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L’affichage environnemental entre aujourd’hui dans sa phase d’expérimentation

L'affichage environnemental entre aujourd’hui dans sa phase d'expérimentation
Des experts ayant déjà testé ou participé au développement de l'affichage environnemental se sont rencontrés dans le cadre du Beesday pour partager leur expérience

La mesure tant attendue du Grenelle de l’environnement entre aujourd’hui dans sa phase d’expérimentation. A trois jours de son lancement, les premières rencontres du Beesday se sont consacrées à ce projet phare, réunissant des experts ayant déjà testé le principe d’éco-étiquetage ou travaillant à son développement.

Sous quelle forme se présentera l’affichage environnemental ? Quels critères prendra-t-il en compte ?  Quelles informations seront relayées aux consommateurs ? Tant de questions que l’on se pose encore aujourd’hui sur ce vaste chantier lancé avec la première version du Grenelle. Celle-ci avait en effet établit “le droit  des consommateurs de disposer d’informations”. Le projet d’affichage environnemental aura cependant traîné, notamment du fait de l’hostilité au changement des entreprises.

Pour cette expérimentation, le gouvernement a effectué un appel à volontaires auquel plus de deux-cent entreprises avaient répondu fin 2010. Au total, 168 ont finalement été retenues, de sorte à représenter tous les secteurs (de l’alimentation notamment, mais aussi du textile jusqu’aux services) et des entreprises de toutes tailles (employant de 2 à 2500 personnes).

Lors du Beesday, Nadia Boeglin, conseillère du commissaire général au développement durable (pour le Ministère du Développement Durable), a en outre déclaré : « l’expérimentation, c’est un brainstorming géant, un test grandeur nature. Nous l’avons voulue large et ouverte [...] La seule condition est que tout le monde puisse avoir accès aux chiffres ». Ainsi, libre aux entreprises de choisir le format de leur affichage environnemental. Par exemple, la société Orange a opté pour « une note globale sur cinq, avec des informations plus détaillées disponibles sur internet », explique Olivier Laurent, chargé du développement durable pour le groupe.

Ce qui fait de ce projet un chantier colossal, c’est la prise en compte des divers impacts des produits sur l’environnement. Aujourd’hui, les éco-étiquettes disponibles sur le marché ne se concentrent majoritairement que sur les émissions de dioxyde de carbone (CO2). Or « l’affichage environnemental doit être multicritères si l’on veut qu’il soit juste, si l’on ne veut pas avoir une vision réductrice de l’impact des produits. [...] Il faut prendre en compte chaque étape de leur cycle de vie », remarque Olivier Jan, directeur adjoint de Bio Intelligence Service (un des pionniers de l’affichage environnemental qui a notamment accompagné le groupe Casino dans ses premiers pas d’éco-étiquetage il y a quelques années).

l affichage environnemental enfin expérimenté

Un affichage environnemental adapté pour prendre en considération des impacts multiples

Ainsi, à l’aide de données récupérées chez les fournisseurs ou d’informations offertes par les producteurs, chaque produit devrait être évalué selon sa catégorie, la provenance des éléments qui le constituent, sa fabrication, l’usage que les consommateurs en font, ses impacts divers sur l’environnement, ou encore sa durée de vie et son moyen de disposition en fin de vie.

Se concentrer sur un seul impact risque en effet de créer des déplacements de pollutions. « Il ne faut pas se dire que ce serait plus simple de se concentrer sur le dioxyde de carbone. Car si le train du CO2 part, aller y rattacher la consommation d’eau et la biodiversité sera encore plus compliqué. On ne peut plus attendre », défend Mme. Boeglin.

En revanche, celle-ci s’applique à ne pas crier victoire trop vite. En effet, elle craint que les consommateurs ne soient déçus par cette expérimentation du fait d’un manque de visibilité probable au départ. « Il ne faut pas s’attendre à voir des étiquettes de partout dès le 1er juillet », prévient-elle. De même qu’elle admet la possibilité de quelques inexactitudes, ou d’informations trop ésotériques, qui la pousse à préciser : « C’est de l’expérimentation, on a le droit d’essayer, de se tromper, d’évaluer… Si on ne le fait pas une fois, on ne va jamais l’améliorer ».

Jérôme Dupuis, directeur adjoint des partenariats d’entreprises de la WWF – France, vient soutenir cette position : « si l’on ne fait pas de paris, on n’ira pas loin ». L’ONG, constatant une véritable demande de la part des consommateurs pour ce type d’information, s’est entres autres engagée dans un partenariat avec Orange. « La philanthropie, ce n’est pas suffisant. Il faut essayer d’amener ou de participer au changement des entreprises », justifie ainsi M. Dupuis.

Dans cette même démarche, des sites consacrés à l’affichage environnemental naissent sur internet. « Un produit écolo, oui c’est compliqué. C’est pourquoi on essaie d’apporter de la transparence et des informations aux consommateurs », explique ainsi Patrick Montier à l’origine d’Ecocompare. Celui-ci souligne en outre l’importance de l’affichage environnemental pour faire changer les (mauvaises) habitudes des entreprises et des consommateurs : « le but final est de démontrer que l’on peut remplacer son produit habituel par un produit plus respectueux de l’environnement, tout aussi efficace ».

Ayant déjà testé le principe, certains constatent son efficacité. « Il y a une véritable prise de conscience. Grâce à l’expérimentation, les distributeurs et les fabricants se mobilisent, ils veulent en faire partie » remarque ainsi Thomas Albisser, gérant d’Hop-Cube. Car face à la demande grandissante des consommateurs pour des produits éco-responsables, les entreprises ont tout intérêt à jouer le jeu. Si elles n’entrent pas dans cette course, elles perdront un nouvel aspect de la compétition : celui de l’impact environnemental. Il n’y a donc plus qu’à espérer que cette expérimentation s’avérera être un succès, et permettra de mettre enfin en marche le train du changement…

Crédits photos : flickr - Casino / Pierre-Yves Sanchis
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