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Le ministère de l’Ecologie en coma artificiel

Le ministère de l’Ecologie en coma artificiel
Désignée porte-parole de campagne du « président-candidat » Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet a en conséquence abandonné son poste de ministre de l’Ecologie

Une disparition temporaire certes, mais très lourde de sens. Désignée porte-parole du « président-candidat » Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet a de facto démissionné de son poste de ministre de l’Ecologie. Et pour éviter un remaniement ministériel, l’Hôtel de Roquelaure a été placé sous la tutelle du Premier ministre.

Etait-ce vraiment la seule « solution » ? Le départ de « NKM », aussi compétente soit-elle, ne pouvait-il que se traduire par l’absorption par Matignon du ministère de l’Ecologie et du Développement durable ? N’y avait-il personne à l’UMP capable de tenir ses rênes jusqu’au terme des élections présidentielles, début mai ? Aucun prétendant ? Aucune personnalité de taille ?

Ces questions qui dérangent, l’éco-citoyen lambda, qui a déjà de quoi l’avoir saumâtre étant donné le peu de cas fait par la majorité des candidats à la magistrature suprême des considérations environnementales, est en droit de se les poser. Comme il est en droit de s’étrangler devant ce torpillage sans précédent, en pleine polémique sur les OGM et en pleine préparation du sommet Rio+20, pour ne citer que deux bonnes raisons de désapprouver la décision du chef de l’Etat. Numéro deux dans la hiérarchie ministérielle après l’élection de M. Sarkozy, le ministère de l’Ecologie a rétrogradé de deux rangs fin 2010. Ce faisant, il a été la grande victime du remaniement ministériel. Le message était déjà clair, et il est devenu limpide aux yeux de Corinne Lepage, pour qui « le non-remplacement de “NKM” est tout un symbole de l’inutilité sarkozienne du ministre de l’Ecologie ».

Qu’il est loin, le temps où le président de la République (qui, rappelons-le, a signé le Pacte écologique de Nicolas Hulot) et ses troupes lançaient, la main sur le cœur et des objectifs à la pelle, le Grenelle de l’environnement, ce « new deal vert » qu’il serait certes profondément injuste de jeter tout entier à la poubelle mais qui n’a cependant pas tenu toutes ses promesses. Qu’il est loin, le temps où les ONG de protection de l’environnement croyaient peser dans le débat public, associées qu’elles étaient à l’élaboration des propositions. Qu’il est loin, le temps des discours élyséens enflammés.

Cinq ans plus tard, même si des avancées significatives ont été enregistrées (l’affiche environnemental par exemple), et même si la crise est passée par là, nul ne pourra décemment objecter que, sur le plan environnemental, la France est loin d’avoir rattrapé la totalité son retard sur certains de ses partenaires européens, l’Allemagne en particulier. Si souvent cités en exemples ces temps-ci, nos voisins d’outre-Rhin ont encore de la marge. Là-bas, le développement durable tient toujours une place de choix dans le débat public. Là-bas, le développement durable aura toujours droit à son ministère, quels que soient les concours de circonstances politiques.

Pendant deux mois et demi, c’est donc François Fillon qui expédiera les affaires courantes. Un Premier ministre avec lequel Jean-Louis Borloo a eu maille à partir lorsqu’il était ministre de l’Ecologie. Déçu de ne pas avoir été choisi pour lui succéder, ce dernier s’est en effet allègrement répandu dans la presse une fois le maintien de M. Fillon acquis, dénonçant les arbitrages très souvent défavorables de l’hôte de Matignon et, d’une manière générale, son absence de sensibilité environnementale.

A l’intéressé de lui donner tort par les actes. Pour que soit balayée la suspicion que, dans son esprit aussi, l’environnement, ça commence à bien faire.

Crédits photos : flickr / Luc Legay – Nathalie Kosciusko-Morizet
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