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Le Grenelle de l’environnement continue de diviser

Le Grenelle de l'environnement continue de diviser
A la suite de la parution d'un rapport indépendant d'évaluation du Grenelle de l'environnement, des associations ont publié une « riposte » dans laquelle elles dénoncent une fois de plus les atermoiements et autres renoncements étatiques. Loin de faire l'unanimité, jugé défavorablement par la population, le chantier « vert » qu'a entrepris le gouvernement il y a trois ans a aussi donné lieu à une guerre de communication

Les associations sont décidément très remontées contre la politique écologique du gouvernement. En marge de la parution hier d’un rapport d’évaluation du « Grenelle », Greenpeace, Les Amis de la Terre, le Réseau action climat (RAC) France – déjà auteur d’une publication analogue il y a une dizaine de jours - et le Centre de recherche et d’informations pour le développement et la résistance à l’agression publicitaire ont publié un contre-bilan d’une quarantaine de pages.

À croire qu’elles n’ont toujours pas digéré. Le report sine die, d’aucuns diraient l’abandon de la contribution carbone, mur porteur d’une fiscalité « verte » toujours pas construite, a indéniablement laissé un goût acre dans la bouche des associations. L’ajournement de l’éco-redevance sur les poids lourds, le retard à l’allumage de l’étiquette environnementale et une deuxième loi du Grenelle objectivement moins ambitieuse que son aînée, d’où des réactions très mitigées à la suite de son adoption, font aussi partie de leurs griefs.

Ces multiples contretemps, des projets in fine abandonnés en cours de route et la révision à la baisse des avantages fiscaux liés aux travaux de rénovation écologique, quand bien même elle n’irait selon le ministère de l’Écologie pas de pair avec l’arrêt du développement des énergies « propres »,  expliquent la perception résolument négative qu’ont les associations de défense de l’environnement – et la majorité de la population – de ce dont Nicolas Sarkozy voulait qu’il soit un « new deal écologique ». La « riposte » publiée sur la Toile hier est en quelque sorte un condensé des déceptions accumulées ces derniers mois. Interrogé par nos confrères du Monde, Stéphen Kerckhove, délégué général de l’association Agir pour l’environnement et auteur de l’ouvrage à charge Grenelle de l’environnement, histoire d’un échec, est tout aussi amer.

« (Les reculs) peuvent parfois apparaître comme anecdotiques, en étant thématiques, mais additionnés, ils font du Grenelle de l’environnement un échec », a-t-il notamment déclaré au quotidien. Un jugement pour le moins tranché au regard des succès bien réels de cette gigantesque entreprise, laquelle n’a cependant pas bénéficié aux dires de nombre de ses détracteurs de la volonté politique constante qui s’imposait et qu’elle méritait.

« Le gouvernement a multiplié les coups de canif [...] Les engagements de la loi Grenelle I [...] sont restés sur le papier et n’ont jamais été appliqués », ajoute M. Kerckhove, qui assimile la deuxième loi du Grenelle à une « boîte à outils qui n’a abouti à aucune décision ». Et de comparer le Grenelle de l’environnement à « un simple label », tout en soulignant que « les associations ont eu le sentiment d’avoir été instrumentalisées ». « Occasion manquée » selon lui, le chantier « vert » initié par le gouvernement mi-2007 est a contrario un succès selon le rapport indépendant d’évaluation remis hier à Jean-Louis Borloo.

« La dynamique est en marche »

Rédigé par un comité d’évaluation comprenant le vice-président du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) Jean Jouzel, le sénateur UMP Jean-François Le Grand, le professeur Alain Grimfeld et la présidente de l’agence de notation sociale Vigeo Nicole Notat, il balaie l’accusation d’effets d’annonces et de communication mensongère régulièrement formulée par les ONG. D’après ledit comité, « la dynamique (du Grenelle de l’environnement) est en marche », plus des trois quarts des engagements pris depuis octobre 2007 sont désormais « réalisés » ou « en cours de réalisation » et « 96 % des démarches ont été engagées ». Pas si mal pour un gigaprojet dont les associations circonspectes soutiennent mordicus qu’il a été réduit en cendres par ses hérétiques instigateurs.

Ce « pointage » d’une trentaine de pages qui est aussi le fait du cabinet d’audit Ernst & Young « fait le point, thématique par thématique, sur les actions engagées ces trois dernières années en matière de gouvernance, d’énergie et de climat, de politique des déchets, de gestion des risques… », a résumé le ministère dans son communiqué.

Crédit photo : Wikimedia Commons – Jeff McCauley / Albé / Fr. Latreille

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  • alain b

    Je trouve les associations très dures avec le Grenelle, qui dans mon esprit reste un acte fondateur. Alors certes il y a eu des ratés, sans doute le gouvernement n’a-t-il pas fait ou pu faire tout ce qu’il voulait en 2007 mais il y a aussi (surtout ?) des avancées objectives. Comme souvent dans pareils cas je crois que la vérité se situe entre les deux. Le désaveu de la population française et des ONG doit cependant faire réfléchir les autorités, même si je le trouve trop radical et le soupçonne fondamentalement lié à la perception négative de la politique de Sarkozy dans sa globalité. Tout le monde ne fait hélas pas la part des choses et nombreux sont ceux qui se fourvoient dans des amalgames en l’occurrence préjudiciables à l’action environnementale. Dommage…