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Le Canada lance la 1ere usine marémotrice d’Amérique du Nord

Certains spécialistes parlent d’un tournant dans le secteur des énergies renouvelables nord-américain. Et pour cause, le Canada vient de mettre en service la première usine marémotrice d’Amérique du Nord. Située dans la baie de Fundy, en Nouvelle-Écosse (sur la côte Est du Canada), cette usine marémotrice va désormais produire de l’électricité propre pour près de 500 foyers grâce à la seule force des courants marins. Et démontrer ainsi la fiabilité de l’énergie renouvelable marémotrice qui présente l’avantage de ne pas être intermittente. Explications.

Une centrale marémotrice permet de valoriser énergétiquement le phénomène de marée induit par l’effet gravitationnel de la lune et du soleil sur l’océan : il s’agit en effet d’exploiter l’énergie des marées dans les zones où il existe une importante différence entre la hauteur de l’eau à marée basse et la hauteur de l’eau à marée haute. Concrètement, le fonctionnement d’une usine marémotrice repose la construction d’un barrage dans une baie ou un estuaire afin de créer une réserve d’eau artificielle. Cette eau est turbinée deux fois, selon le principe des vases communicants : une fois lorsque la marée est haute et que le réservoir se rempli, puis une seconde fois à marée basse lorsque le réservoir se vide.

C’est cette technologie renouvelable qui est au cœur du projet de l’usine marémotrice de la baie de Fundy. La construction et le déploiement de cette nouvelle installation de production d’électricité ont été menés par le consortium Cape Sharp Tidal, qui réunit l’énergéticien d’Halifax Emera et le constructeur français OpenHydro. Ce dernier, filiale du constructeur naval tricolore DCNS, a notamment mis au point la turbine en charge de valoriser l’énergie contenu dans les courants marins.

OpenHydro a déposé son énorme turbine de 1.000 tonnes au fond du détroit du bassin des Mines, le 7 novembre dernier. L’engin d’une puissance unitaire de 2 MW a désormais pour seule fonction de turbiner l’eau qui transite par ce canal sous-marin lors des mouvements de marée. La baie de Fundy est d’ailleurs réputée pour la force de ses marées, dont l’amplitude dépasse régulièrement les 20 mètres. En 2009, un précédent prototype de turbine de 400 tonnes avait été détruit par l’incroyable puissance du courant de la baie.

“C’est la première fois que l’énergie des marées est connectée au sol nord-américain, et nous savons que le monde nous regarde car les marées de la baie de Fundy sont les plus puissantes du monde”, a déclaré Michel Samson, ministre de l’Énergie, après avoir connecté la première usine marémotrice d’Amérique du Nord au réseau électrique canadien. Le raccordement de la toute première turbine marémotrice d’Amérique du Nord ne constitue cependant que la première étape d’un projet plus vaste. Une seconde turbine doit en effet être installée au fond de la baie de Fundy d’ici l’année prochaine.

Le gouvernement canadien estime que ce détroit affiche un potentiel énergétique de plus de 7.000 MW. L’exploitation de ce potentiel énergétique grâce à des installations marémotrices permettrait d’éviter de brûler quelques 2.000 tonnes de charbon, et donc d’éviter l’émission de 6.000 tonnes de gaz à effet de serre.

Le potentiel mondial de l’énergie marémotrice est actuellement peu exploité. La France possède une usine sur la Rance, en Bretagne, depuis 1966. Une installation “conçue comme un prototype destiné à tester la résistance des matériaux à l’eau salée” mais qui est pendant longtemps restée une des deux seules usines marémotrices au monde avec celle de Shiwa, en Corée du Sud.

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