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La France se dote d’un Observatoire des biocarburants

La France se dote d'un Observatoire des biocarburants
Officiellement lancé hier, l'Observatoire des biocarburants oeuvrera à la concrétisation de l'objectif fixé par la Commission européenne de 10 % d'énergies renouvelables dans le secteur des transports à l'horizon 2020

Sa création a été officialisée hier par les ministres de l’Écologie et de l’Énergie Nathalie Kosciusko-Morizet et Éric Besson.

Les Français les plébiscitent. Tous ne font cependant pas, loin de là, le distinguo entre les biocarburants de première génération – également appelés « agrocarburants » et dont l’empreinte écologique, dénoncée à maintes reprises dans ces colonnes, est en réalité très supérieure à celle des essences « standards » – et ceux de deuxième et troisième génération.  Aussi n’est-il pas inutile de rappeler que ces derniers, à la différence de leurs aînés, présentent l’immense avantage de ne pas impliquer de changements d’affectation des sols dramatiques pour l’environnement et les populations, en plus de ne pas encourager la hausse des prix alimentaires.

Nos concitoyens ne sont pas les seuls à ne pas mesurer pleinement les dommages collatéraux des combustibles élaborés à partir de denrées agricoles, ainsi qu’en témoignent les orientations de la Commission européenne, qui en dépit de l’accumulation d’études à charge et de la mise en place par ses soins d’une liste de critères de certification persiste à les soutenir.

Dans ces conditions, quel crédit faut-il accorder à l’Observatoire national des biocarburants ? Loin d’être un nouvel organisme d’experts scientifiques habilités à faire le tri entre la bonne et la mauvaise graine – il ne s’agit certes « que » d’un observatoire -, il a « vocation à suivre le développement des actions engagées pour atteindre l’objectif (NDLR : institué par Bruxelles) de 10 % d’énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergie dans les transports d’ici 2020 », a rapporté l’Hôtel de Roquelaure dans son communiqué de presse, étant entendu que « les biocarburants apporteront la contribution la plus importante, avec en complément du biogaz ou de l’électricité verte par exemple ». Et le ministère de l’Écologie d’ajouter : « pour cela, il mettra en place des indicateurs de suivi, analysera les bilans et identifiera les causes des éventuels décalages avec les prévisions. Il pourra également proposer des pistes permettant de compenser les déficits éventuels ou d’améliorer l’efficacité des dispositifs en place ».


Se conformer aux exigences fixées par Bruxelles

L’Observatoire des biocarburants ne constituera donc pas une sorte de « contre-pouvoir » ou de « comité d’évaluation » des desseins objectivement contestables de la Commission (quand bien même ses intentions sont louables), visant au contraire à les satisfaire.

Présidé par le Directeur général de l’Énergie et du Climat Pierre-Franck Chevet, il réunira deux fois par an les acteurs concernés, à savoir « les producteurs de biocarburants et autres énergies renouvelables utilisées dans les transports, les opérateurs qui commercialisent les carburants traditionnels et alternatifs, les constructeurs de véhicules routiers et non routiers, l’administration et les associations de consommateurs et de défense de l’environnement », aujourd’hui plus que circonspectes sur les agrocarburants mais dont la marge de manoeuvre devrait rester limitée étant donné la mission qui a été confiée à l’Observatoire.

Précisons tout de même que, pour être jugés durables, les biocarburants devront apporter une réduction de 35 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) (NDLR : 50 % en 2017) par rapport aux essences thermiques, ce durant l’ensemble de leur production et de  leur consommation. De même leur production ne doit impacter ni les terres riches en biodiversité (forêts, zones humides et tourbières).

Voilà pour la théorie. Dans la pratique, on attend toujours un abaissement conséquent des subventions européennes accordées aux « faux-amis » qui alimentent des millions de réservoirs sur le Vieux Continent.

Crédits photos : flickr – Steve Jurvetson / Mario Roberto Duran Ortiz
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