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Ce n’est pas sa vocation première, mais la situation est telle que l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) a estimé qu’il était de son devoir de créer un centre dédié à ce phénomène.
Peu connue du grand public, mais évoquée à de nombreuses reprises dans ces colonnes, l’acidification des océans a de graves conséquences sur la biodiversité marine, laquelle paie déjà , on le sait, un très lourd tribut à la pollution, à la surpêche et au réchauffement climatique. La hausse du thermomètre mondial justement, parce qu’indissociable de celle des émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique, est directement à l’origine de ce « trop-plein » de dioxyde de carbone dans les océans.
Pour la faire simple, la communauté scientifique a constaté une baisse alarmante de leur pH, mais tout en ayant significativement avancé sur ce dossier complexe au cours des cinq dernières années, admet être encore loin de pouvoir expliquer précisément l’acidification des océans et a fortiori d’évaluer ses répercussions avec certitude. Dans ces conditions, la décision de l’AIEA d’ouvrir un centre pour répondre aux problèmes qu’elle suscite est une excellente nouvelle, en particulier parce que ledit centre a vocation à « mettre en place une coordination internationale pour tirer profit des efforts et des investissements de recherche au niveau national », a précisé Daud ben Mohamad, directeur général adjoint de l’Agence chargé du département Sciences nucléaires, cité dans un communiqué relayé hier par l’AFP.

L’écosystème marin est menacé dans sa globalité
Installé en principauté de Monaco, devenue LA « plate-forme » mondiale pour la sauvegarde du milieu marin, il sera inauguré cet été. « Soutenu par plusieurs pays membres de l’AIEA, le centre va en outre être supervisé par de nombreuses institutions internationales comme la Commission océanographique intergouvernementale des Nations Unies et la Food and Agriculture Organization (FAO) », a précisé l’AFP.
Reste à connaître les investissements que ces États seront prêts à consentir, étant entendu que les experts redoutent une disparition de 95 % des récifs coralliens à l’horizon 2050 si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter à ce rythme. De graves menaces sur les réserves de poissons faisant l’objet d’une exploitation commerciale, et par extension sur « la sécurité alimentaire de plusieurs millions de personnes », seraient également à craindre.
L’avenir de l’écosystème marin dans son ensemble est plus que jamais incertain. À défaut de pouvoir tout empêcher, le centre créé par l’AIEA pourrait l’éclaircir. Pour peu que ses premiers soutiens jouent le jeu et que d’autres s’associent rapidement au mouvement.

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