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Le débat national sur la transition énergétique abordera la question des gaz de schiste

La France finira-t-elle par exploiter ses gaz de schiste ?
Arnaud Montebourg et les gaz de schiste, une grand histoire...

C’est en tout cas ce qu’a déclaré le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

Ce n’est pas une nouveauté : partisan de ménager les intérêts – et les susceptibilités – de la filière nucléaire au nom de la compétitivité et de la défense de l’emploi, Arnaud Montebourg est aussi un authentique « schistocrate ». De quoi s’attirer les foudres des responsables d’EELV (Europe Écologie-Les Verts) et des associations de protection de l’environnement, hostiles à l’exploration et fatalement à l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère dans nos frontières au nom du principe de précaution.

Le ministre du Redressement productif avait semé le trouble au début de l’été, sous-entendant que le dossier des gaz de schiste pourrait être rouvert si d’aventure des techniques « propres » d’extraction étaient mises au point. Interdite en France depuis l’adoption de la loi Jacob l’année dernière en raison de ses dommages écologiques (avérés ou supposés), la fracturation hydraulique demeurerait la seule viable aujourd’hui.

Les anti-gaz de schiste restent néanmoins sur leurs gardes en raison pèle-mêle du maintien de nombreux permis d’exploration (NDLR : les sept dont François Hollande a réclamé officiellement l’abrogation en septembre durant la Conférence environnementale ne sont par ailleurs pas encore interdits), des fortes pressions de dirigeants influents à l’échelle européenne et de l’ambiguïté entretenue au plus haut niveau de l’État.

« Concilier performance et compétitivité de l’économie et transition énergétique »

Car si la proposition de l’ex-PDG d’EADS Louis Gallois de laisser la porte ouverte à des forages scientifiques et à des méthodes d’exploitation alternatives a très tôt été rejetée par Jean-Marc Ayrault, François Hollande a de son côté encouragé il y a une dizaine de jours, en marge d’un déplacement en Pologne, les pétroliers français à investir dans l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère à l’étranger. Un peu plus tôt, la Commission des affaires économiques du Sénat avait demandé à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques d’étudier des solutions alternatives, à la grande satisfaction de MM. Gallois et Montebourg, mais aussi de la présidente du MEDEF (Mouvement des entreprises de France) Laurence Parisot.

Ce même M. Montebourg, quelques jours après ses déclarations fracassantes au sujet de l’entreprise Mittal, invitée à quitter la France, en a remis une couche sur les gaz de schiste hier, veille de l’ouverture du grand débat national sur la transition énergétique. D’après le ministre, la recherche de technologies « propres » pour les extraire fera en effet partie intégrante des discussions.

Il faut « concilier performance et compétitivité de l’économie et transition énergétique », a-t-il estimé lors d’un colloque organisé par l’Union française de l’électricité, cité par nos confrères de l’AFP, rappelant que la France et les autres grandes puissances mondiales sont « embringuées dans une guerre économique ». « La bataille pour la compétitivité nécessite que nous ayons en tête que dans les facteurs de coûts de production, il y a aussi le prix de l’énergie », a-t-il ajouté, assurant que les pouvoirs publics travaillent « à imaginer une nouvelle génération de technologies propres qui permettraient d’extraire (les gaz de schiste) sans abîmer (l’environnement) ».

Total et consorts apprécieront. Les environnementalistes beaucoup moins.

Crédit photos : flickr - jyc1 / Wikimedia Commons – Karol Karolus
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