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Le développement durable, chronique d’une doctrine devenue incontournable

Le développement durable, chronique d'une doctrine devenue incontournable
La justice sociale, la préservation de l'environnement et le progrès économique sont les trois préoccupations majeures du développement durable

C’est une expression qui fait désormais partie intégrante de notre quotidien. Une succession de deux termes concrets à connotation positive qui, avec l’importance croissante des préoccupations environnementales, est devenue l’une des composantes majeures du XXIe siècle.

André Malraux voyait juste quand, avec une quarantaine d’années d’avance, il annonça que « le XXIe siècle (serait) religieux ou ne (serait) pas ». L’ancien ministre de la Culture ne pouvait cependant imaginer qu’il allait être aussi, les plus optimistes diraient surtout, celui du développement durable. Et pour cause : les notions d’écoresponsabilité et d’écocitoyenneté n’existaient pas encore.

D’autres prophéties, moins énigmatiques et plus catastrophistes, et des millions de tonnes de CO2 rejetées dans l’atmosphère plus tard, la donne n’est plus la même. Depuis, la situation de la planète s’est sensiblement dégradée, comme en témoignent, pour ne citer que ces périls-là, la pollution des nappes phréatiques, le nombre croissant d’espèces menacées d’extinction et la montée des eaux. Parce que cette aggravation est semble-t-il – la prudence doit, du moins sur certaines évolutions dommageables, rester de mise – d’abord le fait de l’homme et de ses excès, il convenait d’instituer un crédo écologique à même de faire consensus.

Le rapport Bruntland, acte fondateur

Telle est la justification historique du développement durable, vertueuse et triomphante doctrine qui, aujourd’hui, concerne toutes les strates des sociétés occidentales ou presque. Si quelques alterécologistes et autres intellectuels voient en elle le nouvel opium du peuple bobo, elle est cependant inscrite dans la Constitution française depuis l’adoption de la Charte de l’Environnement par le parlement le 28 février 2005. L’article VI de ce texte fondateur stipule en effet que « les politiques publiques doivent promouvoir le développement durable ».

Les préceptes de cette ambition globale mais qui a d’abord vocation à réduire les inégalités sociales tout en préservant l’environnement ont été arrêtés en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, dans son rapport solennellement baptisé « Notre Avenir à Tous ». Cette commission était présidée par la Norvégienne Gro Harlem Bruntland (1939 – ), ancienne ministre de l’Environnement, Premier ministre, directrice de l’OMS de 1998 à 2003 et formalisatrice d’un idéal in fine réalisable, aujourd’hui incontournable et somme toute très peu contesté.

Car, vingt-trois ans plus tard, même si la justice sociale, la préservation de l’environnement et le progrès économique ont entretemps été intégrés dans la logique « verte » (au point d’en devenir les piliers), même si les crises environnementales et sociales du XXIe siècle ont depuis rendu moins évidente la satisfaction actuelle des besoins, il est encore ce « développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » que soutiennent vigoureusement des dizaines de millions d’écolaudateurs.

Le rapport Bruntland précise que « deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir ».

Illusoire dessein pour certains, aspiration aussi noble qu’applicable pour d’autres, notamment pour certaines administrations aujourd’hui au pouvoir, le développement durable implique d’appréhender la question de l’évolution planétaire dans sa globalité. Les instigateurs du Club de Rome – un groupe de réflexion constitué d’économistes, de scientifiques et de fonctionnaires nationaux et internationaux fondé en 1968 et qui, depuis 2007, siège à Zurich (Suisse) – ne pensaient pas autrement. Ce sont eux, du reste, qui les premiers ont placé (et relié) les notions d’empreinte écologique et de développement durable sur le devant de la scène (NDLR : Même si la notion de « développement durable », traduction de l’anglais « sustainable development », n’a officiellement fait son apparition dans le « Who’s who idéologique » que huit ans plus tard, dans un rapport de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) intitulé « La stratégie mondiale pour la conservation »).

En 1971, le cénacle a publié un rapport déterminant, The limits to growth (« Les limites de la croissance »), qui effectuait des projections jusqu’en 2100 et augurait d’une réduction des populations en raison de l’appauvrissement des sols cultivables, de la pollution et de la raréfaction des énergies fossiles (pétrole, etc.) (NDLR : Réactualisée en 2004 par ses auteurs, cette étude par ailleurs largement décriée constitue une référence pour nombre d’écologistes). L’idée d’un mode de fonctionnement alternatif susceptible d’englober l’ensemble des problématiques écologiques, quoique encore très minoritaire et sous-entendue, commençait alors à faire son chemin.

Local, national et international

L’année suivante, la conférence des Nations Unies sur l’environnement humain – qui s’est déroulée à Stockholm (Suède) et a été considérée a posteriori comme le premier Sommet de la Terre – a consacré la nécessité de préserver l’environnement. Le deuxième sommet de la Terre, à Rio de Janeiro (Brésil), a eu lieu en 1992. Via entre autres la création de l’Agenda 21, il a contribué à préciser et accessoirement à asseoir la médiatisation du concept de développement durable.

L’adoption en mai 1994 de la charte d’Aalborg, elle, a abouti – à l’échelle continentale – à la création de « villes durables », entités régulées par le développement durable et l’urbanisme écologique (NDLR : Ce processus de « verdisation » des municipalités a depuis été entériné par l’apparition des « écoquartiers », qui tendent aujourd’hui à se généraliser dans de nombreux pays d’Europe occidentale). Le Sommet de la Terre de Johannesburg, en 2002, a enfin étendu le concept de développement durable aux entreprises et aux collectivités.

Tant et si bien qu’aujourd’hui, cette doctrine révolutionnaire – n’ayons pas peur des mots – se décline partout. Un État qui prend des mesures pour diminuer ses émissions de gaz carbonique, une entreprise qui réduit son empreinte carbone et un propriétaire qui installe des panneaux solaires sur le toit de sa maison participent en effet, chacun à leur échelle, au respect de l’environnement, lequel tend désormais à ne plus faire qu’un avec le développement durable.

Promulguée en juillet 2009, la première loi du Grenelle de l’environnement a institué une « Stratégie nationale du développement durable ». Son adoption à la quasi-unanimité ne saurait masquer des divergences au sujet de son application mais, en l’an 2010, nul (ou presque) dans la sphère politique française ne conteste la légitimité et la viabilité de ce principe qui tend aujourd’hui à régir l’agriculture, l’économie, le social, la technologie et bien d’autres domaines.

Le système communiste a vécu, laissant le champ libre à un capitalisme imparfait qui n’a que très tard accordé aux enjeux écologiques l’importance qu’ils méritaient. Certains détracteurs du développement durable estiment qu’il est devenu son principal serviteur. Ce concept n’en ambitionne pas moins un rôle de passerelle en se proposant de concilier compétitivité économique, optimisation des ressources, management et ménagement de la nature. Il a aussi contribué à créer une forme de déontologie écologique et à favoriser l’émergence d’une conscience environnementale auprès d’acteurs qui n’apparaissaient jusque là pas nécessairement préoccupés.

À ces titres, quelles que puissent être ses limites et ses possibilités réelles d’application, certains esprits verts avant l’heure ont été inspirés de donner corps à ce que tout un chacun normalement constitué souhaite au fond de soi.

Crédit photo : Flickr - jean-louis zimmermann
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