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La Grande-Bretagne s’engage à réduire ses émissions de CO2 de 50% d’ici 2025

La Grande-Bretagne s'engage à réduire ses émissions de CO2 de 50% d'ici 2025
Le secrétaire d'Etat britannique à l'Energie et au Changement climatique Chris Huhne peut jubiler : les ambitions du gouvernement en matière de lutte contre la hausse du thermomètre mondial sont conformes à ses attentes

Les écologistes déplorent souvent ce qu’ils estiment être de la frilosité de la part des États et de l’Union Européenne (UE) en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Ils ne devraient toutefois rien trouver à redire à l’annonce du gouvernement de coalition britannique de diminuer les rejets carbone de 50 % à l’horizon 2025 par rapport aux niveaux de 1990.

Effet d’annonce ? Coup de pub ? Pas du tout ! Considérable, l’effort est prévu dans le quatrième « budget carbone », qui couvre la période 2023-2027, et serait même poursuivi dans les décennies suivantes avec une baisse de 60 % d’ici 2030 et de 80 % en 2050. Des pourcentages qu’aucune autre puissance occidentale n’a encore osé viser…

On le sait, le Premier ministre David Cameron et ses troupes n’ont jamais fait mystère de leur volonté de donner une nouvelle impulsion en matière de lutte contre le dérèglement climatique, l’un de leurs principaux chevaux de bataille depuis les élections législatives de mai 2010. L’instauration fin mars d’une taxe carbone y participe directement, aussi sûrement qu’elle rend encore plus hypothétique celle d’une contribution européenne que Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi appellent de leurs voeux depuis l’an dernier, en sachant très bien qu’une telle mesure suppose l’approbation unanime des Vingt-Sept et que certains États membres auraient un intérêt économique à court terme limité à donner leur aval.

La concrétisation des nouveaux objectifs définis par Londres, salués par le WWF Grande-Bretagne, selon lequel ils sont la preuve de son intention de conquérir le leadership mondial sur le plan de la lutte contre la montée des températures [mais qui a tout de même rappelé qu'il s'agit des minimums recommandés par le Committee on Climate Change (CCC) ], passe naturellement par des réformes écologiques majeures. Un vaste verdissement qui suppose un appui politique indéfectible et qui sera sans doute aussi tributaire des impératifs économiques, étant entendu que les traces laissées par la crise financière de 2008 sont encore loin d’avoir été complètement effacées.

Dissensions gouvernementales

L’inauguration en septembre de la première tranche du parc du Thanet, au large de la côte est du pays, et celle à venir du London Array attestent néanmoins d’une exploitation accrue du potentiel britannique en termes d’éolien marin, qui est il est vrai le plus important d’Europe, et plus largement d’un véritable effort d’éco-responsabilisation énergétique. Que M. Cameron change d’avis concernant l’exploitation des gaz de schiste, en très bonne voie outre-Manche, et le bonheur des défenseurs de l’environnement sera complet…

Il faudra en tout cas faire beaucoup plus pour se conformer à la nouvelle feuille de route, qui a par ailleurs fait débat au sein du gouvernement. À l’inverse du secrétaire d’État à l’Énergie et au Changement climatique Chris Huhne, fervent partisan de la croissance verte, le ministre britannique des Affaires et de l’Innovation Vince Cable préconisait ainsi des pourcentages moins élevés, estimant qu’ils constituent une menace à la croissance économique. Les ONG de protection de la nature, elles, n’ont eu de cesse de signifier au locataire du 10, Downing Street qu’un recul risquait de mettre à mal l’ambition affichée du gouvernement d’être le plus green de l’histoire de la Grande-Bretagne. Le chef de l’opposition travailliste Ed Miliband, par ailleurs prédécesseur de M. Huhne, avait pour sa part mis en garde le Premier ministre en lui écrivant qu’un rejet du quatrième « budget carbone » constituerait un « terrible signal » pour l’économie et les autres pays du monde.

Il n’a sans doute pas boudé son plaisir d’avoir été entendu, même si une clause de révision a été instaurée, histoire sans doute de ménager l’aile la plus conservatrice du gouvernement. Ladite clause subordonne l’effort britannique aux orientations prises par l’Union Européenne (UE), aussi l’objectif pourrait-il être révisé à la baisse en 2014 si d’aventure nos voisins se retrouvent climatiquement marginalisés sur le Vieux Continent. Ce ne sera pas le cas si Bruxelles prend ses responsabilités en se décidant à son tour à voir les choses en grand. Et maintenant croisons les doigts…

Crédits photos : Nicolas Depardieu / flickr – David Spender
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  • jf

    Les britanniques précurseurs de l’éco-responsabilité!