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La catastrophe a entraîné la mise hors service progressive de l’ensemble des réacteurs atomiques japonais… et par extension une contribution sensiblement renforcée des centrales fossiles.
Les écologistes du monde entier ont salué les décisions allemande et suisse de démanteler l’ensemble de leurs centrales nucléaires, respectivement en 2022 et 2034. Consécutives à l’accident de Fukushima (Japon), dues pour partie aux fortes pressions exercées par l’opinion publique, mais par-dessus tout historiques, elles pourraient cependant se traduire par des difficultés d’approvisionnement.
C’est en fait déjà le cas de l’autre côté du Rhin, malgré un record de production photovoltaïque enregistré il y a moins de deux semaines, où le parc éolien onshore est quasiment saturé. Là -bas, les technologies fossiles ont vu leur participation énergétique réaugmenter. Ce qui, à terme pourrait compromettre les engagements nationaux pris dans le cadre de la lutte contre le changement climatique…
Si les « anti-atome » les plus radicaux argueront qu’on ne fait pas une omelette sans casser des oeufs, les pro-nucléaire, eux, sont fondés à voir dans cette situation, fût-elle temporaire, la réalisation de leurs pessimistes prophéties. De leur côté les Japonais auront été marqués au fer rouge par l’accident précité, consentant des efforts exceptionnels en matière d’économies d’énergie, comme pour prouver aux pouvoirs publics – tout en faisant honneur à leur réputation de peuple (très) discipliné – qu’il est au bout du compte techniquement possible de se passer de l’atome.

L’objectif national de 25 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) pourrait être remis en cause
De gré ou d’une certaine façon de force, comprenez en raison de l’opposition conjointe des habitants et des responsables locaux, les cinquante-quatre réacteurs du pays ont tous été arrêtés et rien ne dit qu’ils redémarreront, pour une partie d’entre eux au moins. Dicté par les circonstances, le renoncement de Tokyo au nucléaire ne faisait pas partie des plans initiaux des décideurs, lesquels envisageaient même avant Fukushima d’augmenter sa part, de l’ordre de 30 %, dans le panache énergétique national.
Comme en Allemagne, les énergies renouvelables ne pouvant compenser seules la réduction de la production électrique, la contrepartie environnementale a résidé dans un recours accru aux unités thermiques (NDLR : Plus précisément, un rapport publié la semaine dernière a révélé que la contribution des centrales à charbon a bondi de 40 % entre janvier et avril dernier par rapport à la même période en 2011). Et comme en Allemagne, l’objectif climatique, à savoir 25 % de baisse des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020, a de l’aveu même du gouvernement du plomb dans l’aile.
Le scénario repose en effet sur la participation du nucléaire au bouquet énergétique. Cité par nos confrères du Japan Times, le vice-Premier ministre Katsuya Okada a confié n’avoir « aucun doute sur le fait qu’un examen d’ensemble sera nécessaire ». On ne doute pas que son supérieur hiérarchique Yoshihiko Noda soit lui aussi de cet avis…

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