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Deuxième de nos quatre articles de présentation du chat avec les experts d’Areva « Nucléaire et renouvelables : deux sources d’énergie inconciliables ? », le 28 juin prochain. Bien qu’ayant suscité une vive émotion à l’échelle mondiale, la catastrophe de Fukushima (Japon) n’a cependant pas amené la France à s’engager sur la voie d’une sortie du nucléaire, comme si cette énergie, plébiscitée au sommet de l’État depuis un demi-siècle, était incontournable dans nos frontières.
La menace de l’obsolescence
« Le nucléaire est un sujet largement tabou en France. Sous couvert d’un soutien de l’opinion française qui est présumé acquis, le lobby nucléaire a longtemps obtenu que le débat soit étouffé. Certes, la tragédie de Fukushima a un peu fissuré le consensus sur la question, mais la langue de bois et les demi-mensonges sont vite revenus », assène l’eurodéputée et présidente de Cap21 Corinne Lepage dans le prologue de son ouvrage La vérité sur le nucléaire, le choix interdit, publié quelques semaines après l’accident.
Un accident qui, en France comme dans tous les pays qui ont fait le choix du nucléaire, a apporté un nouvel éclairage sur l’indéfectible volonté des écologistes et autres associations de protection de l’environnement d’y renoncer. Doyenne du pays, mise en service en 1977, construite sur une zone sismique et en bordure du Grand Canal d’Alsace, la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) est leur cible numéro un. Ils n’en démordent pas, indépendamment des conclusions des experts de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui de leur côté ne réclament « que » des réaménagements (certes importants) : de leur point de vue, cette unité au demeurant régulièrement en proie à des incidents n’offre pas – ou plus – toutes les garanties nécessaires en matière de sécurité. Aussi EELV (Europe Écologie-Les Verts), Greenpeace et consorts réclament-ils sa fermeture immédiate.
Nicolas Sarkozy, qui a visité le site durant la campagne présidentielle, y était farouchement opposé.  « On a besoin de la centrale pour le chauffage et l’industrie, c’est 70 % de l’électricité nécessaire en Alsace. Où est-ce qu’on irait la chercher ? », a-t-il notamment fait valoir en février dernier pour justifier son inflexibilité. « Aucun chef d’État européen ne peut encore défendre seul cette technologie dont les risques ne s’arrêtent pas à la frontière. Les travaux de sûreté n’y changeront rien, l’histoire nous a enseigné que le nucléaire sûr n’existe pas », lui ont répondu en chÅ“ur les Jeunes Écologistes français, les Jeunes Verts allemands et les Jeunes Verts suisses dans un communiqué commun, assimilant Fessenheim à une véritable « bombe à retardement ».
Conformément aux desiderata d’EELV, avec lequel le Parti socialiste a signé un accord fin 2011, François Hollande s’est pour sa part engagé à stopper la centrale alsacienne d’ici la fin du nouveau quinquennat. La part du nucléaire dans le mix énergétique, elle, serait ramenée de 75 à 50 % à l’horizon 2025, ce qui suppose un effort national important en termes d’économies d’énergie et une nouvelle impulsion en faveur des énergies renouvelables. Déjà bien lancé malgré d’importants retards, le chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche), conçu par Areva et dont la durée de vie a été estimée à 60 ans, a quant à lui été confirmé. Aussi le Réseau Sortir du Nucléaire est-il convaincu que « l’élection de M. Hollande ne déclenchera pas une révolution ». Et d’ajouter, non sans amertume : « Seule la fermeture de la centrale de Fessenheim reste à l’ordre du jour […] Peu importe que d’autres réacteurs soient à peine plus récents et probablement tout aussi dangereux ». « D’ici 2017, près de 24 réacteurs auront dépassé les 35 ans de fonctionnement, durée à partir de laquelle l’IRSN met en garde contre des risques de rupture brutale des cuves », rappelle également l’ONG.

Le nucléaire, une excellence française
Une perspective qui ne semble toutefois pas effrayer la classe politique (à l’exception bien sûr du parti écologiste), étant entendu que l’électronucléaire est l’alpha et l’oméga de l’énergie française depuis un demi-siècle, qu’il représente un gigantesque vivier d’emplois (NDLR : 410 000 postes directs, indirects et induits selon une étude de PwC publiée l’an passé), 2 % du Produit Intérieur Brut (PIB) et que l’Hexagone est le leader mondial dans ce secteur. Sans parler du contexte d’augmentation des températures, qui appelle une baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) à laquelle, contrairement aux centrales thermiques, leurs homologues nucléaires contribuent, et de la cote dont jouit le nucléaire civil français à l’étranger.
Très difficile dans ces conditions d’accéder au vÅ“u des associations de défense de la nature. Estimant les risques liés à l’atome beaucoup trop élevés, ces dernières n’en dénoncent pas moins régulièrement, à l’instar de Mme Lepage, l’opacité de la filière, la toute-puissance de lobbies qui n’auraient pas leur pareil pour minimiser les incidents, le manque de courage et l’étroitesse de la vision des pouvoirs publics. Selon elles, le nucléaire peut et doit être progressivement exclu du bouquet énergétique. Les exemples de l’Allemagne et de la Suisse, qui se sont engagées à démanteler la totalité de leurs centrales respectivement d’ici 2022 et 2034, accréditeraient leur thèse, quand bien même il ne représentait avant Fukushima « que » 22 et 39 % de leur production d’électricité contre environ 75 % en France.
Le Japon, lui, ne compte plus aucun réacteur nucléaire en service. Une situation néanmoins temporaire dans la mesure où le gouvernement, soutenu notamment par le conseil municipal, a officialisé le redémarrage imminent des turbines 3 et 4 de la centrale d’Ohi en vue des pics de consommation estivaux. Encore très marqués par l’accident de Fukushima, qui a donné lieu à un effort populaire sans précédent pour réduire la consommation d’énergie, ses concitoyens sont néanmoins toujours plus nombreux à s’opposer à un come-back de l’atome. Ce même si l’interruption progressive du programme nucléaire a entraîné une flambée des importations d’énergies fossiles et un recours sensiblement renforcé aux centrales thermiques incompatibles avec l’objectif national de 25 % de réduction des émissions de GES à l’horizon 2020… Fatalement, les unités au charbon et au gaz sont aussi revenues en grâce de l’autre côté du Rhin, où des difficultés d’approvisionnement ont déjà été observées.
Il y en aurait également, à n’en pas douter, si contre toute attente Paris décidait d’emboîter le pas de Berlin. Entre autres dommages collatéraux.
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A l’occasion du live chat Areva du 28 juin à 18h30 qui portera sur le thème « Nucléaire et renouvelables : deux énergies inconciliables ? », la rédaction de zegreenweb se fera porte-parole des questions de ses lecteurs. Envoyez-nous dès à présent vos questions pour les experts d’Areva par mail à l’adresse suivante : nucleairevsrenouvelables@zegreenweb.com ou via Twitter #nucleaireVSrenouvelables

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