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Le « coup de poing médiatique » de France Nature Environnement

Le « coup de poing médiatique » de France Nature Environnement
La nouvelle campagne choc de France Nature Environnement provoque la colère conjointe des agriculteurs, de la région Bretagne et de… la RATP, dont la régie publicitaire a suspendu la diffusion de deux affiches aujourd'hui

La fédération, qui regroupe quelque 3 000 associations écologistes, a investi dans une campagne d’affichage de six visuels particulièrement explicites à diffuser dans trois stations de métro parisiennes (Odéon, Montparnasse et Saint-Lazare). Une initiative qui a suscité bien des réactions…

« Gros menteur », « Kill bees », « Fin du buzzzzz », « Arrêtez vos salades » sont quelques-uns des slogans qui devaient être visibles dans le métro parisien à partir d’aujourd’hui et jusqu’à lundi prochain. « Devaient » car la RATP a choisi, malgré l’autorisation qu’a accordée la Justice hier – elle avait été saisie par deux organisations agricoles qui s’estimaient lésées -, de ne pas diffuser la campagne, histoire sans doute de ménager certaines susceptibilités dans le secteur primaire. A quelques jours de l’ouverture du Salon de l’Agriculture (NDLR ; qui se tiendra du 19 au 27 février prochain Porte de Versailles (XVe arrondissement de Paris), l’opération ne sera sans doute pas le succès visuel escompté mais met tout de même le doigt là où ça fait mal.

Un enfant qui joue au milieu des algues vertes, un homme qui joue à la roulette russe avec un épi de maïs sans savoir s’il s’agit ou non d’un organisme génétiquement modifié (OGM), une tête de mort réalisée à partir de petites abeilles : FNE a porté l’accent sur trois thèmes qui lui sont chers, les importations d’OGM, les pesticides et donc les algues vertes. Trois corollaires de l’agriculture intensive d’où l’hostilité des paysans et de leurs représentants.

L’agressivité de cette campagne, inhabituelle pour  FNE, est néanmoins parfaitement assumée. Son président Bruno Genty a estimé au micro d’Europe 1 qu’il n’y a que deux voies possibles. « Soit on reste silencieux et rien ne se passe, soit on met les pieds dans le plat pour essayer de faire bouger les lignes », a-t-il expliqué. Benoît Hartmann, un porte-parole du groupement, a pour sa part rappelé que les messages véhiculés par ces affiches n’ont dans le fond rien de révolutionnaire. Cette initiative n’est « pas seulement un coup de poing médiatique, elle est aussi l’occasion de proposer des solutions et d’ouvrir un dialogue », a corroboré l’association.

Le secteur agricole et la Bretagne protestent

La réplique n’a pas tardée, sèche comme un couperet. « Il y a d’autres façons d’ouvrir le dialogue que de taper toujours sur la tête des mêmes », a ainsi rétorqué Inaporc, l’interprofession nationale porcine, qui avait demandé l’interdiction des deux affiches sur les algues vertes. Un avis partagé par le tout nouveau président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) Xavier Beulin, qui ne voit dans l’opération de FNE qu’ « une campagne choc, caricaturale et clairement orientée contre l’agriculture » et a rappelé qu’il a lui-même « choisi de dialoguer avec les ONG environnementales ».

Plus surprenant, le président socialiste du Conseil régional de Bretagne Jean-Yves Le Drian a lui aussi dénoncé une initiative « malveillante ». Particulièrement touchée par les marées vertes et chantre de l’agriculture intensive, sa région pourrait à ses yeux voir sa réputation ternie et « cette campagne a généralisé la présence d’algues en Bretagne, alors que cela ne concerne qu’une partie infime de son littoral ». « Je ne peux laisser salir de cette manière l’image de notre région. Je vais donc prendre toutes les initiatives nécessaires pour défendre les intérêts de la Bretagne », a-t-il ajouté. Le directeur du comité régional breton du tourisme Michael Dodds n’a pas dit autre chose : « ce n’est pas cela la Bretagne. Tout est fait ici pour que ce que l’on voit sur les affiches ne se produise pas ».

« Il ne s’agit évidemment pas de s’attaquer au monde paysan, mais de dénoncer des pratiques néfastes pour notre environnement », s’est défendue la fédération. « Notre rôle est d’alerter l’opinion », soutient FNE, qui veut en finir avec « les images bucoliques et les discours gentillets » et en a apporté la preuve. Le débat et l’affrontement, qui auront rarement été aussi tendus, ne sont quant à eux pas prêts de s’arrêter.

Crédit photo : FNE
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  • daniel d

    Belle campagne, et ô combien nécessaire…

    “Plus surprenant, le président du Conseil régional etc…”
    Surprenant, vraiment ? Pour ces gens-là qui tiennent tant à leur réélection, c’est l’intérêt des électeurs qui prime sur le reste, quitte à nous en faire tous crever.

    Quant aux crétins de la RATP, ils n’ont toujours pas compris que même une campagne qui froisserait quelque peu les susceptibilités du monde agricole n’empêchera jamais les visiteurs du Salon de l’Agriculture d’utiliser le métro !

  • daniel d

    La réaction de l’ineffable Inaporc est à mourir de rire ! ‘Taper toujours sur les mêmes têtes” ? Ils ne veulent quand même pas parler de l’amendement Le Fur, qui leur donne carte blanche pour agrandir leurs installations sans enquête d’utilité publique préalable !
    http://www.zegreenweb.com/sinformer/politique-societe/le-regroupement-et-la-modernisation-des-elevages-dispenses-denquete-publique,20577

  • fredred

    Efficace la nouvelle campagne !

    Et bien sûr comme d’habitude la même frilosité de la part de la RATP !