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Bilan
L’histoire retiendra sans doute que la première loi du Grenelle, par sa polyvalence et le long processus qui a conduit à son élaboration puis à son adoption, aura été l’un des événements majeurs du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Sa promulgation, quatre ans après l’adoption par le Parlement de la Charte de l’Environnement, marque en quelque sorte l’aboutissement de la mise au vert du pouvoir politique français.
Pluridisciplinaires quoique entièrement dévoués à l’écologie, ces « États Généraux » touchent tout le territoire, toute la société et tous ses acteurs sans exceptions notables. Ils sont en ce sens un acte fondateur.
Les menaces auxquelles sont confrontés, de près ou de loin, l’ensemble des écosystèmes, la dégradation générale de la situation environnementale et les pressions de certains lobbies de plus en plus puissants ont été les causes principales de cette entreprise gigantesque, inédite par sa dimension. À court, moyen ou long terme, pour peu qu’aucun imprévu majeur ne vienne bouleverser le cahier des charges ou amener les décideurs à modifier leur feuille de route, il devrait en découler des transformations pour certaines spectaculaires.
Ainsi qu’évoqué par ailleurs, les objectifs (de surcroît fixés dans un contexte de crise économique) sont quoi qu’il en soit résolument élevés. Trop aux yeux de certains sceptiques, qui parlent d’une galéjade et d’ « effets d’annonce » typiques de la présidence de Nicolas Sarkozy. Reste que plusieurs mesures sont déjà en application et que d’autres, nombreuses, entreront en vigueur avant fin 2012 ou à l’horizon 2020. Toutefois, la question des moyens financiers et humains se pose encore dans l’essentiel des dispositions du Grenelle de l’environnement.
Après avoir défini les domaines d’action, le gouvernement doit maintenant affiner sa réflexion, clore des débats, en lancer d’autres, trancher, étudier de nouvelles pistes, tester… Bref, agir, aussi bien en surface qu’en profondeur.
Le 16 juin dernier, le Boston consulting group a soumis à Jean-Louis Borloo une réflexion sur le portefeuille de mesures « Grenelle Environnement », lequel génèrerait quelque quatre cent cinquante milliards d’euros d’activité économique, essentiellement dans les secteurs du bâtiment, de l’agriculture, des énergies renouvelables, des transports et de la recherche. À terme, ce sont environ six cent mille emplois qui pourraient être créés, un chiffre qui à lui seul justifie le coût de ce « New Deal écolo » empreint de sagacité, monumental mais qui reste encore à monumenter.
L’avenir nous dira si ce qui se veut aussi être un formidable instrument de relance connaîtra un succès analogue à son aîné rooseveltien. Incontestable sur ses principes et extraordinairement ambitieuse, la première loi du Grenelle passe en tout cas par l’ecoresponsabilité de tous.
La volonté collective est une condition sine qua none pour que ce texte qui ambitionne de faire de l’écologie une composante incontournable de la société hexagonale ait valeur de régisseur. Elle est indispensable pour qu’il contribue à faire de la France ce que tout un chacun, par les temps difficiles qui courent, aimeraient qu’elle soit : un pays où les droits de l’environnement sont respectés.

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