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La pollution atmosphérique renforce la violence des cyclones

La pollution atmosphérique renforce la violence des cyclones
Les particules fines de pollution présentes dans l'atmosphère absorbent les rayons du soleil et provoquent un refroidissement des eaux des océans. S'ensuit une modification des vents qui rend les cyclones beaucoup plus violents en Asie du sud et au Moyen Orient

Une étude publiée le 3 novembre dernier dans la revue Nature et menée par Amato Evan, chercheur à l’Université de Virginie (Etats-Unis), établit un lien entre la pollution atmosphérique et la violence exacerbée des cyclones au Moyen Orient et en Asie du Sud ces dernières années. Le très fort cisaillement du vent – c’est-à-dire les variations en force et/ou en direction du vent – qui traverse la mer d’Arabie à chaque période de mousson ne remplirait notamment plus son rôle, à savoir freiner les tornades. Bien que cette région du globe soit coutumière de ces phénomènes météorologiques, la virulence des cyclones a suscité la curiosité des chercheurs, qui ont comparé l’intensité des ouragans de la période 1979-1996 à ceux de la période 1997-2010. Il se trouve que les cyclones les plus récents ont été en moyenne trois fois plus puissants, avec en particulier des vitesses de vents supérieures aux épisodes datant d’avant 1996. Cinq des plus forts cyclones qu’ont connu le Moyen Orient et l’Asie du Sud sont en outre survenus après 1998.

Les émissions d’aérosols dans cette région du globe ont dans le même sextuplé depuis 1930, s’ajoutant aux rejets carbone et de sulfates massifs et contribuant à la création d’un « nuage brun », du nom de cette couche de pollution de trois kilomètres d’épaisseur située au dessus de l’océan Indien. Les particules fines ainsi présentes dans l’air absorbent les rayons du soleil et l’empêchent de réchauffer suffisamment la mer, qui refroidit, d’où une circulation du vent bouleversée et un affaiblissement du cisaillement, lequel ne modère plus les cyclones. « La pollution est la seule chose qui ait systématiquement changé dans cette région du monde. Elle a beaucoup augmenté ces 60 dernières années à cause des activités humaines. Nous avons montré que cette pollution […] peut modifier de façon significative les phénomènes atmosphériques majeurs, d’où l’importance de réduire les rejets polluants dans la région », a résumé M. Evan.

Des conclusions auxquelles doivent être associées une réduction des précipitations, la fonte des glaciers himalayens et à l’exposition aux particules fines, qui selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ferait chaque année près d’1,5 million de victimes. Les scientifiques ont tout de même indiqué qu’il est possible de diminuer sensiblement la pollution du nuage brun avec les technologies disponibles. Il serait judicieux de davantage s’en servir dès à présent.

Crédits photos : Wikimedia commons - NASA
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