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Le nucléaire civil progresse en Iran

Le nucléaire civil progresse en Iran
Les autorités iraniennes aspirent à développer un parc nucléaire d'une capacité de production électrique totale de vingt-mille mégawatts (MW)

Volcanique, le dossier empoisonne la diplomatie onusienne depuis plusieurs années. La communauté internationale est presque unanime : compte-tenu de la nature liberticide de son régime et de la rhétorique belliqueuse employée à l’égard de l’État d’Israël, qu’il rêve de voir rayé de la carte, pas question de laisser le président iranien Mahmoud Ahmadinejad faire ce que bon lui semble en matière nucléaire. L’omnipotent Guide suprême Ali Khamenei a beau avoir le dernier mot sur les questions atomiques (et plus largement la politique étrangère), ce n’est pas sur lui qu’il faut compter pour apaiser les tensions et raisonner le chef de l’État. Particulièrement complexes, les négociations ne sont pas pour autant au point mort, Moscou plaidant officiellement depuis près de deux mois pour une approche « pas à pas » à laquelle ce dernier semble plutôt réceptif.

En attendant une hypothétique résolution de cet interminable différend, la saga vient de connaître un nouveau rebondissement, civil celui-là, avec l’annonce par Téhéran le week-end dernier du raccordement au réseau électrique national de la centrale nucléaire de Bushehr, dans le sud-ouest de l’Iran.

Construite dans un premier temps avec l’entreprise allemande Siemens (c’était avant la révolution islamique de 1979) puis en coopération avec la Russie – un partenariat qui a lui aussi fait des vagues -, cette unité qui avait vu ses réacteurs endommagés lors de la guerre Iran-Irak dispose d’une capacité de production de mille mégawatts (MW) mais est encore loin de tourner à plein régime. Elle devrait toutefois monter à quatre cents MW de puissance d’ici le 12 septembre prochain. Preuve de l’importance que lui accorde le pouvoir, une cérémonie officielle sera organisée ce jour-là, a précisé le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) Hamid Khadem Qaemi. Pour l’heure, la centrale (NDLR : qui a en fait redémarré début mai, avec plusieurs mois de retard sur le calendrier en raison de problèmes techniques), placée sous le contrôle des techniciens russes et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), fonctionne à soixante MW, soit 6 % de son potentiel, à titre de test.

Dans le même temps, et bien que les desseins nucléaires iraniens fassent l’objet de sanctions internationales sévères depuis 2007, entre résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU d’une part et embargo commercial, financier, pétrolier et technologique des nations occidentales d’autre part, l’installation de centrifugeuses plus performantes se poursuit sur le site de Natanz, dans le centre du pays. Celles-ci doivent permettre à l’Iran d’enrichir de l’uranium à 3,5 %, c’est-à-dire cinq fois plus qu’aujourd’hui. À terme, M. Ahmadinejad envisage également de doter le pays d’un parc atomique d’une capacité de production de vingt mille MW répartie entre dix et vingt centrales dont il faut au moins souhaiter qu’elles seront soumises aux normes de sécurité les plus strictes possibles.

Les velléités présidentielles sur le plan du nucléaire militaire sont elles aussi connues : Téhéran veut la bombe nucléaire et rien ni personne n’a jusqu’ici pu entamer sa détermination. En perte de vitesse à l’échelle planétaire, l’atome a au contraire le vent en poupe en Iran. Le paradoxe ne fait assurément pas les affaires de l’humanité.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Nanking2010 / Daniella Zalcman
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