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Qualifié pour la finale de la Ligue des Champions au terme d’une double confrontation d’anthologie qui l’a vu faire tomber le FC Barcelone, immense favori de la compétition, vainqueur de la Cup, le Chelsea Football Club termine en boulet de canon une saison tumultueuse. L’équipe pourrait être bouleversée à l’intersaison. Quant à la légendaire arène de Stamford Bridge, son avenir à moyen terme est incertain…
Chelsea, c’est l’histoire d’un des clubs les plus mal-aimés d’Angleterre. Son nom est depuis quelques années associé à celui d’un milliardaire sulfureux, parfois capricieux, toujours exigeant, le Russe Roman Abramovitch, qui pour pléthore d’observateurs lui a fait perdre son âme à grands renforts de pétrodollars (d’où le surnom de « Chelski »).
La colonne vertébrale des Blues n’en a pas moins fière allure, avec un Petr Cech généralement impeccable aux « cages » et ô combien reconnaissable de par le casque de protection qu’il est obligé de porter depuis une grave blessure, un John Terry et un Frank Lampard retrouvés depuis l’éviction d’André Villas-Boas au profit d’un entraîneur italien profane (mais qui a joué à Chelsea), Roberto Di Matteo, et un Didier Drogba impressionnant de rage de vaincre et d’efficacité malgré ses trente-quatre printemps.
Le stade, lui, est l’antre du club depuis 1905 et peut accueillir plus de quarante mille spectateurs. Une capacité insuffisante aux yeux de M. Abramovitch, lequel a fait part de son souhait d’agrandir l’enceinte pour la porter à cinquante-cinq mille places.
Ce dessein pourrait toutefois ne pas aboutir dans la mesure où, comme celle d’Arsenal avant elle, la direction de Chelsea aspire à prendre ses quartiers ailleurs, en l’occurrence sur le terrain de l’ancienne centrale électrique de Battersea, véritable « temple » londonien des énergies fossiles, fermée en 1983, située de l’autre côté de la Tamise et dont les quatre cheminées blanches ne passent pas inaperçu. Un terrain qu’elle ambitionne de racheter pour ensuite y faire construire un nouveau stade, de soixante mille places celui-ci, donc plus conforme au standing actuel du club.

Quid du développement durable dans le projet de Chelsea ?
Imposante structure en briques rouges également connues des fans de Pink Floyd (NDLR : Le groupe l’a choisie comme couverture pour son album Animals, sorti en 1983), Battersea ne serait pas démantelée pour autant. Le club a en effet indiqué dans un communiqué vouloir préserver la centrale et incorporer les quatre cheminées précitées dans sa conception afin que son hypothétique future antre soit « (l’une) des plus reconnaissables au monde ».
Il a par ailleurs concédé ne pas être sûr de « parvenir à ses fins », étant entendu que d’autres candidats au rachat de ce vaste terrain se sont manifestés et que la municipalité, qui peut néanmoins encore changer d’avis, estime que le réaménagement ne saurait être initier par les responsables d’un club de football, aussi imaginatifs soient-ils. À quelques semaines de l’ouverture des Jeux Olympiques d’été, réfléchit-elle à un projet plus green ?
Fraîchement réélu, le fantasque (mais néanmoins conservateur) maire Boris Johnson n’a pas ménagé sa peine pour « verdir » sa ville. Il n’a aucune raison de s’arrêter en si bon chemin.

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