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Le prix de la surchauffe

Le prix de la surchauffe
Une réunion impromptue lors du sommet de Copenhague... qui n’a malheureusement pas été couronné de succès

L’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC) a remis début novembre 2009 un rapport au Ministère de l’Environnement.

Ça risque de coûter bonbon. Telle est, les circonlocutions scripturales en moins, la conclusion du troisième rapport de l’Onerc sur les effets du réchauffement climatique, qui en fin d’année dernière a enjoint le gouvernement à prendre des dispositions efficaces dans les meilleurs délais pour limiter les répercussions financières du phénomène.

Car si les autorités françaises n’entreprennent rien de significatif, quitte à aller au-delà de ce qui a été décidé à Copenhague au niveau international, l’impact sur le portefeuille de l’État, qui ne roule déjà pas sur l’or, sera considérable. Les conséquences environnementales et humaines exceptionnellement mises à part, il a donc d’autant plus intérêt à mettre le paquet.

Des effets secondaires particulièrement coûteux

En l’occurrence, « mettre le paquet » signifie proposer une batterie de mesures pour rendre effective et significative la réduction des émissions de gaz à effet de serre et accorder une primeur toute « germanique » aux énergies renouvelables. En tout état de cause, même si toutes ne sont pas encore évaluables et qu’il y en aura d’autres, les avancées issues des différents Grenelles de l’Environnement paraissent aujourd’hui insuffisantes pour rendre la pilule moins amère.

En France, le réchauffement climatique se traduit actuellement par une fonte des glaciers en haute montagne, mais l’Hexagone dans son ensemble en a déjà eu un avant-goût un certain été 2003, quand la canicule faisait un carnage une fois n’est pas coutume judicieusement médiatisé chez les personnes âgées, coupait aux vacanciers l’envie de s’exposer au soleil et incitait les moins exposés d’entre nous à passer leurs après-midi sous la douche froide ou affalés sur le carrelage.

Cette dramatique vague de chaleur est restée dans toutes les mémoires et, à l’instar de la tempête du 26 décembre 1999, pourrait être un phénomène amené à se reproduire régulièrement ces prochaines décennies. Les spécialistes n’ont pas pris leurs concitoyens en traîtres, eux qui, dès l’époque des faits, avaient prévenu que l’Hexagone n’était désormais plus à l’abri de ces dévastateurs caprices météorologiques que nous croyions être l’apanage des paradis tropicaux.

D’après l’Onerc, plus question aujourd’hui de ratiociner. L’addition sera élevée pour cette France en milieu de peloton en matière de mutations écologiques si elle devait échouer à se mêler à la belle échappée. Le temps du pédalage dans la choucroute est certes révolu depuis longtemps, mais les cols à gravir requièrent de lourds investissements dont elle ne dispose pas, ou plus.

Outre les canicules à répétition, la montée des eaux, qui concerne toutes les mers du monde, et la multiplication des feux de forêts, déjà au coeur de l’actualité estivale chaque année, sont autant de conséquences du réchauffement contre lesquelles il est encore possible de se prémunir. De tels « débordements » coûteraient plusieurs milliards d’euros par an à l’État, qui serait dans l’obligation de débloquer des fonds, beaucoup de fonds pour qu’en premier lieu les besoins de l’agriculture, de l’industrie et l’alimentation en eau potable continuent d’être satisfaits.

Une base de travail

Par ailleurs, la récurrence de températures caniculaires pourrait représenter, d’ici 2100, un coût annuel de plus de trois cents millions d’euros pour une culture comme le blé. Un dommage collatéral parmi d’autres…

L’observatoire estime aussi que la montée des eaux, qui pourrait se traduire par une hausse d’un mètre du niveau de la mer, contraindra l’État, si rien n’est fait d’ici là, à débourser deux milliards d’euros à compter du début du XXIIe siècle pour remettre les routes en service et « nettoyer » voire reconstruire les logements submergés.

Restent les retombées, pour l’heure inquantifiables, sur le tourisme. Un défaut d’enneigement dans les Alpes en hiver et des températures insupportables sur les plages du sud de la France pourraient, entre autres, amener de nombreux professionnels à mettre la clef sous la porte. Plus largement, les perspectives d’avenir des travailleurs saisonniers s’assombriraient, et la viabilité même de certaines stations balnéaires serait menacée.

Les conclusions plus alarmantes qu’alarmistes des experts de l’Onerc ont été prises très au sérieux par l’équipe gouvernementale, laquelle fera de ce document l’une de ses bases de travail en vue du lancement, dans le courant de l’année prochaine, d’un grand plan national d’adaptation au changement climatique, comme le prévoit la loi d’orientation du Grenelle Environnement.

« Ce troisième rapport de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique, qui constitue un travail considérable, montre que la France ne sera pas épargnée par le changement climatique », a sobrement commenté le ministre de l’Environnement. Jean-Louis Borloo semble avoir pris conscience de l’ampleur des tâches à accomplir, lui qui a estimé qu’ « il nous (fallait) redoubler d’efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ».

Ainsi qu’il l’a clairement sous-entendu, les terribles projections de l’Onerc pourraient, à moyen terme, donner lieu à l’ouverture d’un nouveau grand chantier écologique ou à un plus grand accent porté sur les moyens destinés à atténuer les corollaires de l’un des grands fléaux du nouveau millénaire. Comme quoi, un bon « coup de pression » peut suffire à faire réagir en haut lieu, à plus forte raison quand il émane de personnalités qui connaissent très bien leur ouvrage.

Crédit photo : White House – Pete Souza
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