NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

La girafe rejoint la liste des espèces menacées d’extinction

Il y a des nouvelles que les défenseurs de la cause animale se passeraient bien de voir en une des journaux. Celle qui concerne aujourd’hui la girafe, animal vivant dans les étendus de la savane africaine, en fait indéniablement partie : le majestueux mammifère est désormais inscrit sur la (trop) longue liste des espèces menacée. Victime du braconnage ou privée de son habitat par l’agriculture et l’exploitation minière, la girafe est dorénavant considérée par l’Union Internationale Pour la Conservation de la Nature (UICN) comme une espèce « vulnérable » menacée d’extinction.

Véritable icône du continent africain, la girafe est un animal reconnaissable entre tous en raison des particularités uniques qui la caractérise. Fascinant, ce ruminant est en effet aujourd’hui le plus grand animal terrestre : grâce à son long cou, la girafe peut atteindre les 5,50 mètres de hauteur. De plus, petits et grands voient en elle un des animaux les plus majestueux de la savane en raison de son pelage doré et tacheté. Son aire de répartition s’étend du Tchad jusqu’en Afrique du Sud, mais c’est au Kenya, en Tanzanie, au Botswana et au Niger que l’on rencontre les plus importants troupeaux de girafes.

Longtemps préservée, la girafe fait désormais partie de la liste rouge des espèces menacées de l’UICN en raison d’une terrible constatation : la population de girafe a perdu, au cours de ces trente dernières années, près de 40% de ses effectifs. Pour la seule année 2015, sa population s’est en effet effondrée en dessous des 100.000 individus. On en comptait plus de 155.000 en 1985. C’est donc une véritable « extinction silencieuse » que tente de dénoncer l’organisme international en charge de la référence et du suivi des espèces vivantes qui peuplent le globe.

Sur les 9 sous-espèces réparties dans 21 pays, seules 3 « se portent bien » et 1 est considérée comme « stable » estime l’UICN. Les 5 autres connaissent en revanche un net déclin. Principale cause de ce désastre écologique : la perte d’habitat. Les terres qu’affectionnent les girafes sont en effet détruites au profit de l’expansion des activités agricoles. Privées d’espaces suffisants pour s’épanouir, les girafes envahissent les champs et détruisent les cultures humaines : un phénomène qui détériore grandement les relations entre l’animal et l’homme.

Autre problème : le braconnage. « Dans l’Afrique rurale, le gibier représente une large part du régime alimentaire et tuer une girafe demande peu d’efforts pour une grande quantité de viande », explique la chercheuse Zoe Muller. Leur peau est également très prisée pour la confection de sacs, chaussures et autres bijoux de mode. Il faut également savoir qu’une croyance attribue des propriétés curatives anti-VIH à la cervelle et à la moelle de girafe. Sur un continent où le sida fait encore des ravages, « tête fraichement coupée ou un os peuvent facilement atteindre 140 dollars la pièce », souligne Mme Muller. Enfin, l’instabilité politique qui caractérise les lieux dans lesquels vivent les girafes, constitue une troisième cause de leur extinction.

Selon les scientifiques, la Terre est dans une nouvelle période d’extinction de masse : la sixième en seulement 500 millions d’années. On estime aujourd’hui que les espèces vivantes disparaissent à un rythme 1.000 à 10.000 fois plus élevé qu’il y a 1 ou 2 siècles. La liste de l’UICN est à ce titre assez choquante : elle compte 85.604 espèces animales et végétales considérées comme « vulnérables » dont 24.307 menacées d’extinction.

« Plus nos connaissances s’approfondissent, plus nos préoccupations se confirment : l’agriculture non durable, la déforestation, les espèces invasives, le commerce illégal conduisent toujours plus d’espèces à l’extinction. Beaucoup d’espèces disparaissent avant même que nous ayons eu le temps de les décrire », explique Inger Andersen, directeur de l’UICN. « Les États réunis à Cancun [pour la Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique, nrlr] doivent accroître leurs efforts pour protéger la biodiversité de notre planète : pas simplement pour la biodiversité elle-même mais aussi pour l’homme, notamment sa sécurité alimentaire et le développement durable ».

Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !