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Le bilan scientifique de l’expédition Tara révèle une biodiversité marine très riche

Le bilan scientifique de l'expédition Tara révèle une biodiversité marine très riche
L'équipage scientifique de la goélette Tara est attendu à Lorient (Bretagne) pour le 31 mars prochain et devrait ramener un butin scientifique exceptionnel, à même d'en savoir plus sur les écosystèmes planctoniques et coralliens, ainsi que sur leur réaction face au réchauffement climatique

Après plus de deux ans d’expédition entre les océans Indien et Pacifique, l’équipage de la goélette Tara peut désormais dresser un bilan de l’écosystème des fonds marins desdits océans. Actuellement à San Diego (Californie), les chercheurs doivent retourner à Lorient (Morbihan) et ramener avec eux des « trésors scientifiques » qui alimenteront en prélèvements et en données l’ensemble de la communauté scientifique mondiale.

Depuis qu’ils ont quitté la Bretagne le 5 septembre 2009, la centaine de scientifiques de l’expédition Tara n’a pas chômé : 102 sites coralliens ont été étudiés à Djibouti, Saint-Brandon (dans l’océan Indien), Mayotte et aux îles Gambier (en Polynésie française), 40 escales ont été effectuées et 30 pays ont été traversés. In fine, 133 stations scientifiques ont été installées pour récolter des échantillons destinés à être analysés en laboratoire.

Co-dirigé par Etienne Bourgois, président de la Fondation Tara et directeur de la marque Agnès B, et Eric Karsenti, chercheur au CNRS, ce travail herculéen est né d’une initiative française ayant pour but d’améliorer les connaissances sur les écosystèmes marins planctoniques et les écosystèmes coralliens, peu étudiés jusqu’à présent, de façon à mieux appréhender la diversité de la vie marine et sa réponse au réchauffement climatique.

Un grand dessein appuyé par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) auquel s’ajoute la volonté de renforcer la conscience environnementale du grand public, à travers notamment la rencontre avec les populations locales.

Comprendre les écosystèmes marins pour appréhender la régulation climatique terrestre

Quoique sérieusement perturbés par la hausse du thermomètre mondial, les écosystèmes marins révèlent aussi une richesse biologique largement méconnue. Les chercheurs ont ainsi établi que 60 à 80 % des gènes de planctons – lesquels représentent 80 % des organismes unicellulaires sur la planète – découverts étaient jusqu’ici inconnus, récoltant ainsi des données aussi inédites que précieuses sur la biodiversité océanique. De quoi enrichir les modèles prédisant l’évolution de la vie marine, sa réorganisation en écosystèmes, mieux comprendre le cycle carbone dans les océans et de ce fait la régulation globale du climat terrestre.

L’expédition de la goélette Tara peut également se targuer d’avoir pour la première fois réalisé la biologie des cyclones d’Agulhas, ces cercles de courants qui se forment dans le canal du Mozambique, au large de la côte est de l’Afrique, et qui se dirigent vers les eaux froides du cap de Bonne Espérance (Afrique du Sud) en « charriant » quantité de micro-organismes vivants. Pierre angulaire de la biodiversité océanique, ce phénomène participe aussi à la régulation climatique.

Les premières conclusions des chercheurs faisant suite à la mission corail menée dans les îles Gambier attestent en outre d’une grande dynamique des populations coralliennes dans la région. Ces récifs qui réagissent à l’augmentation des températures par des épisodes de blanchiment, dont le dernier remonte à 1998, font en effet preuve d’une bonne régénérescence, notamment car ils sont à 70 % recouverts d’Acropora, une espèce corallienne dont la croissance est rapide. Seule Stylophora pistillata, un corail branchu très sensible au stress thermique, n’a pas été retrouvé, les scientifiques se basant sur le recensement effectué par le biologiste Jean-Pierre Chevalier en 1974.

Ces résultats optimistes ne permettent cependant pas de savoir comment les coraux supporteraient les températures accrues des océans. Leur réaction au réchauffement climatique ainsi que celle des communautés planctoniques sera le principal sujet d’étude des scientifiques de l’expédition Tara, qui doivent rallier la Bretagne le 31 mars prochain. Ils poursuivront les analyses en laboratoire et participeront à plusieurs publications scientifiques avant de partir pour le sommet de la Terre à Rio de Janeiro (Brésil) en juin prochain. Sans la goélette Tara cette fois mais avec sans doute beaucoup de choses à dire…

Crédits photos : H.Bourmaud – Tara Expédition / A.Amiel-Kahikai-Tara Oceans
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  • polo

    C’est le principal. Cependant, c’est impressionnant que les coraux s’adaptent au réchauffement des océans. Je ne comprend d’ailleurs pas vraiment pourquoi.