importants ont été consentis pour développer l’éolien (et le solaire à un degré moindre), l’Empire du Milieu en particulier irait droit dans le mur : « Dans moins de vingt ans, la Chine va subir la plus grande part de toutes les pertes, au-delà de mille deux cents milliards de dollars. » Guère mieux loti, le Bangladesh, déjà théâtre de crues dévastatrices dans un passé récent et dont le PIB par habitant est l’un des plus faibles au monde, accuserait quant à lui une perte de 10 % de sa productivité agricole à chaque hausse des températures moyennes d’un degré celsius aux dires de sa Première ministre Sheik Hasina.
D’où l’intérêt de jouer enfin sérieusement le jeu lors du prochain sommet international sur le climat, organisé à Doha (Qatar). Dans un pays qui a lui aussi beaucoup à apprendre en matière de lutte contre la hausse du thermomètre mondial.

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