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Le Forum mondial de l’eau consacre l’aide de la France à l’Afrique et à Gaza

Le Forum mondial de l'eau consacre l'aide de la France à l'Afrique et à Gaza
L'Afrique subsaharienne a le plus faible niveau d'accès à l'eau potable au monde

Le Premier ministre François Fillon a ouvert hier à Marseille (Bouches-du-Rhône) la sixième édition du Forum mondial de l’eau.

Déjà source de tensions, notamment en Asie, en Afrique et au Proche-Orient, et rendu encore plus incertain par le réchauffement climatique, l’accès à l’eau potable doit être une priorité alors que la Terre pourrait, dixit la plupart des démographes, compter neuf milliards d’habitants en 2050. Cette perspective, combinée aux faits « qu’entre un et quatre milliards de personnes ne bénéficient toujours pas d’un accès satisfaisant à une eau de bonne qualité » et que « l’eau est un facteur essentiel d’amélioration de la santé et de l’éducation des populations », justifie amplement un Forum mondial, lequel constitue « une occasion unique de dialogue et de mobilisation sur les défis de l’eau et de l’assainissement dans le monde », a estimé Matignon dans son dossier de presse. Et de déplorer, lucidement, même s’il existe actuellement « vingt-six agences et programmes des Nations Unies aujourd’hui membres d’ONU-Eau, le mécanisme de coordination mis en place en 2003 », que l’eau soit traitée « en mode mineur » sur la scène internationale et n’occupe pas la place qu’elle mériterait au sein des Nations Unies.

La création d’une organisation mondiale de l’environnement pourrait permettre d’inverser la tendance. Lancée par Jacques Chirac, reprise depuis par Nicolas Sarkozy et appelée de ses voeux hier par le chef du gouvernement français, l’idée ne fait cependant pas l’unanimité, plusieurs pays, sous couvert du caractère transversal des sujets ayant trait à l’écologie, ayant affirmé leur opposition à la mise en place d’un tel organisme. Autre avancée que Paris juge essentielle : l’entrée en vigueur de la Convention des Nations Unies de 1997 sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eaux internationaux à des fins autres que la navigation. Paraphée par vingt-cinq pays, elle nécessite trente-cinq signatures pour pouvoir entrer en vigueur. Ladite convention « doit permettre, en renforçant la coopération entre les États, de garantir un accès équitable à l’eau dans les bassins transfrontaliers et de mieux protéger la ressource et les écosystèmes, notamment contre les pollutions venant de l’amont », a rappelé Matignon, pour qui il faut à présent « passer d’une logique de gestion de l’eau basée sur les frontières administratives à une logique de gestion par bassins », étant entendu qu’à peine « 40 % des bassins transfrontaliers bénéficient aujourd’hui d’accords de gestion coopérative ». Et qu’une fois entrée en vigueur, elle « dotera les bassins transfrontaliers d’un socle commun de normes et de règles de base régissant la coopération entre les États ».

En attendant, la France semble mettre un point d’honneur à balayer devant sa porte, les prélèvements pour la production en eau potable et ceux liés aux activités industrielles nationales ayant respectivement diminué de 6 (depuis 2005) et 20 % (depuis 1999), tandis que le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) prévoit une économie de 20 % d’eau prélevée à l’horizon 2020. Comment ? « À travers l’action des Agences de l’eau, des programmes de détection et réduction des fuites dans le réseau et d’aide à la récupération des eaux de pluie ou des eaux usées », a résumé Matignon.

« Ce dont nous avons besoin, c’est d’une véritable gestion durable de l’eau »

L’Hexagone ne fait cependant pas dans l’auto-centrisme, étant l’un des principaux bailleurs internationaux pour l’eau potable et l’assainissement, « principalement à travers l’action de l’AFD (Agence française de développement) », qui engage chaque année environ six cents millions d’euros dans ce secteur, dont plus de la moitié à destination de l’Afrique subsaharienne, laquelle a il est vrai le plus faible niveau d’accès à l’eau potable au monde. À l’occasion du Forum, la France a par ailleurs officialisé le déblocage d’une enveloppe de quarante millions d’euros en faveur de l’Initiative pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement en milieu rural (IAEAR), lancée en 2005 par la Banque africaine de développement (BafD) dans le but d’établir un cadre commun pour la mobilisation des ressources et des investissements, et qui a depuis fait ses preuves. En fin d’année dernière, on dénombrait en effet trente et un programmes lancés dans vingt-trois pays, plus de trente-trois millions de personnes qui ont pu bénéficier d’un accès à l’eau potable par son biais et vingt-millions à l’assainissement.

Dans la Bande de Gaza, zone chroniquement instable et où « seule 5 à 10 % de l’aquifère correspond aujourd’hui aux standards de qualité de l’eau potable » aux dires de la Banque Mondiale, dont les services du Premier ministre ont repris l’estimation, Paris soutient par ailleurs la construction d’une vaste usine de dessalement d’eau qui doit permettre d’améliorer l’accès à l’eau potable pour un million six cent mille personnes. Premier projet labellisé par les quarante-trois États membres de l’Union pour la Méditerranée en juin dernier, ce complexe dont le coût a été évalué à trois cent dix millions d’euros et qui devrait être opérationnel à compter de 2017 sera financé à hauteur de 50 % par les pays du Golfe Persique. Constituant « une opportunité de développement économique durable et de créations d’emplois », il apparaît capital dans une région où « les captages sont trop sollicités et ne sont plus en capacité de se régénérer » et où « les infiltrations d’eau de mer induisent une salinité croissante qui rend l’eau impropre à la consommation ». La France s’est engagée à allouer dix millions d’euros à ce beau projet, une fois sa faisabilité formellement démontrée.

« L’eau est un enjeu de développement, mais l’eau est aussi un enjeu écologique, et on ne peut pas dissocier ces deux enjeux », a rappelé M. Fillon hier dans son discours d’ouverture. Et de poursuivre : « On n’a pas le droit de dissocier ces deux enjeux. On ne peut pas poursuivre l’ambition de l’accès universel à une eau saine sans chercher en  même temps à préserver notre environnement des dégradations qui le menacent. Les pollutions et les effets du changement climatique – les sécheresses, les inondations plus nombreuses, plus imprévisibles – sont des paramètres déterminants dans la pression qui pèse sur la ressource en eau […] Ce dont nous avons besoin, c’est par conséquent d’une véritable gestion durable de l’eau ».

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Crédits photos : flickr / Sustainable sanitation – Luke Addison
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