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Le grand déballage vert de Wikileaks (1/2)

Le grand déballage vert de Wikileaks (1/2)
Wikileaks a révélé une partie des dessous de l'élaboration de la position américaine lors du sommet de Copenhague. Sensations garanties pour le lecteur

Le site détenait aussi de nombreux documents relatifs aux tractations sur le climat. Certains sont de véritables pépites.

S’il est un média qui ne peut être accusé de rétention d’informations, c’est bien celui-ci. À l’origine d’un séisme diplomatique sans précédent, les fuites de Wikileaks continuent de faire couler beaucoup d’encre et pendant que nos confrères philosophent l’opinion publique internationale balance entre malaise et délectation.

« Les fuites ne sont jamais qu’un exutoire de remplacement dans une démocratie qui fonctionne mal », écrivait Jean-François Revel dans L’Express du 25 septembre 1972. Trente-huit ans après, ils sont sans doute des millions à penser comme lui aux quatre coins de la planète et à déplorer que le débat porte d’abord sur la façon dont l’inavouable a été révélé et sur la provenance des informations. Leur teneur ne devrait-elles pas prévaloir ?

Il a en tout cas beaucoup été question de politique ces derniers jours. La politique qui stimule la voracité et le voyeurisme des foules, avec ses coups de poignard dans le dos, ses off inquiétants au premier degré et bien plus savoureux au deuxième, ses manoeuvres motivées par la sacro-sainte raison d’État et ses cacophonies internes. On dirait un roman de Tom Clancy, à ceci près que l’URSS n’est plus et que les thématiques « vertes » ont elles aussi droit à leur chapitre.

Comme on pouvait s’y attendre vu leur importance grandissante au sein de la communauté internationale, les négociations climatiques ont en effet elles aussi fait l’objet d’investigations approfondies et ont leur part de révélations croustillantes.

La France « endormie » par les États-Unis

On a notamment appris la semaine dernière que la France était particulièrement circonspecte au sujet des propositions émises par les États-Unis dans les semaines qui ont précédé le sommet de Copenhague (Danemark) , lequel a abouti au naufrage que l’on sait. D’après l’ambassadeur américain à Paris, Charles Rivkin, les officiels français étaient partagés sur la réponse à donner à l’engagement de la Maison Blanche de réduire de 17 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’horizon 2020 par rapport à leur niveau de 2005.

Un objectif insuffisamment ambitieux aux yeux de Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’Écologie, favorable à des chiffres basés sur l’année 1990 et bien placé pour parler du désintérêt prononcé de la précédente administration vis-à-vis des considérations environnementales. Quant au Quai d’Orsay, il aurait mis un point d’honneur à éviter les tensions avec la secrétaire d’État Hillary Clinton, amadoué qu’il était aussi par la rhétorique rassurante alors d’usage outre-Atlantique. Washington avait ainsi martelé que les lois étaient bien appliquées et que par conséquent une loi sur le climat n’était pas indispensable pour que le pays avance enfin sur la question de la hausse des températures…

L’Allemagne aussi…

L’Allemagne se serait également laisser « enfumée », plaidant de son côté pour un leadership américain sur le bloc occidental réellement suicidaire face à celui des pays émergents, « portés » par une Chine et une Inde fort peu désireuses de se laisser dicter leur conduite (NDLR : D’après le député américain William Weinstein l’Empire du Milieu n’était par ailleurs pas disposé à chiffrer ses engagements en termes de diminution des rejets carbone. Il escomptait d’abord présenter à Copenhague un « package » de propositions sur l’énergie nucléaire, les technologies « propres » et la reforestation).

« Berlin a commencé à évoquer le sommet comme une étape dans un processus plus large – un cadre juridique contraignant – et semble préparer l’opinion publique à l’issue la moins ambitieuse », corrobore une note rédigée pendant la visite de Mme Clinton à Berlin à l’occasion du vingtième anniversaire de la chute du Mur et mentionnée par nos confrères du New York Times.

Exactement le point de vue défendu bec et ongles par Barack Obama and co dans la capitale danoise… L’Union Européenne (UE) ayant d’abord envisagé tout autre chose, il n’y a pas loin à tenir l’Allemagne pour l’une des grandes responsables de l’éclatement de la position continentale.

L’Arabie Saoudite dans le viseur

Comme un pays ne peut être tout blanc ou tout noir dans pareilles circonstances, il semblerait enfin que la première puissance économique du monde « (ait) pressé l’Arabie Saoudite (NDLR : premier producteur mondial de pétrole) pour qu’elle adresse un engagement formel aux Nations Unies d’acceptation du Pacte climatique de Copenhague», révèle un autre mémo.

Les officiels saoudiens s’étaient précédemment dits « très inquiets parce qu’un traité sur le changement climatique pourrait réduire les revenus du pays au moment où ils doivent faire face à d’importantes dépenses pour diversifier leur économie ». « Le roi ne veut pas que l’Arabie Saoudite ait seule le mauvais rôle, tout particulièrement sur les questions environnementales », a également écrit l’ambassadeur américain à Riyad, James Smith, à Mme Clinton.

En bonne négociatrice, celle-ci a réussi à calmer le jeu. Reste que les assertions de M. Smith démontrent si besoin était que le royaume ne lâchera pas de sitôt l’or noir qui a fait et fera encore – mais pour combien de temps ? – sa richesse. Il ne s’est d’ailleurs pas formellement associé au texte élaboré en bout de course au Danemark mais a poussé le vice jusqu’à solliciter un fonds d’adaptation (!), arguant d’une montée des eaux menaçante non pour sa population mais pour ses puits de pétrole offshore. Un voeu pour le moins culotté auquel l’Oncle Sam, rappelant judicieusement que ce type de fonds est réservé aux pays pauvres, n’a pas accédé. Les liens d’amitié entre les nations ont donc fort heureusement leurs limites, même si le torrent déversé par Wikileaks est essentiellement constitué de boue.

Crédits photos : Picasaweb – Eric Bourguignon / flickr – Keven Law / Werner Kunz / Wikimedia Commons – Ammar Shaker
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  • tequilou

    détails croustillants, c’est fou!

  • mick

    J’attends avec impatience le 2/2…

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