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La solution de l’accès à l’eau potable ne se trouve pas dans les icebergs

La solution de l'accès à l'eau potable ne se trouve pas dans les icebergs

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), près de 900 millions de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable, dont 750 millions dans des zones rurales. L’un des objectifs du millénaire fixé par les Nations Unies était de diviser par deux le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable entre 1990 et 2015. De nombreux progrès ont été effectués et cet objectif devrait être atteint. Il n’en reste pas moins que des centaines de millions d’habitants de l’Afrique sub-saharienne continuent à en être privés et il est très vraisemblable que le réchauffement climatique complique grandement la situation dans les prochaines décennies.

Des solutions existent, de l’installation de systèmes de pompages mécaniques ou électriques fonctionnant aux énergies renouvelables ou non en passant par différentes solutions de filtration ou encore la désalinisation de l’eau de mer par exemple. Il est une autre solution (sic) qui agite les esprits de scientifiques depuis près de deux siècles : le remorquage d’icebergs depuis les pôles jusqu’aux régions frappées de sécheresse. Les plans et les tentatives de remorquage s’enchaînent donc depuis plus de deux cents ans avec un nombre limité de succès. La technique est utilisée notamment depuis les années soixante par des compagnies pétrolières qui exploitent des gisements entre le Canada et le Groenland pour éviter que les icebergs viennent se fracasser contre leurs plate-formes offshore. Personne n’est en revanche encore parvenu à remorquer un de ces glaçons géants jusqu’à une zone où l’eau douce qu’ils contiennent puisse être utilisée.

Le dernier projet en date est celui de Georges Mougin qui affirme qu’une modélisation informatique poussée a validé le transport d’un iceberg de Terre-Neuve au Canada jusqu’au Canaries pour fournir des sources d’eau fraîche aux habitants de cet archipel. L’iceberg virtuel de sept millions de tonnes a été équipé d’une « jupe » en matière synthétique et d’un gigantesque filet utilisé pour la pêche au thon afin d’en ralentir la fonte. L’iceberg a ensuite été poussé jusqu’aux Canaries par les courants marins, un remorqueur ne servant que de guide. Cent quarante-et-un jours plus tard, l’iceberg virtuel est arrivé à destination, en perdant « seulement » 38% de sa masse totale et demeure encore capable d’alimenter une ville de 50 000 habitants pendant un an.

Annoncés en grande pompe ces résultats visent, plus qu’à valider la faisabilité de l’aventure, à lever des financements pour ce projet évalué à environ sept millions d’euros. Une somme importante qui vient s’additionner aux autres déjà dépensées depuis des décennies pour explorer une fausse solution au problème de l’accès à l’eau potable. Fausse solution parceque trop coûteuse pour les populations censées pouvoir en bénéficier – il s’agit pour l’écrasante majorité d’habitants de zones rurales de pays en développement – et en tout état de cause non durable à l’aune de la fonte des glaces observée depuis quelques années. L’absence d’accès à l’eau potable tue chaque année huit millions de personnes. Un véritable drame qui mérite mieux que des solutions farfelues…

Crédits photos : flickr - siyu / Kwanza
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  • ganz

    Idées farfelues en effet!

  • http://www.scoop.it/t/environnement-par-la-cftc-hus/p/364248624/la-solution-de-l-acces-a-l-eau-potable-ne-se-trouve-pas-dans-les-icebergs La solution de l’accès à l’eau potable ne se trouve pas dans les icebergs | Environnement par la CFTC HUS | Scoop.it

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  • visiteur

    Excellent article bravo !