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L’AIEA parie sur des centrales nucléaires de plus en plus sûres

L'AIEA parie sur des centrales nucléaires de plus en plus sûres
L'accident de Fukushima amènera un renforcement de la sécurité des centrales nucléaires d'ici un ou deux ans, prophétise l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique)

La promotion du développement de l’énergie atomique est certes la mission première de l’Agence internationale de l’énergie nucléaire (AIEA) mais en la circonstance ne fait-elle pas montre d’un optimisme excessif ? En ayant misé vendredi à Buenos Aires (Argentine) sur un nucléaire plus sûr « dans un an ou deux », son directeur Yukiya Amano n’a-t-il pas pris ses désirs pour des réalités ?

L’Agence croit dur comme fer en l’existence d’un effet post-Fukushima qui doit se traduire par un renforcement des mesures de sécurité dans toutes les puissances nucléaires. Et M. Edano de renchérir, définitif : « nous avons appris que le plus important était la sécurité. Tous les pays doivent maintenant coopérer pour la renforcer ».

Sauf que les stress tests européens resteront limités aux risques naturels et que les tests de résistance mis en place au Japon excluront eux aussi les risques liés à une erreur humaine, à une attaque terroriste et à un crash aérien, des hypothèses pourtant plausibles. Sauf que les demandes d’évaluations indépendantes formulées par les écologistes sont restées lettre morte en France, dont le parc nucléaire donne des signes de faiblesse depuis quelques semaines, entre l’incendie d’un transformateur électrique sur la centrale de Tricastin (Drôme/Vaucluse) et plusieurs incidents à Paluel (Seine-Maritime) et Civaux (Vienne). Des dysfonctionnements qui ont attisé la méfiance de défenseurs de l’environnement déjà chauffés à blanc et d’autant plus décontenancés par l’agrément qu’a donné l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à une prolongation de dix ans – certes sous réserve de travaux de réaménagement – du bail du réacteur 1 de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), doyenne du pays et qui a elle aussi connu des ratés dans un passé récent.

fukushime (suite) : l aiea parie sur un nucléaire de plus en plus sur

Les réacteurs nucléaires japonais actuellement à l’arrêt pourraient redémarrer après la première phase de tests

Tandis que l’Allemagne, pays où le nucléaire civil suscite depuis toujours de fortes réticences au sein de l’opinion, a annoncé une sortie définitive de l’énergie nucléaire en 2022 et que la Suisse s’est prononcée pour un switch à l’horizon 2034, le gouvernement japonais, lui, refuse de lâcher l’atome malgré la multiplication des manifestations et une impopularité croissante. Il vient cependant de confirmer les tests de résistance précités,  lesquels sont censés lever tous les doutes en matière de sécurité mais doivent encore faire l’objet d’un calendrier.

Trente-cinq des cinquante-quatre réacteurs nucléaires que compte le pays sont actuellement à l’arrêt mais les turbines pourraient redémarrer une fois la première série de contrôles achevés, la deuxième phase – plus détaillée et prenant en compte les progrès enregistrés dans le domaine de l’inspection par le système européen de mise à l’épreuve de la résistance des centrales – devant quant à elle déterminer si oui ou non elles peuvent toujours continuer à fonctionner.

Le porte-parole du gouvernement Yukio Edano a par ailleurs indiqué que la sûreté nucléaire devait primer sur la question de l’offre en électricité, dont on ne sait si elle sera suffisante. De fait la menace de pénuries d’électricité potentiellement néfastes pour une économie déjà très fragilisée planera tout au long de l’été. Ce serait une tuile de plus pour les pouvoirs publics, qui croulent sous les mauvaises nouvelles depuis quatre mois et risquent fort de boire le calice jusqu’à la lie.

Crédits photos : Wikimedia Commons – LimoWreck / Petr Adamek
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  • hyper ecolo

    Oui, je pense que ça s’impose qu’elle soit plus sure si on ne peut pas s’en débarasser…

  • fredred

    C’est sur mais ca serait mieux de ne plus en avoir je pense

  • visiteur

    Tant qu’il n’ y a pas d’accident le nucléaire est sûr, cela parait évident mais pas pour l’AIE .
    Par ailleurs je ne voit pas le rapport entre le nucléaire et un transfo qui brule, si l’électricité est produite avec du charbon il y a aussi des transformateurs dont certains on déjà vidé leur pyralene dans le Rhône l’empoissonnant pour des dizaines d’années ou plus .
    Il est facile de se passer de ces centrales, il suffit d’avoir des centrales au charbon ou au fuel et d’accepter de payer plus cher l’électricité .