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C’est la suite « logique ». L’acte II. Aux deux journées intenses de la Conférence environnementale, cet autre « new deal vert », mais dont les initiateurs assurent qu’il n’est pas ni ne deviendra un « Grenelle de gauche », va bientôt succéder un grand débat national sur la transition énergétique qui se divisera en trois grandes étapes.
Pour l’heure, on sait que la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) cessera ses activités fin 2016, conformément à l’engagement pris par François Hollande durant la campagne présidentielle, et que la porte demeure fermée pour une extraction des hydrocarbures de roche-mère par le biais de la fracturation hydraulique. On sait également depuis ce week-end qu’un appel d’offres gouvernemental portant sur l’énergie solaire sera bientôt lancé.
Dédié aux grandes installations, il est voué à redynamiser une filière que la concurrence chinoise et le moratoire de trois mois sur les projets de plus de trois kilowatts crête (KWc) – imposé l’an passé par le précédent gouvernement, à l’origine de la suppression de milliers d’emplois, essentiellement dans les PME, et qui a précédé la mise en Å“uvre d’un nouveau cadre de développement loin de contenter les professionnels du secteur – ont rendu moribonde, voire exsangue. L’éolien offshore sera lui aussi soutenu via un autre appel d’offres gouvernemental, lancé d’ici la fin de l’année et qui concernera les sites du Tréport (Seine-Maritime) et de Noirmoutier (Loire-Atlantique), tandis que son pendant onshore bénéficiera d’une simplification et d’un allègement des procédures de planification que les acteurs de la filière réclamaient depuis de longs mois.
L’énergie durable et les économies d’énergie – à ce sujet, Paris a réitéré son souhait de procéder à la rénovation thermique d’un million de logements par an – feront bien sûr partie intégrante de la transition énergétique. Le débat à venir va toutefois préciser la place qu’elles occuperont dans ce chantier, qui suppose des investissements et des moyens logistiques considérables. Son calendrier, lui, a été présenté hier en conseil des ministres par la ministre de l’Ecologie Delphine Batho. « Ce débat sera organisé dans un souci d’efficacité environnementale, d’efficacité économique et de justice sociale. Une attention particulière sera portée aux enjeux sociaux et économiques des transitions industrielles et professionnelles ainsi que des reconversions territoriales », a-t-elle détaillé, citée par nos confrères du site Internet Actu-environnement.com.
« La vraie transition sera engagée quand on parlera de sortie du nucléaire et de la fin de notre dépendance aux fossiles » (Greenpeace)
Concrètement, le débat sera animé par quatre grandes instances : un comité national d’organisation, une commission nationale composée des six collèges invités à la Conférence environnementale (État, collectivités territoriales, employeurs, salariés, associations et parlementaires, ce dernier ayant été institué par l’Elysée) qui assurera « un dialogue avec les entreprises concernées », un comité d’experts scientifiques et un comité citoyen. Il débutera en outre en novembre par une phase d’information qui prendra fin le mois suivant.
A cette phase succèdera une phase d’information, « au plus près des citoyens » et qui commencera en janvier 2013 pour s’achever trois mois plus tard. « Pendant cette phase, les régions pourront constituer des conférences régionales de l’énergie permettant de mettre en cohérence l’ensemble des initiatives territoriales », a précisé Mme Batho. Quant à la troisième et dernière étape du débat, prélude à un projet de loi de programmation qui sera déposé en juin prochain et devrait être adopté sans difficultés dans la mesure où la gauche est nettement majoritaire au Parlement, elle débutera en mai et consistera en une synthèse et en l’élaboration de recommandations.
Les associations de protection de l’environnement auront naturellement leur mot à dire. Greenpeace en particulier a prévenu : « Nous resterons vigilants sur la mise en adéquation des moyens et financements avec les objectifs sur le logement, sur les renouvelables, l’efficacité, les transports, etc ». « La vraie transition sera engagée quand on parlera de sortie du nucléaire et de la fin de notre dépendance aux fossiles », a-t-elle ajouté.
Le débat national sur la transition énergétique risque donc de laisser l’ONG sur sa faim.

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