NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Le bois raméal fragmenté, l’avenir de l’agriculture ?

Le bois raméal fragmenté, l’avenir de l’agriculture ?

Le bois raméal fragmenté, dit « BRF », est peut être la solution pour un secteur agricole aujourd’hui en grande difficulté. Jacky Dupéty, agriculteur du Quercy, a expliqué en quoi consiste cette technique naturelle lors de l’édition 2011 de la Conférence Tedx, qui s’est tenue à Paris le week-end dernier.

Les récoltes de Jacky Dupéty ont souffert lors de la fameuse canicule de 2003. Rien n’a poussé à cause de la sécheresse et la conjoncture demeure aujourd’hui morose. « L’agriculture est au bord du gouffre », soutient-il. Le meilleur modèle pour l’agriculture est selon lui la forêt. Lors de la conférence parisienne, il a interpellé le public en apportant un sac de bois raméal fragmenté. Il a aussi présenté une branche de cerisier et de prunier à l’auditoire et lui a fait sentir l’odeur de ce bois dont la valeur nutritive est très importante.

Les bois raméaux sont en fait les extrémités des branches des arbres d’un diamètre inférieur à huit centimètres. Ils concentrent à eux seuls 80% de tous les nutriments des arbres et sont pour la plupart facilement dégradables, à l’exception de la lignine (matériau carboné). Une fois broyée et répandue sur le sol, celle-ci est rapidement attaquée par une famille de champignons appelée les basidiomycètes du sol ou plus prosaïquement « pourriture blanche ». Selon M. Dupéty, il faudrait répandre une couche de BRF d’environ trois à quatre centimètres sur le sol agricole pour obtenir en quelques semaines des récoltes aux rendements supérieurs de 160 à 170 % à ceux de l’agriculture traditionnelle.

Un « copié-collé » écolo

Ce « copié-collé » de sol forêt à sol agricole procurerait en outre une quantité de matière sèche augmentée, une saveur inégalée et une durée de conservation plus longue des fruits et légumes exempts de maladies, en plus de ne générer aucune intervention humaine. Déjà utilisée en Afrique, notamment au Mali et au Burkina Faso, cette technique ne nécessite en effet ni arrosage – d’où d’importantes économies d’eau – ni engrais chimiques ni pesticides. Seul outil indispensable : un broyeur de feuilles professionnel capable de réduire en copeaux des branches de huit centimètres de diamètres (les branches de résineux étant quant à elles à exclure). L’épandage du BRF se fait de préférence au début de l’automne et du printemps de sorte à obtenir le meilleur résultat possible. La période hivernale, elle, sert de stock de nutriments pour les rameaux avant leurs diffusions au printemps.

Autre avantage : cette technique peut aussi bien être utilisée sur des sols agricoles que sur des jardins plus petits, pour un pot de fleur par exemple. Le résultat sera visible quelques semaines plus tard avec une qualité irréprochable et sans entretien !

M. Dupéty a récolté de très beaux légumes et a remarqué que ses cultures de blé étaient tout aussi belles. Il est de fait devenu un fervent défenseur de cette technique aussi facile à mettre en œuvre que respectueuse de l’environnement. Vu ces atouts il n’y a aucune raison qu’elle reste marginalisée.

Crédits photos : flickr - dennisM2 / creativity103
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

  • alicette

    Excellent ce truc!

  • vaness

    Oui enfin si y’a plus de rameaux dans les forêts parce qu’on les pique pour les mettre ailleurs, comment la forêt se régénère?

  • greenel

    J’ai lu que cette technique est meilleure pour l’arboriculture que pour le potager, dans la mesure où, la première année, le BRF épandu à tendance à “tirer” l’azote de surface. Les arbres, ayant des racines plus profondes, prendraient justement leur azote ailleurs du’en surface et ne souffriraient donc pas de cette pauvreté initiale du sol. Je me demande ce que ça fait pour la vigne, dont une partie des racines est assez près de la surface (surtout dans le cadre de la vigne que je viens de reprendre, dont le sol n’a pas été travaillé depuis des années). Quelqu’un l’a-t-il/elle expérimentée sur des vignes?