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Friands de la « médecine traditionnelle » à base de cornes de rhinocéros, les consommateurs vietnamiens mettent l’espèce en danger.
Il ne s’agit cependant pas de la première lubie des Asiatiques qui porte préjudice à la faune. Mains de gorilles « porte-bonheur », « vin de tigre » à base d’une poudre d’os censée être tonifiante pour le corps, carapaces de tortues pour des soins postnataux : la liste est longue et alimente un marché noir qui prospère au nez et à la barbe des autorités. Finalement à peine ébranlé par deux opérations « coup de poing » réalisées coup sur coup par Interpol cette année, ledit marché noir fait le bonheur de braconniers toujours plus organisés et qui s’en donnent à cÅ“ur joie dans les tueries d’animaux en tout genre.
Nouveau délice de la jeunesse huppée du Vietnam, la poudre de cornes de rhinocéros se sert diluée dans les boissons alcoolisées afin d’améliorer les performances sexuelles (!) et d’épargner des lendemains de soirées difficiles à celui qui ingurgite le doux breuvage. Elle serait aussi – surtout – un remède miracle contre le cancer et les revendeurs iraient jusqu’à se rendre dans les hôpitaux pour effectuer de bien morbides transactions… La poudre de cornes de rhinocéros est enfin un cadeau de luxe pour celui ou celle qui veut se faire bien voir des élites et s’utilise même comme monnaie informelle pour des achats de certains produits haut de gammes.
Une biodiversité qui périclite face à la bêtise humaine
La demande est en hausse constante et entraîne donc un redoublement d’ardeur dans le braconnage de l’espèce. Entre 1990 et 2005, « seulement » 14 spécimens en moyenne étaient abattus chaque année en Afrique du Sud. Le chiffre a hélas considérablement augmenté ces dernières années et l’an passé, ce sont quelque 448  rhinocéros qui ont été massacrés.
Tom Milliken, directeur du centre de surveillance du commerce de la faune en Afrique de l’Est et du Sud, a quant à lui confié à nos confrères du Guardian que « la corne de rhinocéros a atteint les plus hauts prix (qu’il ait) jamais vu dans toute (sa) carrière ». Et de dénoncer dans un rapport  des failles institutionnelles, un manque de lois véritablement efficaces en matière de protection de l’environnement ainsi que la corruption de certains hauts dignitaires peu scrupuleux.
Les autorités vietnamiennes, y compris les écologistes locaux, se sont également vus accuser de ne pas prendre la situation suffisamment au sérieux et de mener une politique de l’autruche incompatible avec les avertissements lancés par la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES).
Au total, faute d’une réelle coopération internationale, il est à craindre que les rhinocéros rejoignent à leur tour la trop longue liste des espèces disparues.

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